vendredi 31 juillet 2009

Une bicéphalie réaffirmée sur terre... et sous mer

À l'heure de nombreux journalistes occidentaux se pâment devant le reset des relations Américano-Russes sur lequel j'ai commencé à m'étendre lors du dernier article en date paru sur Agoravox, force est de constater que certains signes envoyés depuis le Kremlin ne laissent pas de donner à penser que l'ouverture vers l'Ouest ne serait qu'une option parmi d'autres.

Pour preuve, cette dépêche fort laconique de RIA Novosti plus révélatrice que sa longueur ne le donnerait à penser : 

Gazprom n'exclut pas le partenariat avec des sociétés étrangères pour développer un projet conjoint sur le plateau continental de l'Ouest du Kamtchatka, a annoncé aux journalistes le vice-président du monopole Alexandre Ananenkov. 

"Gazprom n'a jamais nié la possibilité de coopérer avec des partenaires chinois, japonais ou autres", a-t-il déclaré.


Bien entendu il est difficile d'éluder la réalité que la Chine comme le Japon sont les pays étrangers les plus proches de cette zone maritime (n'oublions pas que nous parlons du plateau continental), seulement un coup d'oeil rapide sur une carte dévoile de suite le curieux fait qu'un voisin non moins tout aussi proche n'ait pas été cité, ou pire aurait été rangé dans la dénomination autres, peu reluisante pour une puissance de premier ordre. Inutile de vous préciser de quel Etat il s'agit. 

Simple détail? Oui... s'ajoutant à tant d'autres simples détails.

samedi 25 juillet 2009

Année croisée franco-russe 2010


Pour prendre connaissance du programme de l'année 2010 où de nombreuses manifestations culturelles réciproques sont prévues, veuillez vous rendre ICI.

Espérons surtout que cette célébration qui se veut prometteuse ne s'enlisera pas dans le verbiage et le copinage et que la France évitera de se reposer sur son simple patrimoine culturel en oubliant que les échanges franco-russes sont aussi l'apanage de tous les acteurs intéressés à leur développement dans les secteurs les plus divers (y comrpis les TIC auxquels le pouvoir Russe accorde une attention soutenue), et non uniquement sur les projets de membres bien en cour. À bon entendeur.

mercredi 22 juillet 2009

L’Union est morte, vive la Confédération !

Chers visiteurs,

Le présent article paru sur Agoravox fut une évolution logique de mes observations critiques envers l'Union Européenne. Il est d'ailleurs assez triste, quoique prévisible soyons honnête, de constater que les déficiences relatées dans l'article n'ont en aucune manière été résorbées. Pis, l'Irlande a été invitée à revoter le Traité de Lisbonne précédemment rejeté le 2 octobre prochain et le moteur franco-allemand n'a toujours pas repris son régime de croisière. Il est par ailleurs assez symptomatique de relever que les concessions octroyées aux fins de respecter les valeurs jugées essentielles par les citoyens Irlandais justifient paradoxalement la nécessité de mettre à bas l'Union Européenne pour donner naissance à un régime de co-gouvernance moins monolithique et plus respectueux de la diversité du vieux continent en lieu et place du présent bricolage sempiternel qui dévisse vers le tragico-comique. Régime qui bénéficierait en outre d'un appui populaire faisant de plus en plus défaut à un processus visant désormais à se passer de l'assentiment des populations qui le lui rendent bien  (dois-je rappeler les taux d'abstention records au sein de la majorité des pays membres lors des dernières législatives Européennes?).

Pour l'heure nous en sommes loin, et il est difficilement plausible d'éluder l'hypothèse que la situation ira en s'aggravant jusqu'à une éventuelle déflagration si l'on s'évertue à persister dans l'erreur. Quant à ceux qui avancent le fait que la monnaie Euro protège les Etats-membres de la crise financière mondiale, j'aimerais qu'ils m'expliquent singulièrement pourquoi les Etats-Unis, la Chine, l'Inde pour ne citer que les plus en vue subissent un recul du PIB moindre que la zone Euro? De plus, tous les indicateurs énoncent une hausse critique du chômage ainsi que d'un dépassement généralisé, 13 Etats sur 16!, du déficit public (>3% du PIB pour rappel) rompant ainsi avec l'orthodoxie des critères de Maastricht au sein de ladite zone.

