lundi 29 juin 2009

Ivan Chmeliov sorti de l'oubli par un film d'animation

Un coup de coeur très sincère pour un film d'animation Russe réalisé par Alexandre Petrov / Александр Петров d'après une nouvelle d'Ivan Chmeliov / Иван Шмелёв, un écrivain immigré Russe à Paris n'ayant bénéficié d'une reconnaissance littéraire qu'après l'effondrement de l'Union Soviétique.

Remarquable dans sa maîtrise technique, le métrage n'en est pas moins parcouru par une réelle profondeur psychologique. En somme il est possible d'affirmer que le film a une âme, et n'est pas une simple démonstration d'effets spéciaux.  Rendons justement grâce au réalisateur de ne pas avoir perdu de vue que la technique doit être au service de l'histoire et non le contraire comme trop souvent avec la démocratisation de l'imagerie de synthèse.

Pensez cependant à activer la haute qualité (module HQ juste après le réglage sonore sur le lecteur) pour un confort de visionnage maximal.



dimanche 21 juin 2009

Assaut de zombies sur le Bélarus

L'information n'a été aucunement relayée par les médias francophones, uniquement par les russophones et anglophones, pourtant elle est de grande importance concernant les moyens de pression dont disposent la Russie à l'égard de ses partenaires indélicats.

C'est le journal en ligne The Register qui révèle l'info à plus grande échelle :
Media websites in Belarus, in particular news site Charter97.org, are under a distributed denial of service attack. Charter97 has been unavailable for several days and under lower-level attack for much longer, security tools firm Arbor Networks reports.
...
Jose Nazario, manager of security research at Arbor Networks, said the nature of the attack and the type of botnet used to run it is similar to those used to attack the Georgian presidential website in July 2008. More on the Machbot-like botnet behind the Belarus attacks can be found in a blog posting by Arbor here.
...
Alexander Lukashenko, the president of Belarus, has accused the Russians of punishing his country for failing the recognise the independence of rebel-held regions of Georgia. Increased friendship between Belarus and the EU is also an issue.

Ce genre de cyberattaques, dont la source reste toujours très difficile à géolocaliser, est une forme de réplique en moins étendue des opérations de blocage de sites officiels (appelé dans le jargon information DDoS) s'étant déroulées en août 2008 pendant le conflit russo-géorgien. A ce titre, je vous recommande particulièrement un article de Charles Bwele sur le sujet, la cyberguerre venue du froid, sur son blog Electrosphère.
Néanmoins, ces attaques pour gênantes qu'elles soient n'ont pas atteint une ampleur critique, car la désorganisation d'un pays peut être effective par des cyberattaques autrement plus insidieuses et longues/coûteuses à réparer/obturer que le simple non-accès à des sites d'informations (exemple : paralysie du système bancaire par infiltration au sein de serveurs clefs).

Sur le fond, la crise entre la Biélorussie et la Russie mériterait un article circonstancié car contrairement aux apparences, la petite république soeur de la Fédération Russe a très souvent entretenu une relation assez mouvementée. Il est vrai que le Président Loukachenko envisagea un temps une union russo-biélorusse comme strapontin d'une ambition continentale, en lieu et place d'un Eltsine déclinant physiquement et intellectuellement. Seulement l'arrivée et la popularité de Poutine comme nouveau maître du Kremlin bouleversa ses plans premiers et les paroles de bonne intention n'empêchèrent aucunement des rebuffades sporadiques.

