lundi 29 octobre 2007

Sur les rives du Baltikum

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En prévision de mon voyage dans un mois pour la Baltique, je tiens à en profiter pour dresser un panorama (rapide rassurez-vous) de la région que l’on appelle les Pays Baltes (et pas Bas qui se trouve eux effectivement à des latitudes plus méridionales).

En liminaire, les Pays Baltes se composent de 3 Etats : la Lituanie (capitale Vilnius) ; la Lettonie (capitale Riga) ; l’Estonie (capitale Tallin).
Certains d’entre vous auront peut-être entendu parler de la Livonie (Livland en Allemand), elle désigne l’ancienne province qui englobait tous ces pays jusqu’en 1561, date où elle sera partagée entre les puissances belligérantes d’alors (Suède, Pologne, Russie et Danemark). Peut-être est-ce pour cette raison que l’on a tendance à opérer un (trop) rapide rapprochement entre ces trois entités étatiques. Or si des éléments les rapprochent comme la géographie où la Baltique est leur mer commune, d’autres les éloignent, comme la langue qui est balte pour les Lituaniens/Lettons et finno-ougrienne pour les Estoniens ou encore la religion dominante qui est le catholicisme pour les Lituaniens et le protestantisme pour les Lettons et Estoniens.

Ces pays sont membres de l’Union Européenne depuis le 1er mai 2004 (des référendums internes décidèrent de leur volonté d'adhérer: le oui l’emporta à 67% en Estonie et Lettonie et 90% en Lituanie) et envisagent à terme de rejoindre la zone Euro en 2008. A signaler que ces pays devinrent aussi membres de l’OTAN la même année.

Comment ne pas évoquer aussi cette résine, l'ambre jaune, faisant tourner la tête de bien des femmes depuis l'antiquité (cf article sur la route de l'Ambre) et qui se trouve quasi-exclusivement sur les bords de la Baltique?
Richesse qui, au Moyen-Âge, provoqua l'intérêt de l'ordre Teutonique comprenant rapidement comment subventionner ses croisades en pays nordique: en mettant la main sur l'exclusivité du commerce de l'ambre...
De nos jours, l'économie de ces trois Etats est surtout fondée sur le tertiaire, ce secteur au sein du PIB variant entre 55 et 70% selon le pays concerné. La croissance est aussi au rendez-vous, avec une mention spéciale pour la Lituanie qui se permet d'afficher en 2007 le chiffre insolent de 8% ! Alors que les autorités Françaises désespèrent d'atteindre les 3% rêvés...

Un article de Wikipédia leur est consacré ICI. Bonne lecture…

Deutsche Version HIER.
Русская Версия ЗДЕСЬ.

samedi 27 octobre 2007

Le livre de l'intranquillité entre l’Union Européenne et la Fédération de Russie



C’est à Mafra (Portugal) que s’est déroulé le sommet UE – Russie où la question énergétique fut au cœur des débats, voire maelstrom.
Question épineuse s’il en est depuis les désagréments provoqués par la crise du gaz entre l’Ukraine et Russie qui menacèrent un temps les importations de plusieurs pays Européens fortement dépendants du gaz Russe tels que la Pologne, l’Allemagne ou encore la République Tchèque.
A un stade où le baril de brut est à 92 dollars, un record, nul doute que cette question énergétique va de devenir de plus en plus crispante (en août dernier, plusieurs spécialistes avaient fait remarquer que les importations Russes, en Allemagne principalement, étaient inférieures aux volumes prévus contractuellement). Pour information, la part du pétrole dans les exportations énergétiques Russes représente 53,7% ; avec l’envolée des prix actuelle, l’on peut facilement deviner les bénéfices substantiels réalisés chaque jour par le plus grand Etat du monde alors que les pays Européens s’alarment depuis plusieurs années de leur « facture énergétique » (France en tête avec un déficit commercial vis à vis de la Russie estimé à 5,3 milliards d’Euros en 2006 imputable aux 4/5 à son approvisionnement en gaz/pétrole).