Alors oui il y aura une sortie de crise tôt ou tard, le souci c'est que pour l'heure on s'achemine vers un entonnoir où seuls une minorité gagnera le statut d'élu rescapé de la tourmente, le tout au prix d'une paupérisation généralisée des sociétés Européennes.
Petite précision, j'ai modifié le lien menant à l'entretien avec le dissident Vladimir Bukovski, ce dernier n'étant hélas plus disponible en français alors qu'il le demeure en d'autres langues.

Article paru sur Agoravox le 11 septembre 2008

« L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l’opposition séculaire de la France et de l’Allemagne soit éliminée : l’action entreprise doit toucher au premier chef la France et l’Allemagne ». Tel était le discours de Robert Schuman, homme politique français considéré comme un des pères de l’Europe actuelle en 1950. Près de soixante ans plus tard, que reste-t-il de cette volonté ?

Une accélération incontrôlée

Initié le 18 avril 1951 avec la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), le projet dans un premier temps apporta prospérité économique et rapprocha les peuples brisés après l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale, considérée parfois à juste titre comme une guerre civile européenne. La CED (Communauté européenne de la défense) échoua cependant en 1954, par un trop grand excès d’optimisme ainsi que d’empressement mal calculé, du fait d’une détente avec le bloc communiste inhérente à la mort de Staline ainsi que d’une opposition farouche au réarmement allemand majoritaire en France.
Mutatis mutandis, la construction de l’Europe unie sous une même bannière se poursuivit principalement de façon commerciale [1] avec l’avènement de la Communauté économique européenne, CEE en 1957 puis de la CE, Communauté européenne en 1992.

Cette longue marche, que l’on qualifie effectivement de construction pour bien marquer le caractère progressif et inachevé du processus, s’est emballée cependant avec des élargissements géographiques de plus en plus conséquents par leur rapidité et extension. Ainsi des six membres de départ, l’adhésion de nouveaux Etats se fit de manière homéopathique : Irlande, Royaume-Uni, Danemark en 1973 ; Grèce en 1981 ; Espagne et Portugal en 1986 ; Finlande, Suède et Autriche en 1995. En 2004, fut opéré le « grand bond à l’Est » en absorbant l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Slovénie ainsi que deux îles méditerranéennes que sont Chypre et Malte. A peine trois ans plus tard, ce furent la Bulgarie et la Roumanie. Actuellement est en train d’être débattu pour 2009 la question d’une adhésion de l’Ukraine, 2e plus grand pays européen après la Russie. Et n’oublions pas la Turquie, éternelle candidate à l’entrée dans l’Union…

De cet emballement, il en ressort une curieuse impression de fuite en avant. Economiquement, les instruments financiers que sont les fonds structurels (FSE, FEOGA, etc.) furent mis à contribution pour pallier le déséquilibre économique criant des pays de l’Est vis-à-vis de leurs voisins de l’Ouest. Malgré ceux-ci, le gouffre restait tout de même énorme avec le reste de l’Union européenne (exemple : en 2004, le PIB de la Pologne, pays le plus en avance économiquement après les aides, était établi à 12 999 $/habitant alors que le Portugal, pays le plus « pauvre » de l’UE en était à 19 828 $/habitant la même année [2]). Ce n’était en définitive pas l’intérêt économique qui avait primé sur leur entrée, mais plutôt une forme de gloutonnerie territoriale. Il a été avancé à l’époque que l’on ne pouvait laisser les pays de l’Est fraîchement convertis à l’économie de marché sur le bas-côté de la route, ce à quoi on ne peut que souscrire, mais pourquoi en revanche ne pas en être resté à un partenariat tout en assistant une maturité plus conséquente sur ce plan ? D’autant que, dès 2004, plusieurs pays dont la France annoncèrent de façon relativement hypocrite des mesures restrictives à l’encontre des travailleurs des PECO (Pays d’Europe centrale et orientale). En outre, dernier point, les fondations juridiques craquaient déjà de partout et le Traité de Nice avait été accouché dans la douleur et l’on savait pertinemment que l’on ne pouvait aller plus loin sans une réforme profonde des institutions. Comment pouvait-on sérieusement croire qu’il aurait été plus facile d’effectuer cette réforme à 25, puis 27, plutôt qu’à 15 ?

