samedi 16 janvier 2010

Le fracas des armes du XIIIème siècle sur nos écrans


Comme je l'avais mentionné au sein d'une note précédente, le secteur du jeu vidéo est devenu un marché où se sont engouffrées plusieurs sociétés Russes, acquérant chemin faisant une réputation reconnue de sérieux de par la qualité de leurs productions.  

Pourtant il aura fallu bien du courage et de confiance en soi aux membres du Studio Unicorn Games afin de se lancer dans ce secteur. La raison? Leur volonté de développer une simulation intégralement en 3D consacrée aux principales batailles du XIIIème siècle (d'où le titre, XIII Century : Death or Glory).
D'autant qu'ils affrontaient un poids lourd en la matière, Medieval Total War II (et son extension Kingdoms), encensé par la critique et disposant d'une très importante communauté de joueurs.
Or, certaines subtilités échappèrent à diverses revues (numériques et papiers) qui l'affublèrent d'épithètes condescendants en ne se fondant que sur leur expérience du ludiciel de Creative Assembly sans véritablement comprendre qu'en réalité il ne pouvait être jaugé à l'aune de ce dernier.

Grâce peut être rendue au magazine spécialisé PC4War qui fut bien le seul à comprendre les particularités de XIII Century. Ainsi l'absence d'un mode grande stratégie n'est aucunement rédhibitoire puisque l'objectif est clairement de restituer l'environnement tactique des épisodes historiques relatés et non de simuler la gestion d'un territoire. De même que le tempo est légèrement plus lent que son vis-à-vis en raison d'une orientation clairement moins arcade (MTW2 étant tout de même très impressionnant pour le rendu technique des engagements à l'époque médiévale, a fortiori lors des séquences de siège).

Ce ne sont pas moins de 5 campagnes plus un set bonus disponible permettant de s'immerger au sein de batailles célèbres comme oubliées. Et le programme est réjouissant : Falkirk (1298, entre Anglais et Ecossais), Lincoln (1217, entre Français et Anglais), Muret (1213, entre Croisés et Albigeois), Bouvines (1214, entre Français et Coalisés), Mohi (1241, entre Mongols et Hongrois) sont quelques uns des épiques affrontements disponibles. La topographie, le moral des troupes, la sécurité des flancs, le comportement incontrôlé des unités au plus fort de la bataille, le choix de la formation, l'épuisement physique etc. autant de paramètres qu'il est obligatoire de prendre en considération pour remporter la victoire.
Les armoiries des forces belligérantes sont respectées et contrairement à Medieval Total War, aucune unité peu ou prou fantaisiste ne viendra ternir l'historicité du produit. C'est souvent sur ce point que les Russes détonnent dans le paysage ludique : par le nombre et la précision des détails!

Une version Gold est désormais disponible, ajoutant à l'ensemble du produit déjà bien fourni une campagne complémentaire de 8 épisodes relatant les hauts faits d'un personnage inconnu du public francophone non spécialisé : Dovmont (ou Daumantas en lituanien), Prince de Pskov et terreur de l'Ordre Teutonique dans le sillage d'Alexandre Nevsky. Il fera par ailleurs l'objet d'un futur article de ma main.
C'est aussi l'occasion de dépasser le strict cadre de l'Europe de l'Ouest pour s'imprégner davantage d'évènements ayant eu lieu sur le pourtour de la Baltique et sur le territoire des Principautés Russes. Chaque début de partie faisant l'objet d'une introduction au contexte historique local comme d'une visualisation du lieu du futur affrontement : une façon bien plaisante de réviser ou d'apprendre l'Histoire de cette période tumultueuse.

Pour information, le logiciel dans sa version de base (sans module additionnel) est disponible pour 10€ dans les bacs des distributeurs spécialisés (ou sur la plate-forme en ligne Steam). Prévoir tout de même une configuration relativement récente pour profiter de l'ensemble des détails au maximum (bien qu'il soit possible en rognant sur quelques options de le faire fonctionner sur un ordinateur moyen de gamme datant d'il y a trois ans).

Seul bémol que je formulerais : l'obligation légèrement frustrante de respecter un ordre précis des batailles pour débloquer les suivantes, l'on aurait apprécié leur totale disponibilité dès le départ.
Contrebalancé fort heureusement par un éditeur de cartes : du régal pour ceux qui apprécient de conceptualiser leur propre environnement.

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