En outre, la question des investissements Russes dans le secteur énergétique Européen semble inquiéter de plus en plus les autorités de Bruxelles alors que la Fédération de Russie s’étonne que la politique de concurrence libre et non faussée prônée par la Commission notamment ne soit pas respectée vis-à-vis d’elle. La principale peur de l'Europe est de constater que la Russie devienne à la fois fournisseur mais aussi exploitant communautaire en s'introduisant dans le capital des plus grandes compagnies nationales [1]. Rappelons tout de même que l’Union Européenne dépend pour ¼ des importations énergétiques Russes, avec une dépendance encore plus accrue pour les pays limitrophes, ce qui est un poids considérable dans la balance.
Sous-jacent, c’est la reconduction et même la réécriture de l’Accord de Partenariat et de Coopération (APC) qui est en ligne de mire et dont l'échec récent est attribuable aux représentants Polonais.

A contrario, un accord dans le secteur de la métallurgie a été entériné au sortir du sommet, rehaussant les quotas d’exportation d’acier Russe à destination de l’Union Européenne pour fin 2007 et 2008.

Au final, un sommet relativement décevant car peu porteur d’avancées concrètes. Le tout sur fond de crise stratégique avec la volonté persistante des Américains à déployer leur bouclier antimissile en Europe de l’Est sans que les Européens eux-mêmes n'arrivent à trancher sur ce sujet les concernant pourtant au premier chef.


[1] Il est utile, à ce stade, de préciser que l'Union Européenne a joué au pompier pyromane sur cette question en imposant la privatisation à outrance dans le secteur de l'énergie. Sans garde-fou, cette volonté ne pouvait qu'à terme placer les acteurs majeurs du continent sous la férule de fonds étrangers. Or, l'Union Européenne est, à juste titre, gênée aux entournures au vu de la situation qui se présente devant elle... Pour les particuliers et entreprises, signalons que les bienfaits de la libéralisation sur les prix tardent toujours à se faire sentir.

mercredi 24 octobre 2007

Leclerc sur un nouveau front


La grande distribution avance ses pions au sein de cette nouvelle branche de croissance que sont les nouvelles technologies, non plus comme autrefois en tant que simples distributeurs de produits tiers mais en tant qu’acteurs : ce qui est une réelle nouveauté !

Ainsi Darty lança voilà un an sa Dartybox, faisant de la société un opérateur de services en double/triple play. Mais dorénavant, la téléphonie mobile aiguise aussi les appétits de l’un des poids lourds du secteur, les centres Leclerc. Celui-ci ambitionne de devenir un MNVO, c'est-à-dire un opérateur de réseau mobile virtuel louant les infrastructures d’une société disposant déjà de moyens matériels conséquents, de sorte à vendre le service sous sa propre marque en limitant les coûts structurels.
Pourquoi ne pas penser qu’à l’avenir le groupe de distribution devienne un opérateur à part entière et non plus un simple locataire... ? A charge pour cette coopérative de faire ses preuves par un bon début en tant que MNVO.

Les supermarchés Leclerc font savoir aujourd'hui qu'ils allaient eux aussi proposer de la téléphonie mobile à leurs clients. Pour cela, le groupe spécialisé dans la grande distribution a signé avec accord de partenariat avec l'opérateur mobile virtuel (MNVO) Afone. Cette signature a donné naissance à une firme détenue à 50 - 50 par les deux entreprises.

Leclerc ne devrait être qu'une licence de marque et c'est Afone qui se chargera de fournir les cartes SIM et le réseau (qu'il loue directement à SFR). Aucune date de disponibilité n'est annoncée par Leclerc qui se contente de préciser que cette nouvelle offre sera mise en place progressivement dans les supermarchés du groupe. A noter qu'Afone fournie également des abonnements ADSL. A plus long terme, cela pourrait permettre aussi à Leclerc de proposer des accès Internet à ses clients, même si pour le moment rien d'officiel n'a été précisé à ce sujet...

Source : AFP


En outre, je vous avoue mon ravissement en constatant que mon article précédent eut non seulement les honneurs d'Agoravox mais aussi, en guise de cerise sur le gâteau, ceux de Yahoo. Gageons que cela ait pu permettre à un nombre conséquent de lecteurs de mieux appréhender les enjeux de la commission dite Olivennes.

lundi 22 octobre 2007

Internet, repaire naturel de la flibuste ou de l'émancipation artistique?


