mercredi 30 décembre 2009

Meilleurs voeux pour l'année 2010

Bonne Année 2010!

Glückliches neues Jahr 2010!

С новым годом 2010!

Happy New Year 2010!

lundi 28 décembre 2009

Russie : la nouvelle approche stratégique et communicationnelle


Chers visiteurs,

Je vous invite à prendre connaissance d'un nouvel article publié exclusivement et en tant qu'invité sur Alliance GéoStratégique, collectif d'analystes en géopolitique dont j'avais précédemment relayé la qualité tout en y ayant déjà produit un article.

De façon moins accessoire qu'il n'y parait, la première version introduisit le terme de géopoliticien. Or la version actuelle évoque désormais le terme de géopolitologue.
Pourquoi ce changement entre les deux versions? Pour mieux comprendre cette décision, il faut se rendre sur le site d'EGEA qui exprime la sémantique inhérente à chaque terme.

En vous souhaitant une bonne visite et lecture.

vendredi 25 décembre 2009

Les 26 mythes russophobes

Je me permets de relayer ici une mise au point salutaire en provenance du blog Dissonance. D'aucuns m'accuseront de céder à la facilité en reproduisant sans analyse complémentaire le présent billet, toutefois je me dois d'objecter par avance que celui-ci a l'avantage de dresser un panorama exhaustif et synthétique de la situation qu'il ne m'apparait guère judicieux d'en rajouter davantage. Sauf sur un point, un article lu récemment avec un intérêt accru pour l'apport qu'il amène sur la russophobie contemporaine : Le Testament apocryphe de Pierre le Grand d'Elena Jourdan.

Bonne lecture

1 - Sous Poutine, la vie ne s’est améliorée que pour les Riches et les Oligarques, et les pauvres n’ont pas vu une augmentation de leur niveau de vie.

Faux, sous le gouvernement Poutine, la pauvreté à considérablement diminué. Le taux de Russe vivant sous le seuil de pauvreté est passé de 35 à 23% de 2000 à 2004 et était tombé à 13,5% en 2008 (avant la crise).

2000 (arrivée de poutine au pouvoir): 35%

2004 (fin du premier mandat Poutine): 23%

2008 (fin du second mandant Poutine): 13,5%

Mémo : Il est à noter que en France en 2007 : 13,7% de la population vivait sous le seuil de pauvreté. 

2 - La spirale démographique Russe devrait voir la population de ce pays diminuer à moins de 100 millions d’habitants contre 142 millions aujourd’hui.

Faux. Il est très fréquent de « lire » en effet que le taux de natalité est bas, que le taux de mortalité est élevé, ainsi que le taux d’avortements et de suicides, et que la Russie perdrait inexorablement 700.000 habitants par an. Pourtant ce n’est pas le cas.

En 2005 la population russe a décrue de 760 000 habitants, ce qui était le record absolu.

En 2006 la baisse n’a été « que » de 520 000 habitants.

En 2007 la baisse n’a été « que » de 280 000 habitants.

En 2008 la baisse est de a peu près 116.000 habitants

En 2009 la population a augmenté de 12.000 personnes, la natalité ayant augmenté de 3% sur l’année 2009 et ce malgré la crise économique. Les mesures Medevedev de 2005 ont donc eu un résultat absolument foudroyant.

Mémo : Aujourd’hui les prévisions démographiques Russes ne sont donc pas plus pessimistes que celles de la Chine ou bien de pays du G7 comme l’Allemagne.

3 - Sous Poutine en Russie il y a une baisse des droits de l’homme, plus de 200 journalistes ont été assassinés et la Russie revient à son passé « totalitaire ».

Pas de chance seulement 3% des Russes sont d’accord avec ce point de vue ! En plus si sous le règne de Poutine 17 journalistes ont malheureusement trouvé la mort, c’est bien moins que sous Eltsine (30 morts).

Selon la CIA elle-même , si la Russie est le 4ième pays au monde pour le nombre de journalistes tués depuis 1992, elle n’est que 14ième au ratio du nombre de journalistes assassinés / nombre d’habitants dans le pays, devant Israël et l’Algérie et juste devant la Turquie qui prétend entrer dans l’UE.

Egalement, au classement des pays ex URSS, la Russie n’est que 5ième (sur 13) derrière un pays membre de l’UE, la lettonie.

Enfin il faut rajouter que en 2009, au classement du nombre de journalistes emprisonnés, la Russie est  au même niveau que le Vietnam ou encore la Turquie, candidat à l’UE.

4 - L’économie Russe est basée uniquement sur les matières premières, et la sévérité de la récession de 2009 l’a bien montré.

Personne n’a jamais nié que la Russie (comme d’autres états) est  extracteur et exportateur de matière première. Néanmoins ce n’est pas cela qui a contribué à ce que la Russie subisse la crise de 2009, puisque son économie est relativement fermée et que la demande intérieure est restée forte, ce qui  permet théoriquement de soutenir l’économie.

Par contre les coupures de crédits par les banques occidentales (chez qui les sociétés russes avaient empruntés) ont grandement contribué à freiner le développement économique du pays. En outre, les  appels du département Américain en 2008 a sanctionner la Russie  après l’affaire Georgienne ont grandement contribué à accroitre l’instabilité économique et faire sortir les capitaux de fin 2008 à fin 2009 (anglo saxons en grande partie).

5 - La Russie a brutalement envahie la Géorgie en aout 2008.

En réalité quelques heures après son discours télévisé promettant à tous les habitants de la Georgie la « paix », les chars ouvraient le feu sur l’Ossétie. Aidé par des conseillers militaires et mercenaires Américains, Ukrainiens et Israéliens, ces attaques allaient tuer des civils et des soldats de maintien de la paix sous mandat de l’ONU. Malgré toute la propagande à vouloir laisser paraitre que c’était la partie Russe l’agresseur, la réponse militaire Russe a été juste et proportionnée. Plus que tout, le gros des infrastructures Georgiennes a été épargné (notamment énergétiques) et la capitale pas touchée.

Le rapport de la mission internationale sur ces événements à rendu un rapport le 01 10 2009 affirmant que la Géorgie était à l’origine du déclenchement des troubles militaires et avait la première ouvert le feu (sur l’Ossétie).

En outre, de nombreux trucages photos à destination des Occidentaux ont été fournis, par exemple ici, la ou ici.

Question : pourquoi personne ne s’émeut des manifestations interdites de l’opposition Georgienne, des arrestations d’opposants et des assassinats d’opposants Georgiens à l’étranger ?

6 - Les « libéraux » Russes sont les défenseurs des libertés individuelles et ne peuvent librement agir politiquement car le Kremlin les en empêche.

Ce n’est pas tout à fait exact, les libéraux Russes ont toujours pu librement participer aux élections et exister politiquement en Russie mais leur influence politique ne cesse de baisser (12 % aux élections législatives de 1993, 7 % aux élections législatives de 1995 et 1999, 4 % en 2003, 2 % en 2006 ..)

En outre le modèle de société calquée sur l’occident n’attire « plus » une population Russe qui a beaucoup voyagé (1/4 des citoyens est déjà allé en Europe) et est consciente de ses intérêts a ne pas brader la souveraineté nationale. Enfin les méthodes des kasparov et consorts à organiser des manifestations coup de poing manifestation déclenchées sans autorisations légales (de façon à être délibérément arrêtés) et avec des banderoles en Anglais (à destination des médias étrangers sans doute) ne le rendent pas du tout crédible aux yeux des Russes.

7 - Les Russes sont des racistes, sexistes et haïssent l’Occident.

Les Russes ne sont pas racistes puisque leur pays est absolument multi ethnique et multi confessionnel. Il n’y a pas plus (sinon moins) de racistes en Russie que dans les autres pays dits civilisés (Amérique, Allemagne, Ukraine ..).