La désunion européenne

Il s’est avéré par la suite que cette hypertrophie commença à amplifier les désaccords entre Etats-membres quant aux crises auxquelles devaient faire face l’Union européenne. Certes, il existait un haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune depuis le Traité de Maastricht (1992), mais l’ensemble du processus reposait et encore de nos jours sur une coopération intergouvernementale sanctionnée par l’obligation d’un consensus ne favorisant à 27 en rien l’unité et accouchant le plus souvent de décisions diplomatiquement alambiquées masquant l’impuissance commune.

Tordons le coup par ailleurs à certaines idées reçues comme quoi seule l’Union européenne a permis la création de projets d’envergure comme Airbus, l’Agence spatiale européenne ou l’Espace Schengen. Non, ces remarquables avancées européennes ne proviennent en rien justement des institutions et ont au contraire toujours été le fait de pays sensibilisés et actifs quant à avancer rapidement et ensemble dans un domaine précis tout en s’entendant sur les moyens mis en œuvre.
Bien entendu, l’on pourra m’objecter que des projets ambitieux existent et sont supportés par l’Union européenne. Oui, mais ceux-ci n’auraient-ils pas été encore plus rapidement mis en œuvre et généré moins de gâchis que par une coopération plus restreinte et volontariste ? Je pense en particulier à l’exemple GALILEO qui supporte déjà un retard conséquent par suite de désaccords récurrents [3] et ne sera effectif qu’en 2013, là où le GPS Américain est déjà actif, le GLONASS Russe déjà déployé et que le COMPASS Chinois est en phase d’expérimentation. A l’heure où l’on ne cesse de louer la position dominante économique de ce grand ensemble qu’est l’Union européenne, admettons objectivement qu’elle n’a pas su tirer réellement profit de cette situation favorable.

De plus, chaque fois que l’Europe fut confrontée à des bouleversements politiques majeurs sur le globe, il fut malheureusement aisé de constater au mieux son impuissance (crise Yougoslave) si ce n’est sa désunion sur l’attitude commune à adopter (intervention américaine de 2003 en Irak) [4]. Le récent conflit du Caucase mettant aux prises la Russie et la Géorgie illustra une fois encore toute la difficulté de s’entendre lors du sommet européen du 1er septembre : les camps furent tellement tranchés qu’il en résulta une déclaration hybride d’admonestation sans sanctions. Sans omettre de signaler que l’Accord de Partenariat et Coopération avec les Russes est toujours gelé depuis fin 2007 alors qu’il aurait dû être renouvelé à cette date, néanmoins du fait du veto polonais puis lituanien, aucune entente ne put avoir lieu. Au grand dam à la fois des autorités russes comme des autorités françaises, allemandes et italiennes qui auraient souhaité un volet énergétique [5].

Le moteur franco-allemand grippé

Le 22 janvier 1963 fut une date historique puisqu’elle permit de réconcilier officiellement Allemands et Français par la volonté de leurs chefs d’Etat respectifs qu’étaient Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Certes, il y avait des arrière-pensées de chaque côté lors de l’élaboration de cet accord (appelé Traité de l’Elysée), mais aussi cependant une réelle volonté de faire progresser l’entente réciproque et de vider la querelle des frontières.

Cahin-caha selon les époques, le moteur fut cependant respecté dans les grandes lignes tant il apportait sécurité et prospérité aux deux pays (chacun devint le premier partenaire commercial de l’autre). Même Jacques Chirac et Gerhard Schröder qui ne s’appréciaient guère au début affichèrent peu à peu une réelle complicité, au point même de laisser, lors d’un sommet diplomatique européen, le président français expliquer le point de vue allemand (Gerhard Schröder était retenu à Berlin au même moment pour défendre un projet d’importance devant le Bundestag).

