vendredi 28 août 2009

6 bougies pour la convention du e-commerce


Déjà la 6ème édition pour ce grand messe du commerce électronique. On peut se féliciter de la régularité d'une telle manifestation qui atteste d'une reconnaissance établie du secteur d'activité.

Rendez-vous sur le site officiel qui a le bon goût d'être ergonomique et exhaustif: des qualités qui restent encore trop peu répandues au vu de certains sites informatifs tombant dans le fatras de données et/ou au cheminement virtuel rendu déplaisant par une architecture mal pensée.

Souhaitons que l'évènement qui se déroulera du 29 septembre au 1er octobre permettra de nouer de fructueuses collaborations et participera à l'extension des opportunités d'affaires alors que le marasme économique frappe aux portes.

vendredi 21 août 2009

La preuve par l'image

Chers visiteurs,

Le texte ci-après est le compte-rendu d'une visite d'une exposition s'étant tenue dans la banlieue de Strasbourg voici bientôt un an. Le temps ne change rien à l'affaire ni au fond du problème pour peu que vous ayez l'esprit critique vis à vis du déferlement quotidien d'images (animées ou non) s'imposant à vous.

Où l'on découvre que l'on n'a aucunement attendu l'ère des retouches numériques pour bénéficier de trucages et falsifications particulièrement saisissants.

Il semblerait malheureusement que cette exposition se soit surtout cantonnée à l'espace germanophone, ce qui est fâcheux au vu de la qualité d'une telle démonstration. Cependant, il y a une certaine logique en ce sens que l'Allemagne eut le "privilège" d'avoir été le laboratoire de techniques de propagande des totalitarismes du XXème siècle. Du reste et dans la droite ligne de cet visée didactique, la démocratie elle-même au sein de cette visite n'échappe pas aux critiques plus ou moins acerbes en fonction du sujet traité.


Article paru sur Agoravox le 1er octobre 2008

Ou plutôt toute la quintessence de son subjectivisme. Et c’est là tout l’intérêt d’une exposition se déroulant en ce moment même à deux pas de Strasbourg, dans la localité de Schiltigheim pour être plus précis, sous le titre bilingue d’Images mensongères/Bilder die lügen.
De A à Z, chaque lettre de l’alphabet latin est employée tel un parcours initiatique pour mettre à bas nombre de supercheries qui jalonnèrent la falsification des images fixes puis animées depuis un siècle.

De prime abord, l’on pourrait reprocher à l’exposition une vision germano-centrée trop prégnante, seulement ce serait faire un bien mauvais procès à une telle démonstration puisqu’elle offre surtout l’opportunité de découvrir que du totalitarisme à la démocratie actuelle, l’Allemagne n’a jamais été à l’abri de la manipulation informationnelle. Et pour corroborer cet intérêt, le statut particulier de ce pays durant la guerre froide invite les visiteurs à un fascinant voyage des deux côtés du mur.

On pourrait aussi s’étonner que la fameuse photographie de Lénine prise en 1920 devant le théâtre Bolchoï de Moscou et retouchée ultérieurement par Staline pour y faire disparaître Trotski puis Kamenev [1] côtoie le bourrelet dissimulé par Paris-Match du président français lors de sa virée à Wolfeboro lors de l’été 2007 et être tenté de conclure en évoquant une approche par trop légère du sujet. Il n’en est rien. Car si effectivement les conséquences historiques ne sauraient être rapprochées, l’intention de falsifier une vérité, aussi anecdotique soit-elle, est identique et pose le souci premier de la véracité de la preuve iconographique.

Toute la méthodologie du dévoiement de l’image est décortiquée : retouche ; montage de séquences dans un ordre précis ; découpage de plans ; création de faux ; interprétation orientée, etc.
Entre les reportages bidons de Michael Born [2], les cadrages circonstanciés de scènes photographiées durant la guerre du Golfe (impressionnant à ce titre où à partir d’une image unique on peut faire accroire à de la brutalité ou de l’humanité rien que par un effet de découpe ciblée) et un petit passage par un numéro d’illusion d’optique, le visiteur lambda pourra difficilement dès son retour regarder son journal télévisé préféré sans rehausser sa perception critique.

Remarquable par sa qualité, l’exposition fait aussi la part belle à l’interactivité. Ainsi très didactique est cette borne écran où après avoir sélectionné une des quatre scènes existantes, le visiteur est amené à la « décorer » en y plaçant divers personnages en activité dans des situations pré-enregistrée : le résultat est on ne peut plus bluffant et l’on saisit très rapidement quel est le dessein d’une telle démonstration d’incrustation numérique…

Et pour certains, ce sera l’occasion de revisiter de grands moments de l’Histoire immortalisés par les photographes du moment : on savait déjà que la fameuse photographie du drapeau soviétique flottant sur les ruines du Bundestag était une composition post-victoire, dans la même veine la non moins fameuse photographie qu’est celle de soldats Américains érigeant leur drapeau national sur l’île d’Iwo Jima conquise de haute lutte n’est pas la première qui aurait dû normalement prévaloir. Trop conventionnelle, elle fit place au cliché d’un second photographe (Joe Rosenthal) que nous connaissons de nos jours et autrement plus chargé en émotion. Ce faisant il passe injustement sous silence l’action de ceux qui les premiers et au péril de leur vie gravirent le volcan Suribachi.