Quand aux femmes, les sociétés Slaves sont matriarcales, les femmes y jouent un rôle économique essentiel, et jouissent du droit de vote et à l’avortement depuis bien longtemps. Pou le droit de vote : 30 ans avant les Françaises !

8 - La Russie est agressive avec ses voisins géographiques proches.

Contrairement aux autres grandes superpuissances, la Russie n’a jamais envahi militairement un autre état. Enfin, de nombreux ressortissants des états voisins seraient d’accord pour que leur état ré-intègre la fédération de Russie .

9 - La Russie est frappé par un SIDA endémique.

On lit partout que la Russie comprendrait une part énorme de sa population séropositive etc En réalité, le scan (test) de la population est presque terminé et le gros des séropositifs à été identifié (donc testé). Le plateau a été atteint en 2002 et la tendance depuis est à la baisse sauf dans certaines populations très identifiés (narcomanes par injections, prostituées, prisonniers..)

Par conséquent l’épidémie de sida si elle reste importante (comme dans tous les pays développés) semble sous contrôle et ne devrait pas prendre une tournure sub-saharienne. 

10 - Une nation avec une natalité de type européenne et une mortalité à l’Africaine ne peut avoir aucun avenir.

Et pourquoi cela ?

La baisse de la natalité post soviétique est due à la situation économique des années 90 et au choc moral et économique créé par l’effondrement de l’URSS, hors depuis cette période la natalité est remontée et de type Européenne aujourd’hui (point 2), rien ne dit qu’elle ne soit pas plus élevée demain ou après demain.

Quand à la surmortalité, elle est aujourd’hui est néanmoins en baisse et ne touche que les hommes âgés de cette période, hors ceux la ne contribuent pas à la natalité Russe (ils sont déjà pères, voir grand pères).

11 - L’inégalité est en Russie très forte, du niveau de la Russie Tsariste et cela est aggravé par une corruption endémique. Tout cela s’est aggravé depuis l’arrivé de Poutine au pouvoir.

L’économie Russe est une économie originale, ni totalement libérale, ni  totalement autoritaire. Elle est une économie mi ouverte, mi fermée, est marquée par un très fort  interventionnisme de l’état et une corruption relativement élevée, ce que personne ne le nie.

Néanmoins depuis l’arrivé au pouvoir de Vladimir Poutine, la guerre contre les « oligarques » a été menée avec succès. La presse Occidentale, qui fustigeait ces oligarques enrichis dans les années 90 s’et mise très curieusement a fustigé Poutine lorsque celui-ci à commencer à les mettre au pas. Pour quelles raisons ?

Plus sérieusement, comme le précisait le président d’un groupe de sécurité économique lors d’un forum au sénat Français : «  le temps où de méchants garçons en blouson noir venaient frapper aux portes est révolu depuis les années 1995. Le temps est également révolu -depuis les années 2000- où les acteurs informels « rouges » (c'est-à-dire les administrations telles que la police ou les associations des anciens des Services spéciaux) remplaçaient les acteurs informels « noirs ».  L'époque actuelle est presque celle des relations de marché civilisées en Russie ».


12 - La Russie a réprimée dans la violence la plus terrible l’insurrection tchétchène dont les combattant ne souhaitaient que l’indépendance et sortir du Giron Russe.

Faux, après la première guerre en Tchétchénie (1995) et le retrait Russe, les Tchéchènes vivaient une indépendance de facto. La situation a terriblement dégénèré, des groupes mafieux islamistes sous influence étrangère (wahhabites) ont commencé à terroriser la population et des raids militaires ont été effectués par des milices dans les états voisins pour tenter de déstabiliser le Caucase et établir un califat islamiste, indépendant de la Russie. Hors la Tchétchénie se situe « en » Russie et la grande majorité des Tchétchènes ne veut pas l’indépendance mais la paix.

Depuis la fin de la seconde guerre de Tchétchénie, le pays est dirigé par Ramzan Kadyrov d’une main de fer, mais un état légal existe, le pays est presque pacifié et la reconstruction quasi terminée.

13 - Le programme spatial Soviétique a été développé par des « prisonniers » de guerre Allemands.

Malheureusement pour l’Allemagne, le programme Spatial Soviétique est le fait des Russes (comme Korolev), qui n’ont eux pas bénéficié du plan Marshall pour reconstruire le pays après la seconde guerre mondiale. A l’inverse, de nombreux prisonniers Allemands ont été capturés et utilisés aux Etats-Unis pour contribuer au développement, le plus célèbre étant le savant nazi Von Braun.

14 - La Russie n’a pas permis de transition démocratique, Poutine à mis en place sa marionnette Medevedev.

Poutine est régulièrement mal traduit, volontairement mal interprété et systématiquement présenté comme un « dictateur », un « non  démocrate ». Lorsque Medvedev a été élu, la presse nous a assuré qu’il n’en était rien, que rapidement celui c i allait démissionner, ou changer la loi afin que Poutine soit de nouveau au pouvoir. Au final il n’en a rien été, il ne s’agissait une fois de plus que de dénigrements. Le duo Poutine-Medvedev marche main dans la main depuis les années 2000 (il y a 10 ans). 

15 - La situation est catastrophique en extrême orient, colonisé par les Chinois, demain la Sibérie sera entièrement Chinoise !

Les relations Russo-chinoises n’ont jamais été mauvaises, malgré ce qu’affirment les « spécialistes Occidentaux ».  Tout d'abord il n'y a pas une "invasion" de Chinois comme on aimerait nous le faire croire. Plus surprenant, une étude de 2008 a tracé le portrait d'un "migrant Chinois Typique, en interrogeant 1000 personnes dans toutes les grandes villes de Russie. Voila ce qu'il en ressort : 60% sont des hommes, 20% ont une éducation supérieure (la moyenne Chinoise étant de 12%). 94% travaillent et la grande majorité est issue des villes frontalières de la Russie. Plus de la moitié sont auto entrepreneurs et font du commerce.

La grande question est "combien" sont-ils ? D'après le FMS, 200.000 en 2006 et 320.000 en 2007, dont de nombreux travailleurs saisonniers. Bien sur cela ne compte pas les clandestins mais jusqu'à présent, malgré les hurlements de certains (Golts, Latynina..) pas de ville millionnaire Chinoise n'a été découverte en extrême orient Russe. Néanmoins un chiffre de 500.000 (dont les 2/3 de migrants légaux et saisonniers) semble être un chiffre raisonnable.  " En face" de cela il y a 5 millions de Russes. 

Même si les Chinois devaient abandonner leur « objectif » du sud est asiatique (ce qui est improbable) et chercher un conflit avec la Russie (encore plus improbable), la supériorité militaire Russe (notamment nucléaire) est largement dissuasive.

17 - La Russie à prouvée qu’elle n’était pas un partenaire fiable pour l’ouest, notamment pour les approvisionnements énergétiques (cf : les coupures de gaz).

Lorsque l’on regarde en détail  « qui » à réellement agressé l’autre on est en droit de penser l’inverse en fait. S’est t’on posé la question de savoir ce que due doivent penser les Russes de l’extension à l’est de l’OTAN, de l’affaire du Kosovo, du traitement des minorités Russes dans les pays Baltes, de l’agression militaire Georgienne, des révolutions de couleurs financées par la CIA etc) ?

De la même façon, les coupures d’approvisionnements de l’hiver dernier ont été déclenchées par l’Ukraine qui n’a pas payé la Russie pour le gaz qu’elle a acheminée sur « son » territoire.

La Russie alimente depuis très longtemps la Turquie en gaz (depuis 2003 via Blue Stream) et il n’y a jamais eu de tels problèmes, preuve s’il en est que la Russie est un partenaire et un fournisseur fiable.