Or, depuis l’avènement du nouveau président français, les voyants ont changé de couleur, permutant du vert au rouge. Bien que les diplomates s’emploient autant que possible à cacher l’irritation de la chancelière allemande ou la volonté de distanciation du président pour ce lien d’amitié, les observateurs ne se laissent pas duper : EADS ou l’Union pour la Méditerranée aiguisèrent bien des ressentiments par la mauvaise gestion des dossiers. Les discours lénifiants n’y feront rien, le moteur franco-allemand a calé…

L’heure d’une Confédération des Etats européens ?

Les référendums de 2005 (France, Pays-Bas) puis de 2008 (Irlande) ont démontré une réelle défiance des Européens vis-à-vis des orientations bruxelloises. Il est aussi vrai que les dénégations du résultat de ces votes populaires corrélées à l’absence de vision stratégique claire pour la suite des événements contribuent à élargir davantage (si ce n’était possible) le fossé entre les représentants européens et les peuples des pays fondateurs.

Du reste, lorsqu’on a l’impudence de parler de mini traité simplifié [6] en désignant un ensemble indigeste de mesures n’étant qu’une émiettement de l’ancien traité établissant une constitution pour l’Europe, il devient patent que le but n’est plus de faire une Europe des citoyens, mais un ensemble accessible uniquement pour happy few. En ce sens, la technocratie étouffe à petit feu l’idée européenne et la décrédibilisera pour un long moment si rien n’est fait à temps. Des critiques de plus en plus acerbes n’hésitent plus à évoquer l’Union européenne comme une néo-Union soviétique [7].

A moins que… A moins qu’on ne se décide à repartir sur des bases plus saines, avec un ensemble géographique plus modeste, mais plus gérable. Et des relations entre pays n’étant plus régies par des moyens tellement coercitifs qu’ils en deviennent contre-productifs, mais sur la base d’entente solidaire et de grands axes majeurs communs que sont la justice, l’armée et l’économie. Moins d’ambition gargantuesque et plus de pragmatisme.

Des erreurs ont été faites durant la croissance de l’Union européenne, et certains pays ont prouvé qu’ils n’avaient manifestement aucune intention d’œuvrer dans un rapprochement mutuel, mais simplement de favoriser une zone de libre-échange ainsi que d’empêcher l’émergence d’une Europe puissance. En outre, il a été fait fi trop rapidement des peuples dont l’absence d’adhésion empêche désormais toute crédibilité et survie de l’entité présente.

Utopique cette Confédération des Etats européens ? Peut-être moins que cette volonté de persévérer à vouloir rester sur un radeau de la méduse au milieu d’un marais où tous s’échinent à ramer dans une direction différente. Les temps changent et l’ensemble actuel prouve son manque de souplesse comme son dédain pour les citoyens la composant. Un groupe d’Etats avec des meneurs décidés, une assise populaire réelle et un mécanisme de relations assoupli a toutes les chances de donner naissance à une véritable force européenne d’avenir.
Un tel schéma repose aussi sur un moteur franco-allemand remis en route et dopé par une volonté de promouvoir un modèle civilisationnel efficient.

Le gigantisme actuel loin de présenter un quelconque intérêt, empoisonne non seulement la réforme impérative des institutions, mais aussi les relations diplomatiques avec des pays comme la Turquie ou l’Ukraine à qui l’on ne sait quoi exactement proposer en les enfermant dans une antichambre tapissée de formules toutes byzantines en guise de réponses. Avant que Saturne ne dévore ses enfants, il conviendrait peut-être de tuer le père…

[1] L’exception étant EURATOM, ou Communauté européenne de l’énergie atomique instituée en 1957.
[2] Sources : World Perspective/Perspective Monde.
[3] Vous pouvez lire mon article consacré à ce sujet paru sur Agoravox.
[4] L’on se souvient de quelques échanges grinçants, tel celui de Donald Rumsfeld alors secrétaire à la Défense des Etats-Unis évoquant la « vieille Europe » (France, Allemagne) récalcitrante à suivre son pays pour une intervention militaire en Irak qu’il opposait à une « jeune Europe », celle des pays de l’Est, prompte à emboîter le pas des GIs américains. Le président français du moment, Jacques Chirac n’ayant pas hésité à sortir une formule cinglante « certains pays ont perdu une bonne occasion de se taire » en direction de ces mêmes nouveaux entrants dans l’Union européenne loués par le haut fonctionnaire américain.
[5] Discours de Mme Angela Merkel, chancelière allemande, le 15/04/2008 à Strasbourg : « Un rôle important revient aux problèmes de la sécurité énergétique dans la coopération, et c’est justement sur cette base que nous discuterons avec la Russie dans le but de signer un nouvel accord de partenariat et de coopération ».
[6] Pour vous permettre de juger par vous-mêmes, veuillez vous rendre sur le site d’Europa.
[7] Analyse de Vladimir Bukovsky sur la pertinence d’un tel rapprochement.

