samedi 17 avril 2010

Au-delà de la tragédie, l'espoir né de Katyn


Le terrible drame ayant emporté le Président Polonais, Lech Kaczyński comme d'autres représentants politiques nationaux ainsi qu'une grande partie de l'Etat-Major ne doit cependant, et en dépit de sa gravité, occulter le geste historique opéré par les Premiers Ministres de Russie et de Pologne. Ces derniers en ce 7 avril dernier convinrent d'un geste à l'unisson pour rendre hommage à tous les disparus de Katyn. Signe de croix, genou ployé, les deux représentants de leurs Etats respectifs adressèrent un signe fort comme émouvant à l'adresse non seulement du peuple Polonais mais aussi de l'Histoire. 
Le discours de Vladimir Poutine fut aussi un de ces grands moments chargés d'émotion où il insista sur la nécessaire obligation de ne pas faire insulte aux victimes comme à la vérité.
Путин подчеркнул, что обязательно нужно хранить память о прошлом, какой бы горькой ни была эта правда. "Нам не дано ее изменить, но в наших силах сохранить, восстановить правду и историческую справедливость", - сказал он. По словам Путина, этот тяжкий кропотливый труд взяли на себя историки России и Польши, представители общественности и духовенства. "Десятилетиями циничной ложью пытались замарать правду о катынских расстрелах, но такая же ложь - возлагать вину за эти преступления на российский народ", - подчеркнул глава российского правительства...
Source : Newsru.com
Tout en ajoutant que cette même vérité devra s'appliquer concernant les conditions de la disparition des 32 000 soldats soviétiques dans les camps Polonais en 1920, internés à la suite de la guerre russo-polonaise.
Он сообщил о своей встрече с учеными, на которой узнал, что военной операцией в советско-польской войне руководил лично Иосиф Сталин. Путин напомнил, что тогда Красная армия потерпела поражение, в плен были взяты множество бойцов и, по последним данным, от голода и болезней в польском плену умерли 32 тысячи бойцов. В связи с этим Путин и выдвинул предположение о том, что Сталин мог руководствоваться мотивами мести, отдавая приказ о расстреле польских военнослужащих, передает "Интерфакс"...
Source : Newsru.com

Et il semblerait que la catastrophe aérienne n'ait pas reterni les relations polono-russes, bien au contraire si l'on en juge les retours de correspondants étrangers et plusieurs signes diplomatiques très forts et appréciés de part et d'autre de la frontière : 
« L'attitude des Russes est irréprochable », salue Waclaw Radziwinowicz, correspondant à Moscou du quotidien polonais Gazeta Wyborcza... Le premier ministre, Vladimir Poutine, s'est mis au diapason : nommé à la tête d'une commission d'enquête gouvernementale spéciale, il était la nuit même à Smolensk, où il a serré dans ses bras son homologue, Donald Tusk, avant de s'engager à « fournir toute l'aide nécessaire aux familles des victimes »... Lundi, tous les drapeaux étaient en berne pour une journée de deuil national. « C'est totalement inédit. Jamais la Russie n'avait officiellement porté le deuil de citoyens étrangers », relève Masha Lipman, du centre Carnegie de Moscou. « C'est une percée émotionnelle », a reconnu le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski... Fait exceptionnel, les Polonais ont pu se rendre en Russie sans visa. La mairie de Moscou a pris à sa charge leurs frais d'hébergement, de transport et de nourriture.
Source : Courrier International
Une impression partagée par Aleksander Kwaśniewski (ancien Président Polonais) et relayée par le quotidien Le Monde :
J'estime beaucoup ce que les Russes font, par leurs mots, leurs gestes, leurs actes intentionnés... Ils [les dirigeants Russes] ont fait ce qu'il fallait mais, en plus, ils y ont mis du coeur. Les Russes et les Polonais, par leur sensibilité, sont proches : ce sont des Slaves. A l'avenir, le climat sera changé, nous parlerons entre nous avec davantage d'ouverture et de confiance...

Reste dorénavant à déterminer les causes exactes de ce sombre évènement, bien que les premiers éléments rendus publics attestent d'une erreur humaine et non d'une complication technique létale.
Selon l’enregistrement, les aiguilleurs du ciel biélorusses auraient été les premiers à avertir l’équipage des conditions météorologiques défavorables. Samedi matin, la piste de l'aéroport militaire de Smolensk était en effet cachée par un épais brouillard. Malgré ce premier avertissement, l’avion aurait tout de même poursuivi sa route jusqu’à ce que les aiguilleurs du ciel de Smolensk lui demandent, à leur tour et à plusieurs reprises, d’aller se poser ailleurs. "Ce conflit a duré jusqu’au bout, rapporte Madeleine Leroyer. Jusqu’à la quatrième et dernière tentative de descente, voyant que l’avion se présentait bien trop bas, ils ont demandé au pilote de se remettre à l’horizontal, en vain." L’appareil a accroché la cime d'arbres avant de s'écraser à quelques centaines de mètres de la piste... 
Source : France24

En outre, la portée émotionnelle à son acmé en Pologne fait désormais place à une certaine contestation quant au choix de sépulture pour le récent défunt Président Polonais : en effet, la crypte du château du Wawel à Cracovie est le pendant du Panthéon Français et n'accueille que les grandes gloires nationales. Or de plus en plus de voix s'élèvent contre ce choix opéré promptement et dicté uniquement par l'émotion et non l'étude raisonnée a posteriori, tel le célèbre cinéaste Andrzej Wajda (producteur du film Katyn) demandant à l'Eglise de revenir sur sa décision.

En complément de cette analyse, vous pouvez aussi prendre connaissance de l'approche géopolitique d'Olivier Kempf sur son espace numérique EGEA : le propos me paraissant être éminemment juste, notamment quant à cette solidarité dans le deuil née des suites de la tragédie et soudant exceptionnellement les peuples slaves. En effet, de la Pologne à la Russie en passant par l'Ukraine et d'autres pays, il y eut une réaction unanime troublante par son mimétisme.

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