18 - Les Russes exagèrent les accusations de « discriminations » qui frapperaient leurs ressortissants en Estonie et en Lettonie.

Non, de nombreuses associations des droits de l’homme Européennes ont pointé du doigt la terrible situation de ces minorités Russes, brimées à différents niveaux : administratifs, linguistiques, pour l’accès au travail etc.

La conséquence est que dans ces états ¼ de la population est coupée d’un droit à l’enseignement et n’a même pas accès à la citoyenneté ! Certains n’étant pas Russes (ils ont les passeports Soviétiques), ils se retrouvent « sans » nationalités, apatrides et traités comme des citoyens de seconds rangs, le tout au cœur de l’Europe.

Dans ces mêmes états, des marches de vétérans SS sont tolérés et les monuments Soviétiques sont effacés, des russes sont tués et l’UE ne dit rien.

19 - Le potentiel militaire Russe est totalement obsolète, sa doctrine militaire également et la Russie serait incapable de « tenir » une éventuelle confrontation avec la Chine ou l’OTAN.

La réalité est autre : la Russie développe actuellement une quantité d’armes de toutes sortes et de très hautes technologies, que ce soit les chasseurs militaires, les bombardiers lourds, le matériel de surveillance ou encore les armes de destruction massive (boulava, voivoda).. etc.

La guerre en Géorgie a prouvé la supériorité militaire de l’armée Russe sur une armée entrainée et « aidée » par l’OTAN depuis 5 ans.

La nouvelle doctrine militaire Russe est tout sauf obsolète et liée au « plan 2020 », les propositions récentes du Kremlin sur un « nouvel ensemble de sécurité continental » étant au contraire visionnaires et futuristes.  Enfin, le plan de modernisation de l’armée est considérable.

20 - La société civile a été annihilée par Poutine, et le système judiciaire est « tenu ».

En réalité, le nombre de plaignants allant au tribunal à considérablement augmenté entre 1999 et 2009 puisqu’il a été augmenté par six ! Le système des « jurés » a été introduit en Russie et les plaignants gagnent désormais 71% de leurs procès contre l’état. De plus un système d’aide juridique gratuite existe.

L’image des ONGs brutalisées par le pouvoir vient de l’expulsion de la Freedom House en 2004 pour non paiement de loyer. Mais quand on sait les activités révolutionnaires oranges de telles associations, il est normal que le pouvoir est saisi la « première » occasion pour les faire interdire.

21 - Khodorkovsky  a été injustement arrêté et détenu alors que c’était juste un entrepreneur efficace et ouvert aux idées libérales de l’Ouest.

Khodorkovsky est détenu pour des comportements frauduleux, illégaux (corruption, soudoiement, détournement et évasion fiscale..). Plus de la moitié des Russes jugent normal son arrestation. (54% en 2006).

Khodorkovsky a également mis en péril l’intérêt national Russe puisqu’il avait prévu de céder Youkos à Exxon, cédant ainsi les matières premières Russes (qui ne lui appartenaient pas) à une société Américaine, le tout au lendemain de la guerre froide. En outre, ces avoirs « personnels » ont été après son arrestation été transférés à Rothschild ce qui semble normal finalement, Khodor est lié aux néo conservateurs US et siégeait à Carlyle avec les proches de Bush.

22 - Eltsine a été un vrai démocrate.

Il a même posé sur un tank, comme ceux qui ouvraient le feu sur la Douma dont les députés (communistes) s’opposaient à ces réformes « libérales / corrompues ».

Il a ensuite déclenché une guerre non préparée en Tchétchénie, qu’il a perdue. Il a nommé des ministres incompétents et voleurs, permis aux oligarques de s’enrichir, pendant que le peuple s’appauvrissait et que des mafias caucasiennes prenaient le contrôle du pays.

Il était alcoolique et ridiculisait la Russie. Il était pour tout cela extrêmement apprécié par les occidentaux.

23 - La Russie se sert de l’énergie pour « tenir » ses voisins et utilise son expansion énergétique au profit de projets politiques.

Un fournisseur a le droit de choisir son tarif, et les clients de payer ou non. Le pays au monde qui utilise l’énergie à des fins politiques est l’Amérique qui se permet de bombarder des pays comme l’Irak et l’Afghanistan.

24 - La Russie est dirigée par des néo-communistes, eurasiens, nationalistes et qui sont avant tout contre l’Ouest et l’Europe.  

Le système politique Russe est très différent des systèmes politiques Européens. Le spectre politique est très large même au sein d’un seul parti. Mais oui c’est vrai les Russes sont très patriotes et cela dans les partis de droite comme de gauche.

Lorsqu'il a été demandé à Vladimir Poutine de quelle idéologie il se réclamait celui-ci a répondu : « vous ne trouvez pas que les idéologies ont fait assez de mal ?»  Récemment, Sergueï Lavrov affirmait que la Russie se sentait part de la civilisation Européenne.

25 - La Russie sera un califat islamique en 2050.

La réalité est tout autre, les russes ethniques représentent 80% de la population du pays.  Selon un sondage de 2006 seulement 6% des citoyens de Russie se considèrent comme « musulmans », confortant l’adage que « en Russie la vodka a dissous le Coran ». En outre, même au cœur des zones musulmanes de Russie (tatarstan, bachokorstan..) les « russes de souche slave » représentent plus de 50% de la population.

En outre la fertilité des « Russes de souche » est désormais plus élevée que celle des « musulmans » Russes, hormis dans certaines régions comme la Tchétchénie, mais sa population ne représente que «1% de la population Russe.

26 - Berezovsky a permis l’arrivée de Poutine au pouvoir et est désormais soumis à un harcèlement des autorités Russes, l’empêchant de revenir dans son pays.

Comme le général Lebed disait: “Berëzovski est l’apothéose de cette petite clique au pouvoir qui n’est pas satisfaite par montrer qu’elle vole mais qu’elle le fait en toute impunité. Lebed est mort dans un accident d’hélicoptère.

Le journaliste de Forbes Paul Khlebnikov a écrit un livre sur lui « parrain du Kremlin », en mettant en évidence ces liens avec les mafias, celui-ci est également mort assassiné.

Berëzovski a été mis en cause dans de nombreuses affaires scabreuses et meurtres non résolu. Il a des mandats d’arrêts contre lui en Russie mais également en Amérique du sud.

Il n’est pas surprenant que ce « grand démocrate » soit défendu par nombre d’occidentaux.

jeudi 24 décembre 2009

Joyeux Noël en flash



Il est particulièrement impressionnant de nos jours de constater que ces jeux qui autrefois faisaient la taille d'une borne d'arcade sont désormais disponibles en ligne sous la forme de jeux flash. Ne nécessitant qu'un PC bas de gamme et une connexion haut-débit.
Issue d'une technologie propriétaire (par la société Adobe, particulièrement connue pour son logiciel Acrobat Reader autorisant la lecture de documents au format PDF), les jeux l'employant sont pléthore et il est bien difficile désormais de s'y retrouver. Toutefois puis-je en cette journée de Noël vous recommander le portage d'un ludiciel dans le ton de cette époque de l'année.

Snow Bros est dans la lignée des Mario Bros et autres Donkey Kong, à savoir un jeu de plate-forme terriblement addictif dans lequel on n'a qu'une seule envie : connaître le tableau suivant.

mardi 22 décembre 2009

Strasbourg, restricted area

Chers visiteurs,

Vous savez combien je suis fort attaché à cette cité Rhénane qui ne manque ni de charme ni de douceur de vivre, le tout en combinant habilement architecture passée et futuriste, population estudiantine cosmopolite turbulente et bourgeoisie à la fierté toute compassée, attachée à son identité Alsacienne et orgueilleuse d'être une des capitales de l'Europe.