vendredi 17 juillet 2009

Numéro spécial L'Histoire juillet/août 2009


A signaler un numéro spécial juillet/août du magazine L'Histoire consacré à la Russie.

On appréciera qu'en page de couverture il soit fait mention de Vladimir Poutine en lieu et place de Dmitri Medvedev. Je n'ose croire que cela soit tout à fait anodin, surtout en l'accolant à Ivan le Terrible (Ivan IV Grand Prince de Moscou et Premier Tsar de Russie).  A ce titre comment ne pas souligner la difficulté pour nombre de journalistes occidentaux de refuser de comprendre le caractère si atypique du pouvoir Russe, et de la complémentarité actuelle de l''exécutif. En France, tellement habitués à ce que le Premier Ministre ne soit qu'un simple superintendant du Président à la personnalité aussi épaisse qu'une feuille de cigarette, les journalistes demeurent incapables de percevoir toute la spécificité du gouvernement à la Russe. Et c'est éminemment regrettable...
Je vous recommande le dossier extrêmement édifiant de Nicolas Werth sur la révolution agricole sous le communisme, et du pourquoi de son fiasco. Et partant de là, du regret que les réformes de Stolypine n'aient pu produire leur plein effet, coupées dans leur élan par le souffle de la Première Guerre Mondiale puis des conséquences de la révolution d'octobre 1917...

Je vous donne aussi rendez-vous lors de mon prochain article sur Agoravox où je reviendrai sur la tentative de Barack Obama de justement enfoncer un coin dans cette dyarchie.

jeudi 9 juillet 2009

Azimut le GPS routier


Peut-on transformer un GPS routier en GPS de randonnée ?
Une question suscitant une réponse en forme d'article de la part du Figaro. Le nombre d'amateurs de randonnée étant particulièrement conséquent en France comme dans d'autres pays Européens tels que l'Allemagne, il apparaissait logique que comme tout appareil électronique doté d'un support numérique le GPS routier pouvait, moyennant une certaine procédure, se convertir en GPS pédestre. L'avantage étant double : le GPS routier s'est démocratisé depuis quelques années et les nouvelles gammes des principaux constructeurs permettent (dans une certaine limite) une configuration personnalisée afin de répondre à des besoins annexes ou connexes... dont l'activité randonnée ; conséquence de cette manipulation rendue plus aisée, il est désormais moins essentiel pour les amateurs de randonnées d'investir dans un GPS pédestre en sus du GPS routier bien ces premiers puissent encore survivre un moment du fait du mode non natif d'un procédé obligeant à quelques contorsions et à l'obligation de "nourrir" la base de données.
Enfin, ne jamais oublier au final que comme tout appareil à alimentation électrique, le GPS nécessite d'être périodiquement remis en charge. Un élément d'évidence qu'il ne faudrait pour autant négliger en raison de l'autonomie limitée de ces guides tactiles... au contraire d'une boussole. En somme rien n'interdit de préparer tout de même en amont "artisanalement" son parcours avant de s'en remettre à 100% à son compagnon électronique.

S'il existe depuis longtemps des navigateurs GPS conçus spécialement pour la randonnée (Magellan Triton, Garmin Oregon, Evadeo, etc.), il est également possible d'utiliser son GPS routier pour ses promenades.

Préalables indispensables : le navigateur GPS doit disposer de suffisamment de mémoire (interne ou externe) pour installer des fonds de carte et un logiciel permettant d'afficher des itinéraires (ou «traces»), qu'on devra télécharger sur Internet. Enfin, il faudra aussi un peu de patience…

L'article complet ICI

mercredi 1 juillet 2009

Un gel pour un nouveau début de guerre froide ?