Or, la main tendue de l'Union Européenne assortie de son partenariat oriental (accepté par le Président Biélorusse) n'a guère ravi le Kremlin qui n'était déjà guère satisfait de devoir à nouveau sortir des liasses de roubles, à hauteur de 500 millions de dollars, pour soutenir l'économie biélorusse.
Si le conflit est pour l'heure gelé, il est appelé à ressurgir tôt ou tard car sur le fond de l'affaire les griefs n'ont pas été résolus.

lundi 15 juin 2009

La nouvelle guerre froide déjà sur nos écrans

Chers visiteurs,

Cette publication d'un ancien article d'Agoravox pourrait surprendre. Elle pourrait même être l'occasion à quelques uns de se gausser que l'on puisse prétendre à l'analyse de sujets sérieux par le prisme des jeux vidéos. C'est pourquoi pour désamorcer toute raillerie sur le sujet, je me permettrais d'énoncer deux faits : le marché des loisirs interactifs a représenté pour 2008 la bagatelle de 3,4 milliards d'euros pour le seul marché Français (!) selon l'IDEF (Interactive Digital Entertainment Festival) tout en ayant obtenu l'écoute attentive des autorités Françaises par l'obtention de crédits d'impôt pour cette activité depuis 2007 ; en tant que média à part entière, il est aussi souvent vecteur d'un mode de pensée, d'une demande ou d'une offre de la part d'un public et de ce fait a désormais atteint un niveau de professionnalisme tel qu'on ne peut plus lui récuser la dénomination d'industrie.

Sans omettre de préciser que le contenu pour certains ludiciels est devenu tellement confondant de réalisme qu'il en vient à être loué par des spécialistes du monde militaire comme d'historiens. Je pense notamment aux produits d'Ageod, société Française sise non loin de Grenoble et spécialisée dans les jeux d'histoire avec des titres ayant été salués par la critique comme American Civil War ou Campagnes de Napoléon.

Le jeu vidéo est le fruit d'un cheminement né avec l'informatique grand public, et peut être analysé de ce fait comme un reflet de son époque en tant que nouveau support dématérialisé. Je profite de la parution de l'article sur mon blog pour corriger un lien défectueux (serveur désormais indisponible) et en ajouter de nouveaux. En vous en souhaitant bonne lecture.


Article paru sur Agoravox le 27 août 2008

L’Occident, et plus particulièrement l’Europe pour des raisons de proximité et de recul historique, s’inquiète d’un retour de la guerre froide l’opposant à la Russie et ses alliés. Certains analystes encore plus pessimistes évoquent le spectre d’une troisième guerre mondiale. Il n’est pas du propos de cet article de discuter du bien fondé de ces conjectures, simplement de constater que tant les médias traditionnels francophones que les anglophones insistent de façon de plus en plus prononcée sur cette probabilité géopolitique. Les jeux vidéo eux n’ont pas attendu le conflit du Caucase pour ressortir de la naphtaline les affrontements entre les pions bleus et les pions rouges.

Les anciens du monde vidéoludique se souviennent de leurs parties acharnées à placer des icônes fort ésotériques pour le béotien en stratégie. Le tout avec une patience que ne renierait pas un moine bouddhiste tant il fallait être possédé par la passion du micro-management. Pour rudimentaires que furent ces premiers ludiciels de stratégie numérique, certains traitaient déjà d’éventuels affrontement avec le Pacte de Varsovie avec un réalisme d’une sobriété (pour cause de limitations techniques des ordinateurs de l’époque) se prêtant fort bien à ce type de jeu. Theatre Europe sur Amstrad CPC par exemple nous replaçait dans la position du grand général à la tête d’une des coalitions militaires de l’époque. D’autres encore se souviennent de la série Balance of Power sur PC et Atari/Amiga où le but était d’assurer l’hégémonie d’un des deux grands de la planète, en évitant le recours à la dissuasion nucléaire tout en multipliant les intimidations indirectes. Aussi aride que quasi-exhaustif, Fulda Gap ’85 prenait soin de simuler tactiquement l’avancée soviétique lors d’une hypothétique attaque en Allemagne par la trouée de Fulda, bien connue des stratèges abreuvés au petit lait de la guerre froide. Sans omettre de mentionner évidemment le célèbre Harpoon, le meilleur simulateur de stratégie navale en pleine guerre froide.

