jeudi 24 avril 2008

Un horizon pas si bleu pour le Blu-Ray


La victoire récente du Blu-Ray face à son concurrent le HD-DVD (désolé à tous ceux qui auront investi dans des lecteurs spécifiques et de la moins-value qu’ils vont réaliser en cas de revente du matériel déjà obsolète…), et ce malgré l’appui de nombreuses sociétés dès l’origine et principalement un des géants de l'électronique, Toshiba [1], est peut-être bien une victoire à la Pyrrhus pour Sony.

En effet, comme l’explicite cet article de 20 Minutes, la révolution technologique ne sera pas forcément celle que l’on croit. Il essentiel de prendre en compte cette donnée d'importance qui veut que l’économie de l’immatériel évolue très vite, et que pour asseoir son assise il n’est pas dit que le Blu-Ray ait énormément de temps. De plus, les déçus du HD-DVD vont-ils investir de suite dans un lecteur Blu-Ray ? Rien n’est moins sûr, et plus que jamais l’attentisme sera de mise pour nombre de personnes. S’ajoute à cette incertitude le fait que les gens qui ont investi massivement dans une collection de DVD ne ressentent pas obligatoirement le besoin de la renouveler sur un nouveau format.

Et enfin, le plus gros morceau, la compression numérique de plus en plus efficiente sans rogner sur la qualité visuelle/auditive est telle que le transfert sur des supports divers s’opèrent sans heurt et avec une rapidité insoupçonnée (les taux de transfert de l'USB 2.0 et bientôt 3.0 sont édifiants à ce titre, surtout si l’on compare avec ceux des CDs, y compris en 32X !). Du coup l’encombrement et les protections des œuvres numériques sur des supports comme le DVD et ses succédanés sont tels pour le consommateur que rien n’est joué pour la firme nippone. A moins qu'elle ne se positionne elle aussi de façon stratégique sur le segment de la vidéo à la demande...

[1] Toshiba rapporte une baisse de ses bénéfices de 95 % à l'issue du premier trimestre 2008, suite au coûteux abandon du format HD-DVD dans la guerre face au Blu-Ray. Les bénéfices de Toshiba ont péniblement atteint les 1,25 milliard de yens (7,6 millions d'euros), par rapport aux 26,17 milliards de yens (163 millions d'euros) à l'issue du premier trimestre de l'année précédente. Les revenus de la firme n'ont en revanche diminué que de 3 % par rapport au premier trimestre 2007. Source: PC Inpact

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