Chers visiteurs,

Le présent article d'Agoravox fut rédigé à la suite de la décision commune prise par les 27 Etats-membres de donner un coup d'arrêt aux relations euro-russes il y a de ça bientôt un an. De manière fort prévisible, cette déclamation théatrale se fissura assez rapidement lorsque la realpolitik reprit ses droits. Cependant il ne faudrait pas conclure hâtivement que cet épisode ne fut qu'une simple admonestation adressée à l'égard du Kremlin, il doit être considéré au contraire avec intérêt puisqu'étant un baromètre des relations entre ces deux entités.

Du reste, les autorités Russes n'apprécièrent que modérément cette façon de procéder, à savoir désigner unilatéralement le responsable d'un conflit alors que les rapports relatifs à cette opération militaire dans le Caucase démontrèrent l'inconséquence et la responsabilité du pouvoir Géorgien.

En outre, l'occasion était trop belle pour ne pas placer l'Union Européenne en face de ses contradictions, ce qui d'ailleurs allait même faire l'objet un peu plus tard d'un article à part entière. Et de revenir sur le hiatus quelque peu discordant dans le traitement du cas Kosovar et celui des Alains et des Abkhazes.

Bien que relativement factuel, je trouve à la relecture cet article particulièrement ancré dans le présent car les questions soulevées n'ont toujours pas été réglées et les relations houleuses entre Moscou et les capitales Européennes n'ont que peu évolué favorablement.



Article paru sur Agroavox le 2 septembre 2008

Au sortir du sommet Européen qui s’est terminé ce lundi à Bruxelles et dont l’ordre du jour était focalisé sur la situation dans le Caucase, les 27 décidèrent de geler les négociations avec Moscou tout en parlant de réévaluer sous peu les relations européo-russes. Bien qu’aucune sanction n’eusse été prononcée et qu’un refus d’une nouvelle guerre froide fut déclamé, il ne fait aucun doute que les autorités Russes ne laisseront pas passer sans broncher une telle avanie.

Un aréopage de personnalités engagées

C’est aussi en conclusion de ce rassemblement de chefs d’Etats Européens qu’il a été décidé de l’envoi d’une mission Européenne le 8 septembre à Moscou puis à Tbilissi [1]. D’ores et déjà l’on peut scruter avec attention ce qu’il ressortira d’une telle visite au Kremlin. Toutefois, il convient utilement de citer les personnes clefs de cette mission et d’évaluer en conséquence les chances de succès de celle-ci :

  • M. Sarkozy Nicolas, Président de la République Française : s’est distingué à de nombreuses reprises par sa volonté de rapprocher la France des Etats-Unis, multipliant à l’envi les signes ostentatoires du changement de cap de la diplomatie Française (villégiature pendant les vacances estivales à Wolfeboro ; envoi d’un contingent supplémentaire en Afghanistan ; réintégration complète de la France dans l’OTAN etc.). Difficile vu de Moscou de penser qu’une telle personnalité puisse être entièrement objective et que son alignement inconditionnel sur une ligne atlantiste puisse plaider en sa faveur.
  • M. Barroso José Manuel, Président de la Commission Européenne : commençant sa politique à l’extrême-gauche de l’échiquier politique Portugais, ce dernier fit évoluer son curseur politique vers la droite et se rendit même aux Etats-Unis pour suivre une formation pendant quatre années à la prestigieuse université de Georgetown et revenir au Portugal y faire appliquer une doctrine néolibérale. Politique économique qu’il perpétuera une fois aux rênes de la Commission à Bruxelles. Bien qu’assez diplomate pour ne pas froisser directement les autorités Russes, il prôna toutefois la fermeture du marché énergétique aux capitaux de leur pays (décision pourtant aux antipodes de ses convictions économiques). Roué, l’homme l’est sans nul doute, comme sa ligne de conduite atlantiste [2].
  • M. Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union Européenne : physicien ayant effectué plusieurs années de recherche aux Etats-Unis (et plus particulièrement en Californie puis en Virginie), sera nommé secrétaire général de l’OTAN pendant quatre années avant de rejoindre les institutions Européennes au poste actuel. C’est sous son mandat que fut décidé le bombardement de la Serbie (ex-Yougoslavie), sans mandat de l’ONU, afin de contraindre les Serbes à se retirer de la province du Kosovo tout en mettant à genoux le pays en frappant des cibles tant militaires que civiles (théorie du shock and awe /choc et effroi).