Puis, la chute du mur de Berlin aidant, le thème se tarit au sein de l’univers souvent guerrier des ludiciels. D’autres ennemis furent trouvés, cahin-caha il faut bien l’admettre, tels les terroristes islamistes (la série des Rainbow Six inspirée par les écrits de Tom Clancy ayant largement profité de ce filon) ou les Nord-Coréens, voire les Chinois. Mais l’on sentait qu’il manquait une vraie menace et que l’on faisait faute de mieux. Dans le domaine de la tactique en temps réel, la série Red Alert eut le mérite d’avoir bénéficié jusqu’à nos jours d’un réel engouement persistant au fil des années, mais elle faisait figure d’exception car le soviétique n’avait plus la cote. Or depuis plusieurs années, couplé au retour ostensible de la Russie sur la scène mondiale, on note un frémissement des développeurs de jeux de stratégie (wargames en Anglais /kriegspielen en Allemand) pour l’uchronie du temps de l’Union Soviétique voire de l’affrontement dans un futur proche de l’occident avec la Russie et ses alliés (généralement orientaux).

Tout d’abord Operation Flashpoint, une simulation d’infanterie ultra-réaliste simulant un affrontement OTAN-Pacte de Varsovie sur des îles envahies par les forces d’obédience communiste. Le souci du détail dans le domaine de la balistique et du matériel employé ainsi que l’ambiance parfaitement reproduite d’un conflit généralisé contribuèrent énormément au succès de cette équipe de développeurs Tchèques. Ensuite, le flot s’accélère singulièrement et ce dans plusieurs domaines ludiques. L’aventure avec le bien nommé Cold War ; dans le genre jeu de stratégie tendance tableaux Excel, Hearts of Iron II : Doomsday ; World in Conflict façon tactique en temps réel grand spectacle. Il faut particulièrement signaler le FPS (first person shooter, vue en 3D subjective) Frontlines : Fuel of War qui bien qu’étant du genre assez « rentre-dedans » eut le mérite de dresser un scénario plausible à terme : la Coalition Occidentale formée des Etats-Unis et de ses supplétifs Européens face à un autre groupement armé appelé Alliance de l’Etoile Rouge et réunissant forces Chinoises, Russes et d’Asie centrale, le tout dans un contexte de raréfaction des matières premières et d’eau potable. Si sur le fond le jeu n’innove guère, en revanche on peut saluer la volonté de coller à un contexte réaliste car non seulement la future crise énergétique est prise en compte, de même que la moindre disponibilité des réserves d’eau douce, mais il est aussi fait mention du rôle de plus en plus croissant de l’OCS (Organisation de Coopération de Shangaï). A ce titre, on peut aussi noter une forte ressemblance avec le titre dédié aux joies du multijoueur Battlefield 2142, très proche dans l’idée. Et récemment a été annoncé Codename Panzers : Cold War dont je vous laisse deviner quel sera le thème principal…

Que retenir de tout cet inventaire ? Peut-être l’essentiel, à savoir que les éditeurs ont du nez et sentent les évolutions à terme dans leur marché au gré des bouleversements géopolitiques mais aussi que le public n’ayant guère adhéré aux traques virtuelles de terroristes est prêt à revenir à un schéma plus binaire mettant en confrontation directe un bloc contre un autre. Accessoirement, peut-on prétendre qu’à l’instar des médias de masse classiques, l’univers vidéoludique serait en train plus ou moins de « laver » le cerveau des joueurs ? Il est difficile de trancher, notamment pour la raison suivante : la possibilité au sein de certains ludiciels de choisir son camp et non d’opter impérativement pour le camp occidental. Le bémol tenant toutefois à ce que cette option n’est pas systématique non plus.