Pourtant, et au mépris de toute cette richesse protéiforme, il avait été décidé début avril 2009 de tenir un sommet de l'OTAN sur les berges du Rhin (l'autre lieu d'accueil étant la bourgade de Kehl, à ne pas confondre avec Kiel) en blindant le centre-ville. Un excès qui causa énormément de torts aux résidents comme à l'image de la ville devenue totalement morte pour une réunion entre happy few qui n'aura débouché sur aucune annonce concrète. Le tout pour une ardoise laissée à la municipalité dont on ignore encore le montant. 

Par ailleurs, l'on appréciera le sacrifice d'un des quartiers de Strasbourg laissé aux mains de groupes mobiles très bien organisés et qui viennent une nouvelle fois de faire parler d'eux au récent sommet de Copenhague : les Blacks Blocs (vérifications opérée, l'appellation officielle ne prend étrangement pas de K final).

Pour finir, l'occasion me fut donnée de rappeler les origines de Strasbourg faisant office de savoureux raccourci temporel...


Article paru sur Agoravox le 25 mars 2009

Une interdiction de survol autre que par des aéronefs militaires, des secteurs quadrillés par des forces de l’ordre, une obligation de traverser des checkpoints pour revenir chez soi : serait-ce le tournage d’un film post-apocalyptique, une mise en quarantaine pour risque de pandémie mondiale, l’évasion de tous les criminels de l’Est de la France, un nouveau rideau de fer aux berges du Rhin ? Que nenni, il s’agit du prochain sommet de l’OTAN organisé conjointement par les Etats Français et Allemands le 3 et 4 avril prochain.

Red zone

Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Gordon Brown… Au total 28 chefs d’Etat attendus dans la capitale Européenne : voilà de quoi donner des sueurs froides à la municipalité qui aura rarement l’occasion de dérouler un si long tapis rouge en devenant le centre du monde médiatique pendant quelques jours.
 
Toutefois, pour leur permettre de mieux profiter de la beauté gothique de la cathédrale et des mets raffinés du Crocodile d’Emile Jung, il n’aura pas été fait dans le détail : bouclage total des abords des principaux lieux de visite et d’hébergement. Sans badge, point d’espoir de circuler. Et le précieux sésame ne sera pas un viatique à égarer une fois à l’intérieur du périmètre rouge puisqu’il sera demandé vraisemblablement fréquemment selon les informations à disposition. Tout non-résident des quartiers dits sécurisés sera refoulé avec plus ou moins de virilité selon son insistance. Gracieusement sera toutefois octroyé au citoyen des zones orange à proximité des zones rouge où la circulation sera autorisée moyennant une régulation stricte.
 
Les frontaliers auront par ailleurs bien du souci à se faire : le pont du Rhin sera filtré, puis condamné pendant la période « chaude » du sommet. Les contrôles à la frontière sont à ce titre déjà en rodage.
 
Ceux qui auraient encore de doux rêves d’approcher le nouveau Président des Etats-Unis lors de sa venue feraient bien de se méfier avant de se voir plomber au mieux les fesses par un tireur d’élite opérant depuis les toits. Encore lui aura-t-il fallu trouver une astuce pour se faufiler entre les nombreux cordons de sécurité pour arriver jusqu’à l’épicentre de son intérêt. Est-il utile de préciser qu’aucun bain de foule n’est aucunement envisagé au programme ?
 
Strasbourg, ville morte ?
 
C’est en effet là le point noir de ce sommet présenté comme historique à la fois pour la ville et pour l’officialisation attendue de la réintégration de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN : que gagnera en définitive la capitale Européenne à être présentée comme une entité vidée de ses habitants, expurgée de toute vie et à l’activité économique confinée au néant ?
 
On pourrait même en profiter pour projeter la réflexion plus loin : était-il obligatoirement nécessaire de choisir une cité pour y faire tenir le sommet puisqu’apparemment le but semble de faire place nette avant, pendant et après les libations et délibérations des personnalités ? Et pour tous ceux qui en auraient des sueurs froides, je confirme malheureusement que le club de pétanque Le Strasbourgeois baissera rideau comme nombre d’autres activités sportives, obligeant même des rencontres sportives à être reportées ultérieurement…
 
De plus, cette surenchère dans l’aspect sécuritaire n’apporte-t-elle pas du bois à chauffer à tous ceux qui vilipendent la tournure que prend la démocratie à l’occidentale ? Il est assez cocasse par l’occasion de souligner que sur le site de la ville de Strasbourg il est écrit que le sommet de l’Otan qui aura lieu à Strasbourg les 3 et 4 avril prochains nous donnera l’occasion d’exposer notre hospitalité et nos richesses culturelles, de mettre en avant nos liens particuliers avec l’Allemagne : mais qui sera encore là pour accueillir toutes ces personnalités et leur faire profiter de la chaleur de cette cité cosmopolite ? Certainement pas la population locale. Et comment mettre en avant les liens tant vantés avec nos voisins germains puisque tout déplacement piéton, routier, ferroviaire, fluvial et aérien sera prohibé entre les deux rives durant ces quelques jours ? Et pour renforcer le sentiment d’isolement, aucun courrier ne partira ou n’arrivera dans les zones orange et rouge de la ville.
 
Alors en dressant le bilan de toutes les contrariétés et du résultat prévisible d’une telle manifestation, il est logique de se demander quel sera le profit réel ? Et cette mise en quarantaine d’une importante partie de la localité n’est-elle pas à ce titre contre-productive en ce sens que l’aspect débonnaire, amical et très force tranquille de Strasbourg va être mis à mal pendant tout le temps du sommet ?

D’ailleurs pour parler plus prosaïquement « gros sous » : l’on ne sait pas encore actuellement quelle ardoise au contribuable laissera le passage de toutes ces célébrités invisibles pour le commun des mortels. Au vu du dispositif et de l’impressionnante cohorte de délégations (qu’il faudra bien héberger, nourrir et pourvoir les commodités usuelles pour de telles agapes), il y a tout de lieu de s’attendre à une seyante série de chiffres sur la facture…
 
Avec cette expérience néanmoins l’on peut s’autoriser à émettre l’opinion positive que les autorités Strasbourgeoises seront désormais prêtes pour accueillir avec force précautions et dispositifs de sécurité les prochaines rencontres mondiales du logiciel libre en 2011. Et prévenir ainsi les prévisibles échauffourées entre fans des différentes distributions Linux.
 
Retour aux sources ?
 
Par une certaine ironie de l’Histoire, cette ambiance de camp retranché aura le mérite de rappeler aux résidents et visiteurs de passage à Strasbourg les origines de la ville puisque c’est Drusus, général romain et frère de Tibère, qui fut à l’origine de l’édification d’une forteresse aux abords du Rhin en l’an 12 avant J.C.

Strasbourg, héritière d’Argentoratum, un camp de légionnaires de la plus impressionnante armée de l’antiquité répond présent au cycle de l’Histoire en accueillant ces jours prochains les représentants de la plus puissante organisation militaire de notre époque.

 

Informations pratiques sur les dispositions prises pour le sommet de l’OTAN : site de la ville de Strasbourg

mercredi 16 décembre 2009

Galileo patine sur terre


Voici deux ans, j'avais produit un article sur Agoravox avec le désir de populariser sur cette plate-forme le projet Galileo.

S'il est vrai que je suis d'ordinaire fort critique sur l'Union Européenne, et les sujets ne manquent malheureusement pas, je conservais le naïf espoir que Galileo saurait surmonter les dissensions et l'impéritie coutumière de cette organisation internationale.

Or, fin 2009 il m'est permis de dresser le constat en deux points, je vais procéder de manière fort brève rassurez-vous :
  • Ambition avant-gardiste en 1999, Galileo ne sera en définitive pas opérationnel (et si ce long chemin se déroule cette fois sans anicroche aucune) avant... 2015! Il serait tentant d'imputer ce retard conséquent à la crise systémique actuelle, or moins que le manque de fonds pour le lancement et la maintenance de ce réseau, c'est surtout la désorganisation et le manque d'enthousiasme du privé qui empêchèrent le programme de "décoller".