Article paru sur Agoravox le 22 octobre 2007


La guerre est déclarée au piratage informatique! Une guerre de plus serai-je tenté d’ajouter avec lassitude… Poussés par les ayants droit, les pouvoirs publics ont acquiescé jusqu’à présent à la majorité de leurs revendications, fusse parfois au détriment de la logique la plus élémentaire consistant à se pencher sur la genèse du phénomène pour mieux le juguler. De fait, des pis-aller furent décidés par voie législative, ne résolvant que peu ou pas du tout le problème. Il semblerait hélas que cette politique stérile ne doive guère changer à l’avenir…

Récemment sur Agoravox, je m’étais franchement posé la question de la pertinence d’élargir la redevance pour copie privée (voire même son existence) perçue sur chaque CD, DVD ou autre support amovible acheté. A posteriori, j’avais regretté de ne pas avoir été plus au fond du problème. Par exemple : quid de la bien prompte assimilation copie privée/piratage par les sociétés perceptrices des droits d’auteurs à l'origine de cette taxe? Néanmoins, je me demandais, de façon un peu ingénue il est vrai, si la rebuffade des sociétés liées à l’industrie de l’informatique suite à l'élargissement de l'assiette de cette taxation n’allait pas faire réfléchir les autorités publiques quant à la pertinence de leur politique de lutte contre le piratage.
Las, le Ministre de la Culture rajouta une couche d’incompréhension du phénomène actuel en établissant une commission (dite Olivennes du nom de son rapporteur) ayant pour objectif de durcir la lutte contre le téléchargement illicite. Sur le fond, l'on ne peut que comprendre le souci légitime de défendre les auteurs contre la privation d’une rémunération liée à l’exploitation de leurs œuvres (bien qu’un bémol soit tout de même à signaler car le piratage est consubstantiel d’une révolution technologique, prise en compte souvent absente des débats et conduisant généralement à l’impasse des mesures initiées); sur la forme en revanche il y a un réel manque d’équité puisque le rapporteur de la commission, Denis Olivennes, n’est autre que… le PDG du groupe FNAC !

Deux interrogations me viennent d’office à l’esprit :
1) Quel est l’intérêt de la loi DADVSI si l’on est obligé de revenir sur le métier alors que la plupart des décrets d’application de cet acte législatif n’ont toujours pas été publiés au Journal Officiel [1] ? S’oriente-t-on comme certains le présument vers un DADVSI II encore plus répressif ?
2) Comment peut-on prendre sérieusement en considération l’impartialité des travaux d’une commission dont le responsable est à la fois juge et partie quant au thème traité ? A cette interrogation, Mme Albanel éluda rapidement la question du choix de M. Olivennes en quelques mots [2]: ses responsabilités ainsi que ses écrits sur le sujet en faisant de facto l’homme de la situation… Un terme, un quasi-lapsus même, du Ministre ne m’a pas échappé lorsqu’elle expliqua qu’il saura « promouvoir »… avant de se rattraper et d’énoncer qu’il saura « écouter et être très attentif aux différentes sensibilités ». Grosso modo, l’homme saura promouvoir sa vision des choses aux acteurs de différentes sensibilités, est-ce cela le message en filigrane ? Plus loin dans le communiqué, Mme Albanel a le mérite d’être très clair : ce qui l’intéresse ce ne sont pas les causes du piratage mais les modalités de son éradication. Dont acte.

Un rédacteur d’Agoravox nous fit part il y a quelques jours de sa consternation quant à la manipulation de la communication de cette commission : cette dernière s’étant félicitée du consensus obtenu sur trois points principaux que sont la riposte graduée [3], le filtrage des contenus par les fournisseurs d’accès et la multiplication des plates-formes de téléchargement légal. PCInpact revint d’ailleurs dans un article daté du 17 octobre sur cette manière quelque peu improbe de relater le résultat des consultations [4].

