mercredi 8 avril 2009

Quand la Russie et le Bélarus musclent leur informatique


Article paru sur Agoravox le 18 avril 2009

Dans la course aux performances technologiques, l’union entre les ingénieurs Russes et Biélorusses sur la quatrième génération d’un supercalculateur autochtone semble porter ses fruits en résolvant un à un les problèmes posés pour la nouvelle génération devant succéder au K-1000.

Le prochain « bébé » de ces recherches est réellement prometteur : un supercalculateur capable de traiter de 0,5 à 5 pétaflops soit au bas mot plus de 10 fois minimum la puissance du dernier superordinateur de troisième génération déjà en circulation.

Ces données absconses pour le néophytes se doivent d’être éclaircies : un pétaflop équivaut à un million de millards d’opérations en virgule flottante. Ce qui signifie qu’en une seconde, la machine sera capable de traiter 166 666 fois plus d’opérations que tous les êtres humains de la Terre réunis, et encore faudrait-il que ceux-ci soient capables de trouver le résultat de l’opération sans dépasser une seconde de réflexion… Voilà qui donne déjà une idée de la prouesse réalisée. Reste toutefois à connaître les réelles limites de la « bête » pour en tirer toute la substantifique moelle.

Néanmoins pour en arriver à seulement espérer de grands résultats, il fallait résoudre l’un des principaux soucis de l’informatique contemporaine : la surchauffe des processeurs. En effet, lesdits processeurs sont implémentés sur des cartes qui sont ensuite placées dans des armoires. Une telle concentration de processeurs et de cartes créé obligatoirement une augmentation faramineuse de la température ambiante, et ce d’autant plus qu’elle s’opère en lieu clos.
Pour résoudre la problématique, les ingénieurs ont opté pour un procédé déjà mis en place sur les unités PC de passionnés d’informatique : le refroidissement par eau (ou watercooling). En lieu et place de coûteux ventilateurs (provoquant un surplus de consommation d’énergie pour brasser l’air), il a été décidé la mise en place d’un tuyauterie où transiterait un liquide réfrigérant. L’efficacité du processus ainsi que sa relative simplicité de mise en place, sans omettre le moindre coût d’énergie nécessaire pour son fonctionnement, concourent à augmenter l’agglomération des unités de traitement pour décupler la puissance de calcul général.

Initié en 2000, le projet SKIF / СКИФ a été décidé pour doter les centres de recherche civils et militaires de superordinateurs capable de concurrencer puis dépasser à terme leurs homologues occidentaux qui viennent avec l’IBM Roadrunner de dépasser le pétaflop l’an dernier. Les autorités Russes comme Biélorusses conscientes de leur distanciation dans le domaine de l’informatique saisirent toute l’importance d’une autonomie dans ce domaine : la disposition d’un réel réservoir d’ingénieurs de qualité, fruit de la tradition d’enseignement scientifique soviétique, facilita la mise en route du projet qui nécessita ensuite coordination et injection de fonds par les deux Etats.

A signaler que l’ensemble tourne sur le système d’exploitation libre Linux, connu notamment pour son architecture souple et modulable au contraire des environnements Apple et Microsoft qui sont des produits clef en main.

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