En outre, la vitalité des programmeurs Russes est telle qu’ils ont récemment produit plusieurs titres restés dans les mémoires, avec un penchant plus net pour recadrer certains évènements (tel IL-2 Sturmovik qui offrit enfin la possibilité pour les aviateurs en herbe de combattre sur le front de l’Est avec des appareils soviétiques, un « oubli » récurrent dans les productions occidentales). Cependant, il faut bien constater que la guerre froide ou son éventuel succédané contemporain a le vent en poupe chez les développeurs et que cette volonté de capter l’amateur de jeux de stratégie est symptomatique du souci de coller au mieux à l’environnement informationnel du joueur, non sans parfois se permettre quelques distorsions virtuelles…


Quelques cinématiques de jeux en vogue sur le thème développé :

jeudi 4 juin 2009

Quand le Droit Français devient (presque) simple pour les Russes


Chers visiteurs, c'est une réelle suprise (agréable je vous rassure) que d'avoir pris connaissance au hasard de mes pérégrinations sur le net d'un portail sur le Droit Français adressé au public russophone.

Ayant personnellement eu à assimiler une partie du système juridique Russe, l'effort conjointement consenti par l'université de Paris X (Nanterre) et celle d'Ekatérinbourg est à saluer pour tout l'intérêt qu'il devrait susciter à destination de professeurs et étudiants de langue russe désirant s'enquérir de notre système juridique (tendant de plus en plus vers l'anglo-saxonne du fait des réformes récentes successives).



Et puisque nous sommes dans le cadre des affinités franco-russes en matière juridique, je vous signale aussi l'existence de la SJFR, autrement dit la Société Juridique Franco Russe.

mardi 2 juin 2009

Quand les géants des NTIC échangent leur terrain de bataille

Assez symptomatiques sont les dernières passes d'armes entre Google et Microsoft. Outre le débauchage de cadres supérieurs, c'est surtout un renversement du terrain d'affrontement qui vient de s'opérer depuis quelques mois.

Avec Android, Google a voulu se placer sur un créneau porteur : le système d'exploitation open source sur mobiles et autres PDA. Or les systèmes d'exploitation sont le fief de prédilection de... Microsoft. Un tel pavé dans la mare de son adversaire et prise de risque stratégique sur un marché porteur ne pouvait laisser sans réagir la firme de Redmond.
Ce dernier a répliqué en annonçant avec moult sons du cor que Bing était opérationnel et serait enrichi au fur et à mesure. Un uppercut dans la face de Google... Encore que peut-être pas tant que cela. En effet, tout d'abord Bing n'est pas le premier moteur promu par Microsoft, et surtout avec un tel renfort publicitaire. Ainsi peut-on se souvenir de Live Search lancé en 2006 qui aura échoué à tailler des croupières à l'encontre du colosse californien. De même qu'en poursuivant la rétrochronologie, l'on débusque MSN Search qui échoua à s'imposer face aux multiples moteurs encore en lice à la fin des années 90. De ce point de vue, l'on peut douter que Microsoft ait tenté autre chose qu'un coup de bluff.
Dernier point : j'avais évoqué il y a quelques mois la sortie de CUIL, un nouveau moteur de recherche par des anciens de Google : force est de constater qu'à ce jour ce dernier peine à bouleverser les habitudes des Internautes. Car il est un aspect à ne pas négliger au sein de la "toile" : l'inertie des habitudes. Sans passer sous silence le fait que le moteur de Google évolue en agrégeant de temps à autre quelques nouvelles fonctionnalités et/ou en services propres au net : une stratégie visant à fidéliser les utilisateurs sans pour autant bouleverser leurs habitudes.

A ce petit jeu de chercher l'adversaire sur son propre terrain, il semblerait que Google fasse preuve de plus solides atouts que Microsoft à qui l'on pourrait reprocher principalement de trop jouer sur l'effet d'annonce. Lui reste néanmoins une position plus que confortable sur le marché des systèmes d'exploitation sur PC et une pénétration conséquente de son navigateur phare, Internet Explorer (bien que ce dernier commence à perdre du terrain face à Firefox et qui sait, peut-être dans un futur proche face à Chrome lancé par la firme... Google!).