Ce qu’il y a de troublant dans ce cheminement à travers la galerie c’est une forme d’intemporalité de la manipulation de l’image et de son usage comme arme de propagande. Et aussi d’en arriver au constat que les démocraties ne sont aucunement à l’abri de telles dérives, les populations étant souvent bien trop confiantes en leur propre vérité officielle. D’ailleurs, il est subrepticement suggéré à un moment de cette déambulation que l’autocensure revêt aussi un aspect subtil de la désinformation.

Impossible de résumer en un article tout ce qui constitue la richesse de cette démonstration qui poursuivra sa route itinérante jusqu’au Lichtenstein, j’ajouterai seulement pour clore mon témoignage que de telles expositions sont utiles pour relativiser le flot d’informations visuelles s’imposant à nous quotidiennement, et avec encore plus d’acuité à l’ère du tout numérique. Dès lors, je ne puis que vous recommander chaudement d’y opérer une visite si d’aventure vous deviez vous trouver non loin de Strasbourg.

Exposition à l’hôtel de ville de Schiltigheim, 110 route de Bischwiller, jusqu’au 19 octobre 2008. Pour plus d’informations : 03 88 83 84 80.
Ligne 4 en venant de Strasbourg, sortie place de Haguenau/Institutions Européens par l’A4/A35.

[1] Si le sujet vous intéresse, je puis vous recommander cette analyse parue sur le site d’Arte.
[2] Il sera convaincu par le Tribunal de Coblence de falsification sur plusieurs reportages vendus, et se verra infliger une peine de quatre années de prison.

samedi 15 août 2009

Na zapad pour investisseurs Russes

Le 14 août, la rencontre entre Angela Merkel et Dmitri Medvedev à Sotchi fut l'occasion de redonner un souffle roboratif aux relations germano-russes et de l'axer vers un soutien aux partenariats stratégiques.

En ligne de mire, les nouvelles technologies présentées par les autorités Russes comme un moyen de diversifier leurs investissements et surtout éviter à moyen terme de ne dépendre que de la manne des ressources fossiles. Ainsi a été ébauchée la possibilité d'une entrée au sein du capital d'Infineon Technologies, le fondeur Allemand de semi-conducteurs dans le domaine de l'électronique embarquée pour automobiles, avec des percées dans d'autres domaines comme les puces sécurisant les documents administratifs. Le tout par l'entremise de JSFC Sistema ayant déjà une expérience dans les investissements liés aux télécommunications, notamment via la récente acquisition de Comstar / КОМСТАР – ОТС.

Dans la droite ligne des velléités régionales, l'Etat Fédéral Allemand semble aussi chercher de plus en plus l'appui financier ou la collaboration technique de partenaires Russes pour l'aider à surmonter l'actuelle crise économique.

Toujours dans le registre des métiers de haute technologie, signalons la pré-annnonce étonnante liée au MAKS 2009 (salon international dédié aux innovations dans le domaine aérien et spatial du 18 au 23 août) quant à l'émergence d'un aérostat à propulsion thermique : le Locomosky. Certes ce n'est pas la première fois qu'un dirigeable nouvelle génération est annoncée, cependant il est plaisant de constater que des efforts continuent d'être fournis pour l'élaboration et la mise en circulation de moyens de transport de fret et passagers dans le cadre des plus légers que l'air. Pour plus d'informations, veuillez vous rendre sur le site officiel de Locomosky / ЛокомоСкай.

dimanche 9 août 2009

Sites communautaires sous pression... Russe?


Article paru sur Agoravox le 10 août 2009

L’annonce se répand comme une traînée de poudre sur le net : la Russie (sous-entendu son gouvernement) serait derrière les dysfonctionnements récents de Twitter et de Facebook.
Bigre ! La raison d’un tel déchaînement de violence numérique ? La volonté de réduire au silence un certain Cyxymu, blogueur sympathisant Géorgien dont la page Livejournal semblerait aussi avoir fait les frais de cette attaque ciblée. Une culpabilité évidente... vraiment ?

Si effectivement la date (le 6 août) des faits rapportés correspondrait pratiquement au premier anniversaire du conflit russo-géorgien (le 7 août) il convient de rester mesuré quant au doigt accusateur tendu, non seulement vers l’origine territoriale supposée comme vers l’implication de structures officielles.
Cyxymu n’hésitant pas en effet à désigner du doigt les autorités Russes et leurs services secrets sur sa page Twitter.

Lâcher téléguidé de cyberpirates Russes ?