Pourquoi ne pas évoquer le succès de Radiohead et sa volonté de modifier le circuit traditionnel dans le secteur musical [5]? Pourquoi ne pas reconnaître que les DRM tendent à disparaître nolens volens car boudés par les consommateurs ? Pourquoi les prix des CD audio restent-ils aussi élevés lorsque les DVD musicaux sont, eux, largement plus abordables au vu de la jeunesse de ce support ? Et enfin, comment se fait-il que les artistes cautionnent implicitement et majoritairement la chasse aux consommateurs, c'est-à-dire leur public, par leur inquiétante aphonie ?
La vérité c’est qu’Internet a bouleversé les règles du jeu et qu’une révolution technologique eut lieu sans que les sociétés de gestion des droits d’auteur et maisons de disques ne s’y soient intéressées dans un premier temps. Lorsqu’elles réalisèrent que leur inertie avait été comblée par une prolifération des échanges d’œuvres sans passer par leur entremise, elles adoptèrent une réaction agressive liée à la crainte (réelle) de perdre une rentrée substantielle de leurs revenus. Or les industries de la culture possèdent encore des moyens d’action efficaces que les acteurs et jeunes industries de l’Internet ne peuvent se targuer de posséder. Et le premier d’entre eux, c’est la pression exercée sur les politiques. On se souvient de Bernard Carayon s’alarmant lors des débats sur le DADVSI de certaines pratiques peu glorieuses de représentants de l’industrie du disque : mais pour un élu osant dire tout haut ce genre de fait, combien se taisent ?

Internet est un vecteur de croissance économique formidable, et la France est un des pays du monde occidental le mieux armé pour profiter un maximum de ses retombées [6]. Reste que ces perspectives ne réjouissent pas forcément tout le monde en signant la fin de certains modèles économiques surannés.

J’ajouterai pour terminer que la récente diatribe de Mme Albanel envers la société Free fut risible au possible : comment un Ministre peut-il en arriver à mélanger l’attribution d’une licence 3G avec la lutte contre le piratage ? C’est un mystère dont je serai fort aise d’en avoir l’explication la plus rationnelle possible, à moins que la justification ne puisse se trouver dans l’exacerbation, jusqu’à l’aveuglement, de la croisade menée par notre Ministre de la Culture. Affaire à suivre…

[1] Je m’étais singulièrement posé la question de l’efficacité de cette usine à gaz qu’est l’Autorité de Régulation des Mesures Techniques au sein d’une note sur mon blog
[2] http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/index-copieprivee2007.htm
[3] Rappelons que la première mouture de cette mesure avait été refusée par le Conseil Constitutionnel dans sa décision 2006-540. Je ne peux que vous enjoindre à lire l’article de Maître Eolas à ce sujet, remarquable de concision et de clarté.
[4] L'article de PC Inpact.
[5] Le résultat du libre téléchargement moyennant une rémunération fixée par l’auditeur lui-même semble porteur puisque d’éminents artistes semblent vouloir s’engouffrer dans la brèche. Ce qui n’a pas empêché l’AFP de titrer et de rappeler avec véhémence qu’un tiers des internautes ayant téléchargé leur dernier album l’ont fait sans contrepartie financière, oubliant qu’a contrario près des deux autres tiers ont joué le jeu pour des sommes dont la moyenne se situe autour de 4£ (environ 5,74€). Cela peut sembler dérisoire en comparaison du prix actuel des CD mais il faut prendre en considération le fait que les artistes sont désormais certains de récupérer la quasi-totalité des sommes récoltées, puisque se passant d’intermédiaires. Un précédent qui aide à mieux appréhender la révolution naissante et la crainte des industries traditionnelles du disque.
[6] Selon Médiamétrie/NetRatings, 19 millions de Français ont acheté sur Internet au second semestre 2007, et ce record devrait être lui-même battu puisque le commerce électronique ne semble pas encore être arrivé à un stade de saturation.

samedi 13 octobre 2007

Il n'est pas libre Free


Une nouvelle un peu ubuesque vient de tomber sur 01Net : pour obtenir la fameuse licence 3G tant convoitée par Free, donnant la possibilité légale à ce fournisseur d’accès de devenir un opérateur de téléphonie mobile, ce dernier est sommé par le Ministère de la Culture de… lutter contre le piratage.

Deux questions s’imposent de suite :
* la lutte contre le piratage est-elle une condition sine qua non d’attribution de licence 3G ?
* le fait de proposer des services innovants rend-il tout opérateur suspect aux yeux des autorités [1] ?