  • Confirmé par le directeur de Roskosmos, trois nouveaux satellites viennent d'être envoyés en orbite pour compléter le maillage du réseau Glonass déjà existant. L'objectif d'atteindre les vingt-quatre satellites pour 2010 étant de ce fait en très bonne voie. Rappelons que si la genèse de Glonass remonte à 1976, sa remise en activation date de... 2001, soit une date quasi-contemporaine de Galileo!

MAJ: Le numéro de décembre du mensuel Capital évoque la saga Galileo, mentionnant en sus du retard désespérant du programme l'appropriation récente par les Chinois et leur système Beidou des fréquences officiellement attribuées à l'Union Européenne avec l'envoi de leur dernier satellite. De mal en pis...

dimanche 13 décembre 2009

L’abus de Riesling nuit à la liberté d’Internet

Chers visiteurs,

Je ne lis que très rarement les Dernières Nouvelles d'Alsace, mais rarement ne signifie pas pour autant jamais. Or il s'est trouvé qu'en pleine bataille HADOPI, première mouture avant qu'elle ne soit retoquée par le Conseil Constitutionnel, j'eus l'opportunité de prendre connaissance d'un article d'une rare caricature. Formules à l'emporte-pièce, méconnaissance du sujet et mauvaise foi évidentes se combinant pour un éditorial type de ce que ne doit surtout pas produire un journaliste professionnel.

Je ne sais si M. Picard s'est amendé avec le temps, ce qui est certain en revanche c'est que je lui déconseille fortement de s'immiscer dans le domaine et les débats relatifs aux NTIC tant qu'il n'aura pas humblement appris ses leçons. A bon entendeur...


Article paru sur Agoravox le 10 mars 2009

La grande bataille sur l’avenir du numérique est engagée en France : au son des tambours et trompettes, les premières salves ont commencé à tomber, et elles sont d’autant plus conséquentes que l’on devine déjà que le résultat du passage de la loi Création et Internet est d’une importance primordiale en France. Tous les coups sont permis, et certains ne s’en privent pas tel cet éditorial surréaliste paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 9 mars 2009.

Les éditos il est vrai sont rarement l’occasion de frayer avec les sommets de la réflexion comme de l’information (merci Agoravox de nous préserver de cette avanie). Celui de M. Olivier Picard, intitulé Liberté frelatée, semble faire tout son possible pour corroborer cet état de fait avec une mauvaise foi matinée d’approximations qui en arriverait à forcer le respect du lecteur le plus critique.
 
Consommer plus ou consommer mieux ?
 
L’éditorialiste, sabre au clair, attaque mais il n’apparaît pas tout de même fort assuré sur sa monture au galop. Il est vrai qu’il commence par sonner le clairon dans une maestria digne des plus grandes charges historiques, pour preuve ce morceau de bravoure : la polémique qu’il [le projet de loi] crée met en pleine lumière les nouveaux clivages de notre société contemporaine transcendant les veilles frontières héritées du XXème siècle. Diantre, nous sommes ainsi à un tournant historique de notre histoire, le zénith d’un affrontement qui changera la face de notre monde !
 
Hélas, après une telle entrée en matière, l’auteur s’embrouille et on sent que sa monture se cabre faute d’orientation précise : fustigeant le romantisme libertaire de ceux qui téléchargent sans passer à la caisse les œuvres protégées, ce dernier dans une envolée onirico-lyrique défend la création artistique… au profit des industries culturelles.

Du reste, fustigeant la consommation insatiable des internautes indélicats, il rate l’opportunité de se plonger dans l’analyse du système intrinsèque de ce commerce qui repose justement sur le désir comme principale source de profit. En effet, l’industrie culturelle est une machinerie en perpétuel mouvement où la production est ininterrompue en incorporant désormais des phases de recyclage de produits pour maintenir captif le consommateur (déclinaison d’un même produit sur des supports différents par exemple). Une exégèse psychosociologique sur le principe de la consommation de masse serait fort instructive, en tout état de cause c’est bel et bien le cœur de la société de consommation que nous touchons là.
 
Or en créant et stimulant sciemment le besoin, comment s’étonner ensuite que le citoyen lambda (surtout le plus jeune) ne disposant pas d’un budget loisirs extensible à l’infini soit tenté tôt ou tard par l’acquisition frauduleuse des produits présentés sous son nez ? Les industries ne sont-elles pas en définitive complices du délit constaté en hameçonnant le consommateur de façon répétée et parfois virulente (exemple du marketing agressif avant la sortie d’un film) ? [1]

C’est peut-être bien là où je rejoins l’auteur : C’est le signe que la bataille d’une éducation plus subtile doit être intensifiée bien au-delà des avertissements systématiques en début de séance au ciné, mais là où l’éditorialiste souhaite que le citoyen consomme plus dans un cadre légal, il serait autrement plus judicieux de favoriser prioritairement une éducation relativisant les aspects matériels et consuméristes de notre société, meilleur rempart contre toute acquisition frauduleuse.
 
L’apocalypse selon Saint Olivier
 
La réprimande ça ne suffit pas, il faut faire peur au pékin moyen. Le journaliste Alsacien décide par conséquent de sortir l’artillerie lourde pour mieux raffermir son imprécation : 450 000 téléchargements de films par jour, 170 millions par an, 37% d’internautes délinquants. Bigre, et pour enrober le tout des sentences tombées du ciel le tout dans un roulement de tonnerre : on tremble à l’idée que plus d’un internaute sur trois transgresse les interdits en dépit de l’offre des sites légaux … les Français, rois de la débrouille, sont pratiquement des champions du monde à ce petit jeu… A ce rythme, combien de temps les industries du 7ème art et du disque pourront-elles encore résister ?
 
Résister à qui ? Aux hordes méphitiques les encerclant et menaçant leur survie : c’est-à-dire le propre public des auteurs !

Passons sur les chiffres qui sortis ex nihilo (aucune source citée bien entendu) ne sont là que pour effrayer le paisible lecteur Alsacien déjà en état de stress intense par l’imminence apocalyptique annoncée (tiendrons-nous finalement jusqu’en 2012 doit-il vraisemblablement se lamenter).

En revanche aucune piste de réflexion sur tout d’abord la qualité et la quantité des offres légales citées. Ensuite, rien non plus sur les incroyables errements des ayant-droits (censés pourtant défendre les intérêts des cédants de droits d’auteur) leur ayant fait manquer la révolution technologique d’Internet par leur refus obstiné de s’adapter à un nouvel environnement économique (celui du numérique).
Bien entendu on pourrait aussi derechef évoquer (bien que très rapidement évacué par le journaliste) la question du prix des produits, souvent disproportionné par rapport à un support déjà ancien, dépassé, et surtout mal optimisé alors qu’amorti depuis de nombreuses années, sans omettre l’emballage du produit lui-même manquant souvent de… glamour.
 
Pour enfoncer le clou : quid de ceux qui ont téléchargé illégalement mais qui n’auraient pas acheté pour autant l’œuvre ? Quid aussi de ceux qui ont téléchargé illégalement et qui en définitive auront acheté le produit contrefait ?
 
Défendre le droit d’auteur et ses revenus légitimes afférents est une noble et juste cause, en revanche est-ce véritablement lui apporter une aide salutaire que d’éluder si ce n’est galvauder les causes d’un problème réellement complexe ?
 
Tout va bien Madame la Marquise…
 
Heureusement pour notre ami éditorialiste, rien de grave dans ce projet de loi car pourquoi s’insurger contre eux [les mécanismes de repérages et de sanctions] au motif de conjurer Big Brother, quand les réseaux permettent déjà des indiscrétions bien plus choquantes ?