Les trajectoires politiques et orientations stratégiques choisies de ces membres ne semblent en définitive guère annoncer une approche impartiale quant à la résolution du conflit. Compliqué en cela par un exécutif Russe désormais dans de très mauvaises dispositions quant à l’application assez relative de la « jurisprudence Kosovo ».

Un droit international à géométrie variable

Il est question depuis le début du conflit en Géorgie, et plus encore depuis la reconnaissance des entités Abkhaze et Ossète, de droit international bafoué. Or les injonctions à le respecter se heurtent à un obstacle majeur : la reconnaissance par les pays occidentaux de la province Serbe du Kosovo comme Etat indépendant depuis février 2008. Et ce contre l’avis véhément de Moscou à l’époque. A ce détail près le différenciant du sort des nouvelles entités Caucasiennes : le statut du Kosovo était régi par la résolution 1244 de l’ONU [3] qui fut élaborée au sein de l’organisation par des juristes internationaux en liaison avec les principaux protagonistes autour de la table. Las, force est de constater que l’indépendance du Kosovo fut décidée et même appuyée en sous-main par des puissances ayant intérêt à sa proclamation [4], fusse à fouler au pied des engagements internationaux et à dépecer un pays à l’encontre de sa volonté.

Reconnu à ce jour par seulement 46 pays [4] sur les 192 Etats membres de l’ONU, les médias occidentaux ne semblent aucunement soulever d’objection à cette reconnaissance, ni au fait qu’1,2 milliard d’Euros ont été versés à un gouvernement qui n’a pour le moment apporté aucune solution de viabilité économique à terme, si ce n’est en faisant un appel régulier aux donateurs internationaux [6].

Depuis que la boîte de Pandore a été ouverte, ce sont deux conceptions diamétralement opposées du droit international qui s’affrontent avec véhémence sur le globe désormais.

Intégrité territoriale contre droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Car lorsque l’on parle du droit international, il est évident que si l’on se réfère à l’intégrité territoriale comme au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’application ne s’effectuant qu’à géométrie variable. Avec une plus nette réticence à laisser toutefois les peuples s’exprimer eux-mêmes. On le notera car depuis le 26 août et la signature des décrets de reconnaissance des deux Etats Caucasiens, des appuis officieux ont eu lieu en faveur de la partie Russe mais sans document officiel [7].

Cette réticence est compréhensible dans une majeure partie des pays puisqu’elle reviendrait à donner droit de reconnaissance à des groupes (et même groupuscules) se faisant fort de réclamer leur indépendance vis-à-vis de leur puissance tutélaire du moment. On entrevoit sans difficulté pourquoi le concept fait peur, et surtout quel effet métastasique il engendrerait si on l’appliquait de façon uniforme (et sans hypocrisie en corollaire).

Et pourtant… N’est-ce pas ce que les occidentaux firent en reconnaissant hâtivement le Kosovo ? Serrant les serres, l’aigle Russe avait averti plusieurs fois que la reconnaissance de celui-ci serait s’exposer à des complications futures difficilement gérable pour la suite. Les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni n’en eurent cure et se prononcèrent pour l’établissement de relations diplomatiques avec le Kosovo, au grand dam de la Russie. Seulement, et objectivement, qu’est-ce qui différencie le cas précédemment cité de ceux d’Ossétie et d’Abkhazie ? D’autant plus que ces derniers se sont prononcés par référendum sur leur auto-détermination et ont exprimé sans ambages leur refus de rejoindre l’espace Géorgien.

On ne peut que le constater : ces concepts de droit, très intéressants à étudier par ailleurs, ne valent que par les moyens de les imposer. Cette coercition pouvant s’opérer de manière directe ou indirecte, et prendre le cas échéant un temps plus ou moins conséquent.