Seul souci : Free était le seul à s’être montré intéressé par cette licence. De là, plus que la question du piratage invoquée un peu lestement, ne pourrait-on pas supputer de la part des pouvoirs publics une volonté de restreindre le marché de la téléphonie mobile à l'encontre d'un potentiel quatrième acteur ?
Bref, que l’ARCEP invoque ses inquiétudes quant au versement de la redevance tel qu’indiqué dans sa décision 2007-0862 (consultable au format PDF), soit et c’est tout à fait son rôle circonscrit dans les articles du Code des Postes et des Communications Electroniques. Toutefois, que le gouvernement, par la voix de Christine Albanel, l'enjoigne à aller au-delà de la liste énumérée à l’article L42-1 du dit Code me parait quelque peu attentatoire à une certaine sécurité juridique et même fondamentalement spécieux…
A moins de ne considérer pour nulles les réglementations contenues au sein des Codes, et de faire montre d’un pouvoir arbitraire : dans ce cas, sauvons les forêts et arrêtons de produire des montagnes de législation.

MAJ: Selon le magazine Challenges, Mme Albanel aurait été reçu à Matignon et Bercy dans le souci de clarifier la situation quant à ses récentes déclarations. Pour qui sait lire entre les lignes, c'est la preuve manifeste qu'en haut lieu le Ministre de la Culture n'a pas été très jugée très inspirée quant à son admonestation envers l'opérateur Free. Et ce d'autant qu'un service analogue à celui décrié par le Ministre est disponible... sur le propre site du ministère!
Comme s'en gausse si bien PCInpact: Tout se passe sur http://zephyrin.ext.culture.fr/, un maillon des serveurs du portail du ministère (Culture.fr). La page présente des similitudes troublantes avec le service de Free. Il « permet de déposer/télécharger des fichiers » décrit laconiquement la page web, « des fichiers trop volumineux pour être envoyés par messagerie électronique vers l'intérieur du réseau du Ministère » ajoute la FAQ.La taille maximum des fichiers est de 1 000 Mo, soit une bonne quinzaine d’albums MP3 (en licence libre, évidemment) ou un film compressé en DivX (sous Creative Commons, bien entendu) ou beaucoup, beaucoup, beaucoup de documents Word. Certes, Zephyrin est réservé à une communauté plus restreinte (les agents du Ministère de la Culture peuvent télécharger les fichiers déposés), mais qu’importe la population considérée, la logique reste la même.


[1] il est reproché notamment à la société Free d'avoir mis en service un support d'échange de fichiers volumineux (jusqu'à 10 Go en FTP et 1 Go en HTTP), qui est en réalité l'évolution terminale d'un concept datant de février 2007.

dimanche 7 octobre 2007

La coopération Franco-Russe à l'ère de la cybercriminalité



La semaine dernière, pendant quatre jours, policiers, gendarmes et représentants de grandes entreprises françaises, dont la Fédération bancaire française, ont rencontré leurs homologues russes dans le but de renforcer la coopération en matière de lutte contre la cybercriminalité. Christian Aghroum, le Commissaire divisionnaire, chef de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC), explique les raisons de ce rapprochement nouveau entre les deux pays.

01Net : Quels étaient les objectifs concrets de cette rencontre ?
Christian Aghroum, chef de l'OCLCTIC : Les échanges ont permis de comparer nos méthodes de travail et nos législations, et de connaître nos besoins. Notre ambition est de progresser et de créer des relations pérennes. Aujourd'hui, nous partons de rien. La lutte contre la cybercriminalité est encore récente dans les relations entre les deux pays. Mais cela évolue. Depuis notre mission effectuée en Russie en décembre dernier, les commissions rogatoires internationales que nous leur adressons sont traitées plus rapidement qu'avant. Ils nous renvoient notamment des informations et des identifications. Bien sûr, les délais sont plus longs qu'avec la Belgique ou le Portugal, mais nous progressons. Nous envisageons aussi de renforcer nos relations avec l'Ukraine.

