mercredi 30 avril 2008

Le football se lève à l'Est


Article paru sur Agoravox le 30 avril 2008

Il est de bon ton au vu des demi-finales de la Ligue des Champions de s’extasier sur l’excellente forme de la Premier League qui aura vu trois de ses représentants être présents à ce stade de la compétition. Il ne faudrait pas pour autant atténuer l’émergence de ces clubs venus du froid, et plus particulièrement de la Première Ligue russe où sont investis de plus en plus de fonds pour attirer entraîneurs et joueurs de qualité. Au-delà du simple aspect sportif, c’est aussi une aisance financière étalée au vu et au su du vieux continent : une façon comme une autre de prouver la bonne santé économique du pays.


Des résultats Européens probants

Récemment le Zénit Saint-Pétersbourg est venu créer la surprise en piégeant le Bayern de Munich, un vieux briscard des coupes d’Europe pourtant, sur son propre terrain [1]. Si cela fut perçu comme un exploit par certains, d’autres n’en furent guère surpris. Il est vrai que la présence de ce club en demi-finale de la Coupe de l’UEFA est une redite, en plus aboutie, de la campagne 2005-2006 où l’équipe s’incrusta en quart de finale pour ne céder que devant le futur vainqueur de cette édition, le FC Séville. Comment ne pas mentionner aussi la victoire finale du CSKA Moscou au sein de la même épreuve en mai 2005 ? Le stade de Lisbonne accoucha d’un champion européen atypique sur un score sans appel face à un adversaire pourtant renommé.

Un championnat se bonifiant au fil des saisons

Il n’y a aucune volonté d’initier la polémique quant à une présumée volonté de mesurer la santé d’une nation par le biais de ses résultats sportifs : un tel débat ne pouvant qu’être stérile et sans viabilité démonstrative. En revanche il est plus opportun de constater que le championnat Russe a redressé la tête depuis ces dernières années et qu’un certain complexe d’infériorité a disparu avec la montée en puissance dans les compétitions continentales, comme le rappelle le paragraphe précédent. Et rien n’est dû au hasard… Bien sûr on peut évoquer l’appel à des joueurs étrangers d’expérience comme les Portugais Custódio et Bruno Basto, le Slovène Nastja Čeh, le Sud-Africain Matthew Booth, l’Argentin Guillermo Pereyra, l’Italien Ivan Pelizzoli, le Polonais Mariusz Jop ou encore le Serbe Savo Milošević qui, s’ils ne sont pas des stars scintillantes comme on en voit en d’autres ligues professionnelles, sont en revanche des sportifs solides et efficaces, à l’instar du jeu Russe qui ne fait guère dans la fioriture. Il faut aussi évoquer du fait de leur importance toute aussi primordiale les entraîneurs. Ainsi peut-on mentionner Rolland Courbis et sa prise en main le temps d’une saison de l’Alania Vladikavkaz, tout comme Dick Advocaat qui s’occupe de l’actuel champion Russe, le Zénit Saint Pétersbourg. Le tout couplé à des joueurs nationaux et managers nationaux de qualité dont il serait trop long d’en faire la liste, citons juste Yegor Titov, Aleksandr Kerzhakov, Aleksandr Anyukov et Stanislav Cherchesov.

Un robinet à roubles desserré

Cependant, et à moins d’avoir un réservoir quasi inextinguible de jeunes talents comme le Brésil ou l’Argentine, il faut bénéficier d’un « coup de pouce » bienvenu pour gravir des paliers, soit en améliorant les infrastructures (rénovation, voire construction de stades et création de centres de formation), soit en attirant et/ou en retenant des joueurs de valeur dans le championnat local. Et là on retrouve plusieurs sponsors d’importance : le groupe financier VTB, le premier producteur de méthanol russe Metafrax, le complexe métallurgique Metalloinvest ou encore le poids lourd toutes catégories, Gazprom ! Ce dernier n’ayant pas hésité à investir massivement dans le club préféré des Pétersbourgeois depuis sa prise de contrôle en décembre 2005, prenant en charge la construction d’un nouveau stade de 62000 places [2] (pour la bagatelle de 250 millions de dollars, soit 160 millions d’euros !) ultra-moderne et répondant à tous les critères de l’UEFA dans l’optique avouée d’accueillir des finales européennes à brève échéance. En attendant la fin de sa construction, l’on peut considérer que l’argent placé le fut à bon escient puisque le Zénit s’empara de la couronne de champion de Russie en 2007 et réalise, comme précisé au début de cet article, des performances plus qu’honorables sur les pelouses européennes.