Chacun appréciera le raisonnement par l’absurde qui part du principe que si atteinte préexistante à la liberté il y a, pourquoi se soucier d’une nouvelle ?

On se demande comment aurait pu prospérer le métier de journaliste avec de tels personnages car après tout, quelle broutille que la liberté d’informer sans le spectre de la censure et des autorisations administratives préalables ?
 
A tout seigneur tout honneur, je laisse le journaliste conclure : La liberté mérite aussi d’être protégée. La laisser sans défense, c’est la livrer aux barbares des temps nouveaux. Fermez le rideau : la commedia è finita
 
[1] Maître Eolas dans son blog juridique avait souligné fort à propos cette contradiction.

samedi 12 décembre 2009

Atomenergoprom, le titan de l’atome

Chers visiteurs,

Je vous renvoie sur cette note de la Tribune concernant la politique industrielle de la France, en son passage notamment sur Areva. Celui-ci tendant à confirmer que le choix de Siemens comme relaté dans mon billet a été raisonné, même s'il semble dû aussi à une incapacité de la partie Française, et principalement de ses instances dirigeantes, à appréhender la concurrence internationale.

Quant à Atomenergoprom, tout va bien pour lui puisqu'il se prépare à investir le marché Américain de l'uranium en recyclant... les anciennes ogives nucléaires soviétiques! Le tout sur la base de plusieurs contrats avec des sociétés d'outre-Atlantique.


Article paru sur Agoravox le 4 mars 2009


Inconnu encore récemment du grand public, Atomenergoprom fut porté au devant de la scène par le spectaculaire rapprochement de Siemens à son encontre. Au grand dam d’Areva NP qui vit son ancien partenaire Allemand tendre une main intéressée à ce qui pourrait devenir un très sérieux concurrent. Qui est ce nouvel arrivant et quels sont ses atouts pour avoir réussi à séduire jusqu’à l’entreprise Allemande précitée dont le sérieux s’accommoderait mal d’un nouveau partenariat aux fondations hasardeuses ?

Un holding imposé en haut lieu

En réalité Atomenergoprom est tout sauf une véritable nouveauté en ce sens que l’entité est surtout le fruit d’une volonté présidentielle de renforcer la coordination des différents acteurs Russes du secteur. De ce fait l’on devrait plus parler d’agglomération que de novation.
 
Conscient que la Russie disposait de connaissances très pointues dans ce type d’énergie mais pénalisée par un réel manque de liant dans la chaîne de extraction/traitement/fabrication/production/distribution, Vladimir Poutine (alors Président) souhaita ardemment mettre sur pied, à l’instar de Gazprom, un mastodonte capable d’embrasser de nombreux aspects de la logistique du nucléaire civil. Que ce soit Rosenergoatom le producteur d’électricité de source nucléaire, TVEL l’extracteur et producteur d’uranium, Tekhsnabexport l’exportateur de combustible nucléaire, Atomenergomash l’équipementier et enfin Atomstroyexport l’entreprise chargée des projets de construction à l’étranger, tous durent rentrer dans le moule pointé du doigt par le Kremlin.
 
Ainsi naquit le 27 avril 2007, par décret présidentiel, l’holding Atomenergoprom. La verticalité de cet ensemble est à la fois patente par la complémentarité successive des différents participants comme par le contrôle exercé par le pouvoir central qui entend rester maître de ce jeune titan.
 
Le géant sort de la forêt
 
Sur le papier voilà qui paraissait séduisant, voire imposant. Cependant les faits et réalisations ont seule valeur de baromètre en matière de succès ou d’échec des objectifs poursuivis.
 
Force par conséquent est de constater que peu après l’avènement d’Atomenergoprom l’intérêt de plusieurs sociétés étrangères s’est accru exponentiellement. Ainsi Alstom comme Toshiba ont conclu des accords pour favoriser les projets communs, faire valoir leur expérience dans leurs domaines respectifs et s’adosser à un poids lourd du secteur pour pénétrer plusieurs marchés difficiles d’accès, à commencer par le Russe lui-même.
 
Le marché domestique lui est demandeur (il est vrai que celui-ci est relativement fermé aux investissements étrangers puisque considéré comme un secteur stratégique [1]) mais l’étranger tout autant : l’Inde, la Bulgarie et l’Iran ayant déjà passé plusieurs commandes et d’autres pays ont signifié leur volonté de mener des négociations avancées tels l’Oman et la Turquie.
 
Toutefois le plus spectaculaire restait à venir avec la mésaventure récente arrivée à Areva NP (le numéro un dans la construction de centrales nucléaires) puisque comme le permettait une clause de rachat au sein de l’accord de partenariat de la société, les 34% détenus par la célèbre compagnie Allemande seront revendus à Areva d’ici trois ans. Ce départ ne serait qu’un divorce à l’amiable comme en connaissent parfois certains couples économiques si Siemens n’avait publiquement fait état de son rapprochement (officialisée le mardi 3 mars 2009 par la signature d’un protocole d’accord) avec un partenaire Russe, Rosatom. Or pour qui serait un tantinet investigateur, Rosatom se dévoilerait comme n’étant rien d’autre qu’une société d’Etat Russe détentrice à 100% des actions d’… Atomenergoprom ! La boucle est bouclée…Ce coup dur pour Areva peut se ressentir désormais sur deux plans : la fuite de cerveaux [2] et la prise de conscience que le géant Russe est manifestement devenu attractif depuis son apparition.
 
Le pari de créer une entité monopolistique du nucléaire civil Russe a été payant pour l’heure et il y a tout lieu de penser que l’entité surfera encore un moment sur une dynamique positive avec le concours de Siemens.
 
Un début de solution pour Areva : peut-être proposer sur le modèle de leur concurrent un concours de Miss Atome ?
 
[1] Ainsi est-il à peine surprenant de découvrir que l’actuel président du conseil de direction est un ancien (et éphémère) Premier Ministre de Boris Eltsine : Sergey Kiriyenko. Par ailleurs aussi Président de Rosatom.

[2] Depuis avril 2008, une loi fédérale impose aux investisseurs étrangers de passer par les fourches caudines d’une commission ad hoc vérifiant l’impact d’une immixtion étrangère au sein de sociétés où le capital serait détenu à plus de 50% par une société de nationalité autre que Russe et intervenant dans le champ d’un des 42 secteurs sensibles répertoriés. Le nucléaire faisant bien évidemment parti de cette liste.

[3] Lire à ce sujet l’entrefilet paru dans Le Figaro du 27 février 2009.

mercredi 9 décembre 2009

Дед Мороз en visite à Strasbourg

В Страсбург на Рождественский базар приехал Дед Мороз из Великого Устюга. 
Reportage de la chaîne Pervyj Kanal (Первый канал) sur le Marché de Noël Strasbourgeois et la venue du Ded Moroz (merci à Arthur du forum Vivreenrussie pour l'information).


dimanche 6 décembre 2009

L'Allemagne, si proche si lointaine

Chers visiteurs,

Ce billet sur les relations germano-françaises fut la résultante d'une volonté de longue date d'écrire sur le sujet. A l'heure actuelle où l'on a l'impression que le moteur commun accuse un sérieux ralentissement, il m'apparaissait opportun dans un article synthétique de ne faire ni l'impasse sur les dysfonctionnements contemporains ni sur l'intérêt de dépasser les incompréhensions communes.

