lundi 16 février 2009

Et si Luc Besson était juriste?

Non je vous rassure il ne l'est pas (les vilaines langues prétendent qu'il serait en revanche un prolifique producteur de navets, mais passons), et c'est tant mieux au vu des inepties débitées récemment dans le quotidien Le Monde. La magie d'Internet (ce même medium que voudrait juguler le sieur Besson) permet notamment de savourer une réponse totalement ad hoc en la personne de Maître Eolas, en plus grande forme que jamais.

Son billet ICI.

Avec un passage emblématique sur la société de consommation :
Car l'industrie du cinéma comme celle de la musique d'ailleurs, repose effectivement sur des comportements analogues à ceux des dealers : on crée un besoin pour hameçonner le client (bandes-annonce, matraquage publicitaire, clips alléchants sur toutes les chaînes visant le public cible) et quand il est accro, on l'oblige à payer pour l'assouvir (la place de cinéma à 10 euros, puis le DVD à 30 euros, le pay per view à 3 euros, sinon il y aura le passage à la télévision… financé par la pub ; la place de concert à 50 voire 100 euros, l'album à 25, la sonnerie à 2 euros, le single à 1 euro lisible sur un seul lecteur compatible). Sachant qu'une grande partie de la clientèle cible est mineure.
Car à bien y réfléchir comment ne pas donner raison à Me Eolas? Si la contrefaçon (le terme de piratage n'ayant aucune consistance juridique) prive les auteurs et leur ayant-droits à de légitimes revenus d'exploitation, n'y a-t-il pas aussi une pernicieuse machinerie marketing poussant les consommateurs à puiser toujours davantage dans un budget loisirs n'étant pas extensible, le tout pour posséder le plus souvent un même produit sur des supports différents? L'analogie avec le business des dealers étant d'autant plus justifiée que les "pirates" (sic) sont justement stigmatisés par certains responsables comme tels (cf l'allocution de M. Lefebvre au journal 20 Minutes). Que l'on approuve ou non la vision du juriste blogueur, on ne peut pour autant la balayer d'un revers de manche.
Vous l'avez compris pertinemment : non seulement vous aurez droit à une leçon juridique en matière de législation sur Internet (pas toujours inutile au vu de certaines croyances) et à quelques saillies bien senties sur le ridicule et les arguments fallacieux (de bonne et mauvaise foi) des industries culturelles à travers l'un de ses représentants les plus emblématiques.

MAJ : Apparemment juste avant la présentation du projet de loi Création et Internet, l'on est en train de sonner les cloches pour le rassemblement. Et après la cloche Besson, voici la cloche Lefebvre qui dans un entretien hilarant accordé au quotidien 20 minutes se déchaîne. L'occasion, une fois encore, de déguster le démontage en règle opéré par Maître Eolas (qui n'eut guère à forcer son talent il est vrai sur le coup tant l'argumentation semblait sourdre en provenance directe du pays d'Ubu).
L'analyse de propos du député UMP par Maître Eolas, ICI.

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