Le football, une affaire d’Etat désormais ?

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le Président Vladimir Poutine s’est préoccupé il y a quelques mois de la question de la retransmission payante des matchs de football. Et preuve supplémentaire que l’on ne rigole pas avec cette discipline sportive y compris au Kremlin, ce dernier ne s’est pas privé non plus de parler ouvertement de la trop grande proportion d’étrangers au sein du championnat, risquant d’étouffer la croissance des jeunes pousses Russes à l’instar du championnat Anglais qui ne produit guère de joueurs de grand niveau (et ça se ressent du reste dans les matchs de l’équipe nationale).

Les Russes futurs champions de la Ligue des Champions ? N’allons pas trop vite, le chemin est encore long avant d’espérer titiller les pointures Anglaises [3], mais les possibilités financières de plus en plus ostensibles dans le championnat Russe ainsi que les résultats de plus en plus probants sur la scène internationale des clubs incitent à émettre des hypothèses favorables à l’émergence d’une ligue professionnelle de poids à moyen terme sur le continent Européen.

[1] Match retour prévu le jeudi 1er mai à 18h30 à Saint-Pétersbourg, avec l’avantage du but à l’extérieur pour le Zénit.
[2] A titre de comparaison, le stade Vélodrome de Marseille peut accueillir officiellement 60032 places, le stade Gerland 41044 places et le stade de France 80000 places.
[3] Soulignons tout de même que le fameux club londonien Chelsea bénéficie des largesses financières sans limites, ou presque, de l’oligarque russe Roman Abramovitch depuis 2003. Période coïncidant avec un nouveau souffle au plus haut niveau, l’affublant au passage d’un nouveau surnom faisant référence au magnat russe : Chelski.

MAJ : L'année 2008 s'acheva dans l'apothéose puisque disposant à la fois du club Écossais des Glasgow Rangers 2-0 le 14 mai à Manchester avant de battre l'ogre Anglais Manchester United 2-1 le 29 août à Monaco. Deux belles coupes Européennes méritées pour ce club qui restera les années suivantes au sommet de la ligue professionnelle Russe en remportant le championnat en 2010 ainsi que la Coupe de Russie la même année avec de belles sorties lors des coupes d'Europe, comme contre le VfB Stuttgart en 2009, battu 4-2 au total, mais sans malheureusement pouvoir réussir à défendre le titre glané l'année dernière.
Du reste, le vainqueur de la Coupe UEFA de 2010 sera un club Ukrainien, le Shakhtar Donetsk, confortant ainsi l'émergence des clubs d'Europe de l'Est.

jeudi 24 avril 2008

Un horizon pas si bleu pour le Blu-Ray


La victoire récente du Blu-Ray face à son concurrent le HD-DVD (désolé à tous ceux qui auront investi dans des lecteurs spécifiques et de la moins-value qu’ils vont réaliser en cas de revente du matériel déjà obsolète…), et ce malgré l’appui de nombreuses sociétés dès l’origine et principalement un des géants de l'électronique, Toshiba [1], est peut-être bien une victoire à la Pyrrhus pour Sony.

En effet, comme l’explicite cet article de 20 Minutes, la révolution technologique ne sera pas forcément celle que l’on croit. Il essentiel de prendre en compte cette donnée d'importance qui veut que l’économie de l’immatériel évolue très vite, et que pour asseoir son assise il n’est pas dit que le Blu-Ray ait énormément de temps. De plus, les déçus du HD-DVD vont-ils investir de suite dans un lecteur Blu-Ray ? Rien n’est moins sûr, et plus que jamais l’attentisme sera de mise pour nombre de personnes. S’ajoute à cette incertitude le fait que les gens qui ont investi massivement dans une collection de DVD ne ressentent pas obligatoirement le besoin de la renouveler sur un nouveau format.

Et enfin, le plus gros morceau, la compression numérique de plus en plus efficiente sans rogner sur la qualité visuelle/auditive est telle que le transfert sur des supports divers s’opèrent sans heurt et avec une rapidité insoupçonnée (les taux de transfert de l'USB 2.0 et bientôt 3.0 sont édifiants à ce titre, surtout si l’on compare avec ceux des CDs, y compris en 32X !). Du coup l’encombrement et les protections des œuvres numériques sur des supports comme le DVD et ses succédanés sont tels pour le consommateur que rien n’est joué pour la firme nippone. A moins qu'elle ne se positionne elle aussi de façon stratégique sur le segment de la vidéo à la demande...