Deux précisions à la suite d’une telle accusation : d’une part nous ne connaissons pas l’origine véritable de cette cyberattaque (elle n’est déduite que par l’identité du blogueur et son support au pouvoir Géorgien), sachant qu’il est de plus en plus fréquent de par le monde d’employer des machines zombies pour provoquer la surcharge d’un serveur (DDoS), que de ce fait et à ce jour rien ne prouve que tout provienne du territoire Russe, assertion qui pour être vérifiée nécessiterait une enquête longue et minutieuse pour remonter à la source ; au sein de la version numérique de The Guardian, ledit Cyxymu énonce "Maybe it was carried out by ordinary hackers but I’m certain the order came from the Russian government," said the blogger, whose monicker is a latinised version of the Russian spelling of Sukhumi, the capital of Georgia’s other breakaway republic, Abkhazia. He added : "An attack on such a scale that affected three worldwide services with numerous servers could only be organised by someone with huge resources.", le souci c’est que le gouvernement Russe, tout aussi attentif que d’autres Etats à la cyberstratégie, n’est pas un point de passage obligé pour mettre à bas un site, le blogueur victime admettant lui même que des hacktivistes ordinaires pourraient très bien être à l’origine d’une telle action.

J’ajouterais qu’il est aussi étonnant qu’une telle attaque, soi-disant grande nécessiteuse en ressources selon l’intéressé, soit orientée de sorte à faire taire UN blogueur en mettant hors service des sites communautaires où les voix les plus diverses s’y font entendre. Bref, ce serait intimer le silence aussi bien à ce blogueur qu’à ceux qui lui seraient défavorables : quelle dépense d’énergie de la part d’instances gouvernementales pour un objectif si secondaire pour ne pas dire insignifiant ! D’autant que la publicité lui étant désormais offerte apporte à ses pages personnelles désormais plus de visibilité qu’auparavant.

L’on peut aussi se permettre de conjecturer en aval (Cyxymu était-il véritablement la cible des attaques ou n’a-t-il été qu’une victime parmi tant d’autres ?) comme en amont (quel était le mobile réel des cyberpirates : politique, technique, financier ?).

Enfin je vous encourage à vous, anglophones, à lire ce très instructif article paru sur CNET.com démontrant qu’il est tout à fait possible de louer des botnets à des fins rarement publicisées. Et comme le précise Elinor Mills au sein d’un article didactique provenant du même site, Unless someone takes credit, it’s nearly impossible to find out who is responsible for a DoS attack. Often attackers will send traffic through proxies so there is no direct link to the source, even if investigators can get a hold of a bot used in an attack to dissect the code. Bots also may be located in another country. Ce qui en français signifie que tracer l’origine exacte d’une cyberattaque est quasi-impossible pour peu que l’auteur ait opéré avec un minimum de professionnalisme.

Nécromancie numérique

Fort instructif en revanche et sans conteste révélateur est la puissance de frappe dont sont capables les nécromants du numérique : ces derniers ayant l’assise suffisante pour mobiliser une armée de machines prêtes à frapper simultanément ou en série des objectifs précis. Au point de paralyser ou perturber les serveurs cibles. Et ce y compris les sites les plus en vue, comprendre les réseaux communautaires. Il y a là un réel défi pour les sociétés oeuvrant sur ce créneau de ne pas être confronté trop souvent aux conséquences de telles cyberattaques.

Défions-nous toutefois des coupables idéals, y compris dans la cybersphère...



PS : le présent article publié préalablement sur ce blog a été retouché en divers point ainsi qu'augmenté aux fins de publication sur Agoravox. La version lisible étant par conséquent la seconde version.

mercredi 5 août 2009

Passe d'armes entre conseils d'administration


Je m'étais déjà étendu par le passé sur les atermoiements de Yahoo quant à sa stratégie chaotique pour pallier son déclin graduel ainsi que le risque imminent d'être isolé de toute évolution majeure au sein de l'univers du net en particulier et des TIC en général. Sans oublier de notifier que le cours de son action avait critiquement dévissé depuis la décision de la firme de Redmond de se retirer des négociations.

Il fallait bien se douter que le contexte actuel sous tension allait crisper encore plus les rivalités en période de crise systémique. Et là, nous pouvons même parler de tremblement de terre car pendant que Yahoo se décide enfin (!) à se marier avec Microsoft, c'est Apple qui vient de demander à un de ses administrateurs de quitter la table, un certain Eric Schmidt, PDG de... Google! Un mariage sans amour pour un divorce plein de rancoeur serait-on tenter de résumer.

La raison profonde de cet acte particulièrement belliqueux tient au principe que la présence à un conseil d'administration (board of directors en Américain) est moins importante par le vote que par la prise de connaissance de décisions stratégiques essentielles dévoilées lors de ces assemblées, aux fins de rasséréner les investisseurs quant à leur engagement. Données très sensibles en situation de concurrence exacerbée entre les deux sociétés Américaines. 

Cependant l'affaire est loin d'être close : un article de ZDnet laisserait à penser qu'un autre personnage, Arthur Levinson, co-directeur d'Apple serait appelé par un parallélisme des actes à quitter le conseil d'administration de... Google!

Le monde des TIC n'a pas fini de sourdre de tels mouvements...