dimanche 26 avril 2009

Etre sur la paille et avoir une poutre dans l'oeil

Selon une dépêche de Xinhuanet à la suite du récent sommet de Londres, appelé G20, il aurait été déclamé à la face du monde que les leaders des pays développés et des pays en voie de développement du G20 ont réaffirmé leur engagement jeudi pour combattre le protectionnisme et oeuvrer en faveur d'une conclusion ambitieuse des négociations commerciales mondiales du cycle de Doha... "Nous ne répèterons pas les erreurs historiques du protectionnisme des ères passées", ont déclaré les dirigeants dans un communiqué conjoint à l'issue du sommet d'une journée à Londres.

Louables intentions pourrait-on saluer si dans le même temps il n'apparaissait clairement que le système financier débridé trouvant sa source dans le credo libéral n'avait déjà pas lui même dans un passé pas uniquement récent provoqué de durables et préjudiciables crises internationales.
En outre, notons une certaine hypocrisie manifeste : "Nous ne reviendrons pas sur le protectionnisme financier, notamment sur les mesures qui restreignent les flux de capitaux dans le monde, notamment vers les pays en voie de développement". D'où une interrogation légitime pour ma part : les flux financiers en direction des soit disants paradis fiscaux doivent-ils être ou non pris en compte à cette absence de mesures contraignantes? Autre interrogation, les produits toxiques, ces actifs financiers ayant provoqué le début de la crise mondiale, doivent-ils être remis en circulation au risque de plumer d'autres acteurs financiers?

Ne nous voilons pas la face : ceux qui poussent des cris d'orfraie craignant un retour en force du protectionnisme sont fort mal placés pour donner des leçons en période de crise. Crise qu'ils n'ont su prévoir, crise qu'ils ne savent résorber. Et d'ajouter qu'il y a hélas un élément que je ne relève quasiment jamais dans les discours officiels : la question sociale! A l'heure où les économies nationales toussent les unes après les autres (les prévisions actuelles en provenance du dernier rapport du FMI publiées ce mois-ci évoquent 1,3% de recul sur la croissance pour l'année en cours), des crises sociales de grande ampleur sont de plus en plus évoquées par les instituts et observatoires des pays occidentaux. Autant avouer que cela n'est guère réjouissant car si l'une d'entre elle devait survenir à terme, le cortège de troubles et de répression ne ferait qu'aggraver immanquablement la situation nationale du pays touché. Récemment fut publié sur Agoravox un article éminemment judicieux quant à la rupture économie/social, je vous invite chaudement à le lire quand bien même n'émane-t-il pas d'un économiste de formation.

Pour terminer, je tenais à vous communiquer cet entretien fort pertinent d'Emmanuel Todd :


MAJ : une dépêche de Reuters se veut pour le moins préoccupante et commence à semer le trouble en Allemagne. En effet, le quotidien Bavarois Süddeutsche Zeitung repris aussi par Der Spiegel, dévoile un document confidentiel du BaFin (l'AMF Allemand) qui estimerait les actifs toxiques détenus par les banques Allemandes à près de 816 milliards d'euros. Bien que les appels et mises en garde se multiplient du côté des autorités publiques, le mal est fait et surtout plus grave et symptomatique, ceux-ci ne sont aucunement audibles. Il apparaît acquis que l'ampleur de la crise n'est pas encore connue et que le dilemme est présent dans les classes dirigeantes : ou révéler que les principales institutions bancaires sont gangrenées plus sérieusement par ces produits financiers qu'on ne l'a auparavant avoué ou attendre l'inexorable lorsque les banques seront obligées de communiquer l'ampleur de leurs pertes. Reculer est-ce toujours pour mieux sauter?

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