[1] Toshiba rapporte une baisse de ses bénéfices de 95 % à l'issue du premier trimestre 2008, suite au coûteux abandon du format HD-DVD dans la guerre face au Blu-Ray. Les bénéfices de Toshiba ont péniblement atteint les 1,25 milliard de yens (7,6 millions d'euros), par rapport aux 26,17 milliards de yens (163 millions d'euros) à l'issue du premier trimestre de l'année précédente. Les revenus de la firme n'ont en revanche diminué que de 3 % par rapport au premier trimestre 2007. Source: PC Inpact

mercredi 16 avril 2008

Lorsque l’ours danse avec le panda


Article paru sur Agoravox le 16 avril 2008
Il est ces derniers temps beaucoup question de la Chine et de ses relations avec les pays occidentaux du fait de l’agitation au Tibet et du parcours de la flamme olympique. Pourtant, il est un point sur lequel on ne se focalise guère et qui prend pourtant une signification d’importance pour qui s’y intéresse : le rapprochement sino-russe. Une évolution grosse de conséquence pour les années à venir et portant en elle les fruits d’un repositionnement géopolitique majeur.

Ce rapprochement sino-russe pourrait passer de prime abord fort naturel, ne serait-ce d’une part par la proximité géographique [1] ou par l’idéologie marxiste partagée le temps de quelques décennies.
Cependant, à la loupe, ce rapprochement n’est pas si évident : sur le plan géographique tout d’abord, la contestation de certains territoires fut à l’origine d’un conflit frontalier en 1969 près de l’île Damansky/Zhenbao sur le fleuve Ousourri. Conflit qui fit craindre un embrasement bien plus généralisé entre les deux pays d’obédience socialiste d’alors (les chiffres concernant le nombre de victimes de part et d’autre est sujet à caution). Signalons en aparté que ce différend a été vidé par des négociations débutées en 1991 et ayant abouti à la signature d’un accord en 2004, un des nombreux signes d’une volonté d’apaisement commune après la fin de la Guerre Froide.

Ensuite, sur le plan idéologique, les relations furent rarement tout à fait paisibles entre les deux principaux pays prônant le marxisme dans le monde. Le
Grand Bond en avant fut notamment un événement déclencheur dans le refroidissement des relations bilatérales puisqu’il remettait en cause la doxa soviétique en matière de planification économique et de contrôle des masses (la déstalinisation ayant été mal reçue par Mao, ce dernier voulant conserver une ligne dure de peur de voir son propre régime être contesté de l’intérieur). Khrouchtchev n’hésitera pas à invectiver l’homme d’Etat chinois en le traitant de nationaliste !

L’effondrement du régime soviétique puis l’insertion de la Chine au sein du capitalisme mondial (membre de l’
OMC depuis 2001) permirent un lent rapprochement entre les deux Etats. Mais il fallait encore une impulsion particulière pour y donner réellement corps : l’arrivée de Vladimir Poutine allait amorcer un changement d’orientation conséquent.

La tentation occidentale et orientale du pouvoir russe


Dans son discours du 25 septembre 2001 au Bundestag, Vladimir Poutine tendit ouvertement la main à l’Occident et plus particulièrement à l’Europe. De même qu’à la suite du 11-Septembre 2001 il s’empressa d’assurer les Etats-Unis du soutien plein et entier de la Russie pour combattre le terrorisme à leurs côtés.


Si les relations russo-américaines ne furent guère probantes à moyen terme, le président russe plaça une grande confiance dans ses relations avec divers pays européens, prioritairement l’Allemagne, la France et l’Italie. Cette volonté d’ouverture culmina avec le front de la paix en 2003 aboutissant à un axe Paris-Berlin-Moscou opposé à la guerre en Irak. Rome n’y étant pas incluse du fait de sa participation à la guerre en Irak, mais n’empêchera cependant aucunement le pouvoir politique de conserver des liens fort ténus avec son homologue russe.
Vladimir Poutine pouvait de la sorte compter sur plusieurs alliés sur le sol européen et contrebalancer au sein de l’Union européenne l’hostilité ostentatoire de nouveaux pays adhérents lors de la vague de 2004 (Pologne, République tchèque et Pays baltes en tête). Seulement, les victoires électorales d’Angela Merkel, de Nicolas Sarkozy et de Romano Prodi affaissèrent singulièrement la ligne d’entente et signifièrent pour le pouvoir russe l’absence de contrepoids au sein du Vieux Continent. Avec en sus un raidissement de plus en plus ferme vis-à-vis du Royaume-Uni [2].