L'Allemagne a ceci de paradoxal pour les Français qu'il est un pays apprécié mais très mal connu. Or pour qui voyage un tant soit peu en cette contrée, il découvrira toute la richesse géographique, culturelle, économique et intellectuelle d'une nation peu épargnée par l'Histoire mais toujours pleine de vie. L'Allemagne souffre d'une projection d'elle même terne ayant succédé à la vision d'un pays imprégné par le militarisme Prussien (une caricature globalisante qui était déjà erronée à l'époque). L'Allemagne est plurielle, et son véritable charme réside dans cette diversité pour peu que l'on ne se contente pas de s'en remettre aux préjugés.

L'exotisme c'est déjà de l'autre côté du Rhin... sauf pour les Alsaciens et les Lorrains cela va sans dire.


Article paru sur Agoravox le 12 février 2009

Qui connaît le premier partenaire commercial de la France ? Les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni ? Non, l’Allemagne ! Or il est un paradoxe singulier que les échanges commerciaux, pourtant à hauteur de 159 milliards d’euros en 2007, n’ont que peu contribué à rapprocher en profondeur les deux nations tant chacune d’entre elle semble considérer le Rhin comme une frontière telle qu’il en est malaisé de communiquer entre les deux rives. Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau Président à l’Elysée, les signes de dégradation des relations bilatérales se multiplient, augurant des lendemains relativement sombres. Pourquoi en est-on arrivé là ? Quel avenir pour le couple franco-allemand ?

De la rivalité continentale à la célébration de l’amitié franco-allemande

Le discours du 9 mai 1950 prononcé par Robert Schuman mit l’accent sur les réalisations concrètes qui cimenteraient l’émergence d’une Europe solidaire et prospère, et dans la foulée de proposer une coopération transnationale des pays producteurs de matières premières. Quelle ne fut pas la gageure dès l’émergence de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier d’accueillir dans ses rangs l’ennemi honni de la Seconde Guerre Mondiale… Mais telle était la volonté expresse du ministre des affaires étrangères de l’époque : ne martela-t-il pas en effet que le rassemblement des nations européennes exige que l’opposition séculaire de la France et de l’Allemagne soit éliminée. L’action entreprise doit toucher au premier chef la France et l’Allemagne.

En revanche, l’échec de la CED (Communauté Européenne de Défense) en 1954 tint pour une bonne part dans la résistance d’une partie des élus Français à réarmer l’Allemagne (qui le sera de toute manière dans le cadre de son intégration à l’OTAN un an plus tard [1] ). Les esprits n’étaient pas encore suffisamment prêts à accepter de nouveau le voisin d’outre-Rhin dans le giron des Etats disposant librement de leur force militaire, surtout en France où le traumatisme restait réel du fait de l’étrange défaite de 1940.

La première pierre avait été posée pourtant, et ce fut la voix de la France libre, le général de Gaulle, alors premier Président de la Vème République, qui invita son homologue Chancelier de la République Fédérale Allemande, Konrad Adenauer, à signer le Traité de l’Elysée en 1963 après son passage remarqué comme médiatisé à Colombey-les-deux-églises. Document phare qui énonçait les orientations majeures à prendre de concert par les parties en présence dans les domaines des affaires étrangères, de l’éducation et de la défense. Signalons que ce traité toujours en vigueur impose des rencontres périodiques entre les responsables des deux pays.

Cette réconciliation plus que symbolique sera suivie d’autres images marquantes comme François Mitterrand serrant la main d’Helmut Kohl à Verdun le 22 septembre 1984 ou encore Jacques Chirac représentant l’Allemagne au sommet Européen de Bruxelles le 17 octobre 2003, remplaçant un Gerhard Schröder ferraillant au Bundestag pour imposer ses réformes (si en France cet acte passa relativement inaperçu, les quotidiens Allemands ne manquèrent pas d’en souligner la portée [2] ).

Un volant pour deux directions différentes ?

C’est après le rapprochement historique franco-germano-russe pour protester envers l’invasion de l’Irak en 2003 par les troupes Américaines [3] que l’on assiste à une lente décomposition de ce lien privilégié au sein de l’Union Européenne.

Les couacs auront été quelque peu nombreux ces dernières années, s’accélérant notoirement avec l’avènement du nouveau Président de la République Française.

Que l’on en juge :

  • réorganisation chaotique de la direction du consortium EADS, en tentant de conserver une bicéphalie dans le souci de ménager la chèvre et le chou mais sans pour autant empêcher des frictions de plus en plus récurrentes au sommet comme à la base [4].

  • acquisition imposée au forceps depuis l’Elysée entre Sanofi-Synthélabo et Aventis, au grand mécontentement de la chancellerie Allemande.

  • retrait de Siemens d’Areva NP au profit d’un rapprochement avec le Russe Atomenergoprom.

  • le quotidien Der Spiegel, véritable institution au-delà du Rhin, ne manquant pas une occasion de railler Nicolas Sarkozy depuis son élection en le présentant tel un monarque entouré d’une camarilla de courtisans. Encore plus incompréhensible : la collusion affichée du Président avec les hommes d’affaires hexagonaux, sans réaction notable de la population Française (le séjour sur le yacht de Vincent Bolloré ayant provoqué une réelle stupeur dans les médias Allemands).

  • critiques tenaces concernant la libération des infirmières Bulgares en Libye, au seul profit du couple présidentiel Français, passant sous silence les approches Européennes préalables et offrant à ce pays d’Afrique du Nord la possibilité de se doter du nucléaire civil (question d’autant plus épineuse que Siemens était encore dans le groupe Areva NP à l’époque).

  • altercations récurrentes entre des hauts responsables Allemands et le Président Français, tel Peer Steinbrück ministre des finances qui s’opposa à plusieurs reprises à la politique économique prônée par Nicolas Sarkozy.

  • répugnance de la Chancelière envers les manières quelque peu cavalière de son homologue Français et son approche trop leste des dossiers d’importance [5].

  • Alors oui, il existe des signes de bonne entente affichée, distribués allégrement pour rasséréner la population qui conserve une vision positive de ce rapprochement bilatéral. Cela ne suffit plus néanmoins à masquer les avanies désormais périodiques entre les deux mastodontes du vieux continent.

    Il est d’ailleurs assez « cocasse » de souligner qu’au moment où a été décidé et applaudi le stationnement prochain d’un bataillon Allemand en France à Illkirch [6], cette annonce a rapidement été occultée par la critique peu voilée de la chancelière à l’égard des aides hexagonales en faveur de l’industrie automobile, évoquant des mesures protectionnistes incompatibles avec les règles Européennes. Un exemple symptomatique démontrant que décidément au sein du véhicule franco-allemand il n’est plus possible d’avancer de plus de quelques mètres sans devoir s’arrêter pour s’expliquer sur la route à prendre.

    Perseverare diabolicum ?

    L’on pourrait dès lors poser abruptement la question de savoir si d’une part l’amitié franco-allemande est encore à l’ordre du jour à Berlin et Paris et d’autre part si une solution de rechange existe ?

    Pourtant avant d’ébaucher une rupture à l’amiable de cette relation, ne pourrait-on pas reprendre le problème par la base, à savoir l’étude et l’empathie des mœurs de chaque pays pour mieux en comprendre les schèmes de pensée et en corollaire de fonctionnement ? L’existence d’un manuel d’histoire franco-allemand commun, de représentations diplomatiques conjointes comme de la diffusion de la chaîne ARTE (trop confidentielle cependant en dépit de documentaires et émissions souvent de qualité) sont des pas positifs en ce sens. Mais pas suffisants, et qui nécessitent de la part des dirigeants une réelle volonté de passer outre les différences, de prendre sur eux et de promouvoir des actions fortes ainsi que de redynamiser l’apprentissage linguistique réciproque actuellement en phase moribonde.

