mercredi 3 décembre 2008

Le changement dans la continuité... to be continued


Le nouveau Président des Etats-Unis n'a pas encore pris ses fonctions que déjà se dessine le changement dans la continuité.

Eloigné de la ferveur généralisée en Europe, je m'étais défié de l'Obamania ambiante de ces dernières semaines. Par pur pragmatisme. Et aussi parce que je crois fermement que le Pouvoir (P majuscule de rigueur) façonne les êtres, et qu'il les oblige à passer par les fourches caudines de la realpolitik. On pouvait effectivement relever le caractère historique de l'élection de Barack Obama à la Présidence Américaine en tant que représentant de la minorité noire, cependant bien trop de journalistes sembleraient s'être arrêtés à cette analyse que l'on peut qualifier sans ambages de très superficielle... D'autant que contrairement à ce que bon nombre de rédacteurs semblent ignorer, la première minorité aux Etats-Unis ne concerne plus les noirs mais les hispaniques, et les projections actuelles semblent accréditer le fait qu'ils représenteront à terme 30% des Américains d'ici 2050. Cette part de plus en plus conséquente au sein de la population a d'ailleurs été l'objet d'une vive polémique voici deux ans au Congrès, avec pour effet de consacrer l'Anglais en tant que langue officielle des Etats-Unis et d'en rendre la connaissance obligatoire pour l'obtention de tout titre de séjour. Nul doute que les Sénateurs Américains eurent vent de certaines données démographiques pour prendre une telle décision...

Pour clore la digression et en revenir au sujet initial, avouons que reconduire des anciens de l'équipe Clinton, sa femme y compris, ainsi que des affidés de Georges Bush peut difficilement être perçu comme le réel changement spectaculaire que l'on nous vend dans les principales gazettes.

Nos amis journalistes et politiciens à courte vue ont juste oublié une chose, essentielle pourtant : le Président des Etats-Unis a pour mission de prendre en main les rênes des Etats-Unis, pas de la France, de la Suisse ou du Sri Lanka. Cette lapalissade n'en est pourtant pas tellement une si l'on reprend les nombreuses déclarations béates ayant parsemé de leur ineptie les journaux et revus (papiers comme numériques).
En être réduit à attendre d'autrui le salut est un signe quelque peu pessimiste dans la croyance en ses propres forces et capacités. C'est un peu la démonstration que, trop fatigués, certains pays s'en remettent à d'autres pour leur destin. L'Histoire est un cycle de vie et de mort de civilisations, pour celles où le flux de la volonté de vie ne circule plus, le cimetière ouvre toujours ses portes.

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