Véritable aigle bicéphale, la Fédération de Russie continuait à entretenir des liens de plus en plus étroits avec la République populaire de Chine. Principalement dans le domaine commercial et plus particulièrement militaire, avec la vente d’avions de combat comme de sous-marins. Le secteur énergétique n’étant bien entendu pas en reste avec divers projets de gazoducs et d’oléoducs pour contenter les besoins exponentiels de la Chine en hydrocarbures.
Mais le plus gros succès fut d’ordre diplomatique avec l’émergence de l’
OCS, acronyme d’Organisation de coopération de Shanghai. Les principaux bénéficiaires étant les deux pays précédemment évoqués, menant de concert des exercices militaires avec les autres membres de l’OCS [3] tout en adressant un signal clair aux membres de l’Otan [4] qu’un nouvel espace de sécurité venait d’apparaître sans immixtion de la puissance américaine.

Un front unifié contre les séparatismes


Et c’est là où l’actualité a permis de mettre en relief une convergence de plus en plus affirmée des points de vue sino-russes pour qui sait décrypter les relations internationales. A ce titre, l’Occident a (sciemment ou non, mais peu importe au vu du résultat) consolidé un rapprochement qui, il faut le répéter, n’allait pas forcément de soi [5]. En guise de démonstration, on s’en tiendra à deux points majeurs de ces dernières semaines bien qu’il y ait plusieurs exemples encore à disposition : le Kosovo et le Tibet.


La question du Kosovo [6] fut un accélérateur du ressentiment russe à l’égard des pays occidentaux en ce sens que ces derniers bafouèrent non seulement le droit international, mais aussi l’avis contraire de la Russie, membre du Conseil de sécurité à l’ONU. Or, quel soutien majeur ce pays obtint-il dans son refus de reconnaître l’indépendance de cette province serbe ? La République populaire de Chine ! Il n’y a pas lieu, car tel n’est pas le thème de l’article, de s’étendre sur la question du Kosovo indépendant : le propos principal étant plutôt de souligner que les relations sino-russes furent confortées par cette unicité de vue sur la sécession de territoires.


Le Tibet, lui, vient très récemment de défrayer la chronique et les passions quelques mois avant l’ouverture des jeux Olympiques. D’office, les autorités chinoises se virent mises de l’index par les Occidentaux pour la façon dont elles s’occupaient des troubles affectant cette région. Les manifestations émaillant le parcours de la flamme olympique à Londres, Paris et San Francisco ne furent aucunement à l’ordre du jour à Saint-Pétersbourg : plus qu’un symbole, une volonté manifeste de montrer que l’hostilité à l’égard de la Chine n’avait pas lieu en Russie, surtout dans la ville du président russe. Du reste, Moscou réprouva la politisation et les menaces de boycott des jeux Olympiques tout en assurant Pékin de son soutien quant à la gestion par Hu Jintao des affaires intérieures [7].


Humiliée sur l’affaire du Kosovo, bousculée dans son jardin tibétain, Russie et Chine trouvent chacune dans l’attitude occidentale toutes les raisons de pérenniser leurs liens économiques, militaires et diplomatiques. Un tel ensemble géopolitique, s’il devait encore intensifier ses relations, aurait de quoi donner des sueurs froides aux Etats-Unis ainsi qu’à ses alliés. Il n’est pas dit que c’était là l’objectif premier des Occidentaux [8], mais il apparaît plausible que cette perspective soit celle qui nous attende dans les mois et années à venir, à moins de spectaculaires renversements d’alliances...


Et l’Europe dans cette danse ?


L’Europe, ce petit cap du continent asiatique, comme le disait avec à-propos Paul Valéry, veut-elle encore jouer un rôle prépondérant dans le monde ? Car il n’est ici question que de volonté. Et rien n’est moins sûr que cette dernière puisse avoir la détermination nécessaire de peser à nouveau dans les affaires du monde.
Sa parole devenant de plus en plus inaudible et sa politique étrangère calquée point par point sur celle du grand frère américain ne lui donne guère de crédit dans le monde, influence minée qui plus est par la difficulté de faire entendre autre chose qu’une cacophonie sur 27 voix.