    Certes les affinités entre les fils de Charlemagne sont moins évidentes depuis ces derniers temps, il n’en reste pas moins que cette alliance continentale reste la plus logique et la plus profitable aux deux pays en raison de la symbiose de leurs économies comme des complémentarités qu’ils peuvent en tirer sur les plans diplomatiques et militaires. Albion pourrait être un appui alternatif potentiel mais qui appelle plus à la prudence, voire la méfiance qu’à une adhésion sans réserve. Or, les Allemands considèrent plus facilement et positivement la France comme une alliée fiable que les Britanniques qui de toute façon n’ont jamais souhaité jouer pleinement la carte Européenne et oeuvrent pour des intérêts plus proches de leur sensibilité anglo-saxonne. Certes l’Espagne et l’Italie sont des partenaires tentants et légitimes, mais ils n’offrent pas le même poids que l’Allemagne en termes économique comme technologique. Il en ressort qu’à défaut pour la France de jouer cavalier seul, une gageure dans un monde en crise, il est préférable de consolider les relations déjà existantes avec l’Allemagne plutôt que de risquer le grand large.

    Alors, Germania et Marianne de nouveau main dans la main ?


    [1] Faisant suite aux accords de Paris du 23 octobre 1954, dont l’une des conséquences est aussi la souveraineté retrouvée du pays.

    [2] Relaté dans cet article de Germania Magazine.

    [3] Il serait aussi intéressant de relever que pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’Allemagne s’opposa frontalement et officiellement aux desseins Américains.

    [4] Lire à ce sujet cet article particulièrement révélateur sur le site ladepeche.fr où il devient de plus en plus ardu de lénifier les actions mesquines de chaque partie. Et pour avoir un aperçu plus global des problèmes soulevés, se plonger dans ce billet de bakchich.info relativement exhaustif.

    [5] Episode relaté dans cet article du JDD.fr.

    [6] Ils opéreront dans le cadre de la brigade franco-allemande composée d’environ 5 000 soldats, faisant elle-même partie de l’Eurocorps.

    jeudi 3 décembre 2009

    Poutine répond du tac au tac sur les TIC

    Chers visiteurs,

    Voici un an, Vladimir Poutine alors Président de la Fédération de Russie et invité au forum de Davos, avait répondu de façon très directe à Michael Dell, le dirigeant du groupe informatique éponyme.

    Si les propos étaient moins tranchés dans la version originale que celle issue de la traduction anglaise, il n'en demeure pas moins que le devenu Premier Ministre Russe est particulièrement chatouilleux lorsque l'on parle d'assistance à son pays. Une irritation que l'on peut agréer tant les qualités intellectuelles ne sont pas une source tarie en Russie, fruit de l'héritage soviétique en matière d'éducation scolaire et universitaire. Et où il apparait qu'il convient préférentiellement de solliciter une collaboration / coopération plutôt que de se faire médiatiquement le distributeur de soupe populaire à un pays ne manquant ni de bras ni de têtes.

    Cette saillie poutinienne ne saurait en revanche occulter les efforts fournis par les autorités Russes pour faire fructifier à leur pays d'infrastructures modernes. J'en avais par ailleurs traité lors d'un article sur le projet SKIF paru en début d'année sur Agoravox. Un exemple parmi d'autres démontrant que si la Russie a beaucoup perdu de distance dans les années 90, elle n'entend pas faire du surplace en ce début de XXIème siècle...


    Article paru sur Agoravox le 30 janvier 2009

    Le Premier Ministre de la Russie, Vladimir Poutine, est un adepte de la virilité corporelle exposée médiatiquement comme du langage musclé. Principalement destinées au public Russe, ces démonstrations restent peu perceptibles en général lors des mondanités internationales tant l’homme a rapidement appris à présenter une autre faconde plus encline à respecter la façade honorable (voire hypocrite) de tels rendez-vous. Or, durant le symposium annuel de Davos en Suisse se déroulant actuellement du 28 janvier au 1er février, l’homme a tenu à faire respecter son pays par une saillie particulièrement incisive lors d’une séance de questions faisant suite à son intervention à la tribune.

    C’est lors de la demande par Michael Dell, le responsable de la célèbre marque en matériel informatique éponyme, quant à ce que l’on pouvait faire pour aider la Russie dans le domaine des technologies de l’information (souvent désignées par l’acronyme TIC) que le Premier Ministre Russe partit rapidement sur une réponse cinglante, donnant en français la teneur suivante : « Nous n’avons pas besoin d’aide. Nous ne sommes pas des invalides. Nous n’avons pas des capacités mentales limitées » [1]. La suite étant du même acabit puisqu’il vanta la haute qualification scientifique des programmeurs nationaux reconnus comme faisant partie du gratin mondial, insistant sur la complexité du génie logiciel. Perfide allusion au fait qu’assembler des PC, le cœur de métier de Dell, ne serait en rien comparable à créer des programmes. Michael Dell dut se sentir bien seul dans son siège et heureux de laisser la place à Carlos Ghosn pour la question suivante.
     
    Le reste de la réponse porta sur le programme Russie Electronique qui continue d’être mené pour que les infrastructures en matière de TIC progressent sur tout le territoire Russe d’où une volonté d’équiper chaque école Russe en connexion Internet et qu’il faut dans le même temps améliorer les partenariats internationaux dans cette sphère d’activité.

    Il ne faudrait pas pour autant réduire l’intervention à Davos de Vladimir Poutine à cette seule réplique, puisqu’ayant aussi évoqué la mauvaise gestion de la crise mondiale, les errements du libéralisme effréné, la dissociation finance et économie réelle (un thème récurrent dans sa bouche depuis de nombreux mois) tout en remettant en cause la suprématie de la devise dollar comme monnaie d’échange internationale (insistant sur la création d’un panier de devises de réserve). Il se fit en outre le chantre d’une démilitarisation du globe en exposant que la course aux armements ne serait en rien une réponse aux défis contemporains [2] et que l’unilatéralisme des Etats-Unis n’a pour le moment amené en rien une amélioration du contexte international [3]. J’invite les anglophones (malheureusement aucune version française disponible) à se rendre sur le site de Russia Today pour prendre connaissance du texte de son intervention, ici.
     
    Le passage en question (traduction en Anglais) :




    [1] Cette phrase étant sujette à caution pour ma part bien qu’aperçue à quelques reprises dans la presse Anglo-saxonne comme Française et traduite comme « We don’t have limited mental capacity / Nous n’avons pas des capacités mentales limitées ». Or à titre personnel je n’ai pu particulièrement bien saisir le passage en question dans la version disponible en anglais, masqué justement par la traduction en léger différé, ce qui fait que je ne suis pas tout à fait convaincu de la bonne retranscription du message. D’autant plus qu’en écoutant cette version originale je suis bien plus dubitatif sur la portée de cette traduction à la volée car ne reconnaissant pas tous les propos tenus en anglais à ce moment précis. Au final, cela n’enlève rien au fond du propos de Vladimir Poutine qui consista à défendre la capacité de son pays à se doter d’infrastructures technologiques modernes et contribuera peut-être même à ajouter de l’épaisseur à la légende du personnage.

    [2] A ce titre, le déploiement des missiles Iskander-M censés répondre au fameux « bouclier » anti-missile Américain a été suspendu en guise de bonne volonté et d’ouverture avec la nouvelle administration de la Maison Blanche. Dans la foulée, le Premier Ministre Polonais, Donald Tusk, a salué un geste positif tout en lançant une invitation à son homologue Russe, soulagement d’autant plus aisé à appréhender que son pays serait placé en première ligne des cibles potentielles en accueillant d’Amérique les fameux missiles intercepteurs. Cf article de RIA Novosti en date du 29/01/2009.

    [3] "Nous voudrions que les questions clés de la vie internationale ne soient pas résolues sur la base de décisions unilatérales adoptées dans un centre unique, mais que soit rétabli le mécanisme de consensus collectif dans le cadre du droit international", a dit le premier ministre russe. Source : RIA Novosti