L’Union Européenne entre autisme interne et dogmatisme externe

Du reste, l’Union Européenne est-elle la mieux placée pour donner des leçons de démocratie et de respect du droit lorsqu’elle bafoue les principes premiers de ceux-ci en ne respectant pas les choix d’électeurs Européens s’étant prononcés lors de référendums récents ?

Car plus qu’une simple question théorique appelée à être seulement travaillée par de doctes professeurs de droit, c’est aussi de l’avenir des Européens qu’il s’agit et de leur rôle au sein d’un ensemble institutionnel qui apparaît ne guère devoir accorder beaucoup d’audience à ceux dont il en a pourtant la charge.

Alors oui, le 8 septembre l’Union Européenne enverra un trio chargé de défendre sa position et d’infléchir le choix des autorités Russes mais ne serait-il pas plus urgent pour elle de se soucier de ses propres peuples et du fossé croissant s’opérant entre ceux-ci et les élites nationales/européennes ?

Quant à la Russie qui avait investi de plus en plus de ressources dans le secteur civil [8], une telle défiance à son égard ne risque-t-elle pas de la forcer à adopter une économie plus axée sur la défense nationale et provoquer un fort relent de nouvelle guerre froide ? De plus, alors que le commerce Est-Ouest se portait de mieux en mieux, en témoignent les participations de nombreuses sociétés occidentales en Russie, il apparaît déjà que des dégâts sont visibles dans les milieux d’affaires, comme en témoigne cet article du Figaro en date du 1er septembre 2008 et symptomatique du refroidissement des relations dans un tel contexte : Depuis sept ans qu’il travaille en Russie, cet industriel européen ne se souvient pas avoir été traité d’une manière aussi cavalière. Invité début août à un dîner organisé par la mairie de Saint-Pétersbourg, il est alors assis au côté d’un haut responsable de la ville. Tout naturellement, des hommes d’affaires étrangers se pressent autour de ce fonctionnaire influent et lui glissent leurs cartes de visite. À la fin de la réception, l’officiel russe s’éclipse, laissant les petits bristols ostensiblement éparpillés sur la table.

Tant M. de Villepin que M. Védrine ont exprimé le besoin de composer avec la Russie au lieu de s’en tenir à une ligne dogmatique. L’évolution de la situation semble donner raison à ceux craignant que les relations russo-européennes tant diplomatiques que commerciales ne pâtissent d’un manque de discernement quant aux réalités géopolitiques. Car à l’instar de son emblème national, la Russie est bicéphale et peut se tourner comme elle le fait de plus en plus ostensiblement vers l’Orient. Le Premier Ministre Poutine ayant déclaré récemment qu’il allait diversifier l’acheminement des immenses ressources énergétiques Russes [9] : une mise en garde sévère qui devrait faire réfléchir les responsables Européens actuels.

A moins de ne considérer que désormais l’Union Européenne ne soit qu’une courroie de transmission d’intérêts autres que les siens.


[1] Lire à ce sujet l’article du Figaro daté du 01/09/2008.
[2] Lire l’article du Soir du 13/03/2008
[3] Texte original en français provenant du site de l’ONU.
[4] Pour ceux qui l’ignoreraient, Bondsteel, le plus grand camp Américain en dehors des Etats-Unis, se situe au Kosovo.
[5] Liste mise à jour ICI.
[6] Cf Courrier International n°929.
[7] Edition du journal d’affaires Kommersant en date du 29/08/2008 : La Russie n’a pas réussi à obtenir le soutien des participants au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenu jeudi à Douchanbe, en ce qui concerne ses opérations dans le Caucase… Selon des sources au sein de la délégation russe, Dmitri Medvedev a soulevé avec insistance la question géorgienne lors de toutes les rencontres bilatérales ainsi que lors de la réunion des chefs d’Etat qui s’est tenue hier à huis clos. Cependant, tous les interlocuteurs du président russe ont réagi de façon identique : en paroles, ils ont laissé entendre qu’ils approuvaient le comportement de la Russie, mais ont catégoriquement refusé de faire des déclarations officielles à ce sujet.
[8] Cf mon article paru sur Agoravox et traitant en partie cette réorientation des fonds disponibles vers la société civile et le commerce.
[9] Article de RFI daté du 01/09/2008.