Ce n’est pourtant pas faute de la part des responsables russes comme chinois de tendre la main. Cette main étant celle de l’indépendance et de la volonté d’œuvrer pour un monde multipolaire et d’ouverture. Les récriminations unilatérales fondées sur l’affect et l’émotionnel au détriment de la réflexion et de l’ouverture d’esprit ont pour l’heure seulement abouti au contraire des objectifs visés et ne feront que braquer les pays concernés.

Que les dirigeants européens se gardent bien de trop souvent montrer du doigt les déficiences de certains pays sans se voir eux-mêmes pointés du doigt pour leurs propres dysfonctionnements démocratiques et pour la non-application de concepts qu’ils s’enhardissent d’exporter.


Le panda dans les bras de l’ours, voilà une image saisissante, mais symptomatique d’une modification du puzzle géopolitique mondial. A charge pour l’Europe de choisir le rôle qu’elle entend désormais jouer au sein de cette nouvelle donne...



[1] 4 300 kilomètres de frontière commune. A titre de comparaison, les frontières cumulées de la France (Guyane comprise) sont de 4 072 kilomètres.
[2] Qu’aggravèrent l’exil londonien de Boris Berezovsky, oligarque et farouche adversaire de Vladimir Poutine ainsi que l’assassinat d’Alexandre Litvinenko dont le soupçon à l’égard des services russes n’a pour l’heure donné lieu à aucune preuve tangible.
[3] Signalons que le statut de membre observateur au sein de cette organisation a été refusé aux Etats-Unis en 2005.
[4] Il serait intéressant à ce titre d’approfondir le sujet sur le fait que le centre de gravité géopolitique se soit désormais déplacé avec la chute du Mur de Berlin de l’Europe vers l’Asie centrale. Et les récents événements du Tibet comme le problème récurrent de l’Afghanistan mobilisant un nombre conséquent de troupes alliées semblent donner poids à cette conjecture.
[5] J’ajouterai juste que, par exemple, la Chine et la Russie auraient pu participer à une véritable foire d’empoigne sur l’établissement de zones d’influence en Asie centrale, exacerbée singulièrement par les richesses en hydrocarbures contenues (et avérées) dans les sous-sols de ces anciens pays de l’Union soviétique. Or, il est apparu après 2001 qu’un bona diagnosis, bona curatio s’imposait au vu de l’influence galopante de l’hyperpuissance américaine et que toute nuisance réciproque ne pouvait que profiter à cette dernière.
[6] Pour mieux comprendre la situation, lire
cet article de Louis d’Âcre paru sur Agoravox.
[7] Dépêche de Reuters en date du 17/03/2008.
[8] Dans son édition du 11/04/2008, Le Figaro rappelle opportunément que la Chine en entrant dans le capitalisme mondial a aussi investi les circuits financiers occidentaux, notamment américains, et a limité les dégâts occasionnés par la crise du subprime en soutenant son système bancaire. De même que si le pays le plus peuplé du monde se décidait à revendre ses bons du trésor américains, il ne fait aucun doute que les Etats-Unis traverseraient l’une des crises économiques les plus graves de leur existence, si ce n’est la plus grave...


MAJ: une dépêche de l'AFP vient à point nommé pour corroborer mon analyse de la situation, je vous en laisse prendre connaissance:
MOSCOU (AFP) — Le président russe élu Dmitri Medvedev, qui entrera en fonction le 7 mai, a annoncé mardi qu'il effectuerait son premier voyage à l'étranger au Kazakhstan, ex-république soviétique d'Asie centrale, et dans la foulée en Chine.
"Comme je l'ai promis dans la nuit après mon élection, j'irai d'abord au Kazakhstan, une puissance amie, et du Kazakhstan j'irai en Chine", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec la presse.

vendredi 11 avril 2008

La (cyber)lessive du printemps


En matière de cybercommerce, l'affaire Priceforce.fr commence à prendre une ampleur assez singulière avec la mise en examen assortie d'un contrôle judiciaire du responsable de la société.

Ce site marchand spécialisé dans l'électroménager n'aurait pas honoré ses obligations auprès de clients qui ont pourtant vu leur compte débité. Le nombre de plaintes exponentielles arrivées au siège de l'UFC Que Choisir ainsi qu'à la DGCCRF a abouti à l'immixtion de la justice et à la fermeture du site pointé du doigt par les consommateurs.

Nul doute que la décision de justice sera très attendue tant par les intéressés que par les juristes en Droit des NTIC.