01Net : Est-ce parce que la Russie représente un danger spécifique en matière d'escroquerie sur Internet ?
Christian Aghroum, chef de l'OCLCTIC : Ce séminaire a été organisé car beaucoup d'affaires en France ont une origine russe. En simplifiant, il y a trois types de pays. D'abord, ceux, comme la Russie et l'Ukraine principalement, qui hébergent des cyberdélinquants. Ces derniers se trouvent dans ces pays pour plusieurs raisons. D'abord, il y est facile de monter un réseau criminel avec des personnes compétentes techniquement. Ensuite, les salaires y sont faibles. Enfin, la corruption y est assez répandue. Il est donc normal qu'un informaticien payé au lance-pierre se retrouve rémunéré par une organisation criminelle.
La seconde catégorie regroupe ceux qui hébergent des réseaux de PC contrôlés à l'insu des particuliers et des entreprises par des pirates (ce qu'on appelle des botnets). Dans ce groupe on trouve principalement les Etats-Unis et la Chine. ll y a enfin les pays dans lesquels se trouvent les victimes. C'est le cas de la France.



L’article complet sur 01Net

Pour la fiche d’information sur l’OCLCTIC : regardez ICI

vendredi 5 octobre 2007

Les voyages en eaux troubles de Gulliver


Le 3 octobre de cette année, Alex Türk, président de la CNIL, présenta ses préoccupations les plus urgentes devant la commission des lois du Sénat. L’une d’elle méritant notre intention particulière, bien qu’elle ne fasse pas grand bruit : l’affaire Swift !
Si la plupart des gens connaissent ce nom d’auteur Britannique à travers son œuvre la plus magistrale, Les voyages de Gulliver, en revanche très peu savent que c’est aussi l’acronyme désignant la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication. Elle pourrait se définir succinctement comme une coopérative bancaire permettant d’effectuer des services financiers à distance.

Bien entendu, le réseau fut crypté dans l’intérêt des adhérents de cette coopérative avec comme point d’orgue le BIC (Bank Identifier Code) améliorant la rapidité des transactions.
Seul hic, cette traçabilité favorisa l’espionnage par la CIA de plusieurs millions d’opérations de par le monde: l'affaire ayant été éventée par la presse d'outre-Atlantique en juin 2006 et mit en émoi le G29, le groupe des autorités européennes de protection des données.

Véritable système à la Janus, SWIFT serait donc une structure mondialisée d’échanges en matière financière mais aussi une formidable banque de données pour les autorités Américaines. La CNIL pointa très justement le risque d’une déviation vers le renseignement économique au profit des seuls Etats-Unis se drapant, quant à eux, dans la justification d’une lutte contre le financement du terrorisme.

La CNIL semble par conséquent s’alarmer à juste propos de cette immixtion de services tiers aux opérations bancaires transitant par ce réseau. On pourrait d’ailleurs se demander en outre à quoi servent les réglementations Européennes concernant la lutte contre le financement du terrorisme ? Ainsi que l’utilité pour les pays occidentaux et autres de souscrire aux recommandation du GAFI en prenant des mesures législatives internes ?

L’affaire SWIFT est à prendre avec bien plus de sérieux qu’on ne le fait actuellement car elle signifie que le contrôle des réseaux revient in fine à une autorité externe à ces échanges, situation que l'on peut qualifier d'inquiétante quand bien même ses intentions seraient les plus louables du monde.

Quelques liens afin de mieux appréhender la situation :
http://www.cnil.fr/index.php?id=2151
http://www.journaldunet.com/expert/13024/swift-les-consequences-d-un-transfert-illegal-de-donnees.shtml

mardi 2 octobre 2007

Quand deux mondes se rencontrent en la cathédrale de Strasbourg



PARIS (AFP) - Le patriarche de Moscou Alexis II séjourne en France de mardi à jeudi, effectuant le premier voyage d'un patriarche orthodoxe russe dans un pays de tradition catholique depuis que Rome a rompu avec les Chrétiens d'Orient en 1054.

Il assistera mercredi à une messe à la cathédrale Notre-Dame de Paris et se rendra à l'église des Trois Saints docteurs (les saints Basile, Grégoire et Jean Chrysostome, ndlr ), rue Péclet dans le 15e arrondissement, qui est l'église cathédrale du diocèse de Chersonèse, lequel rélève de l'Eglise orthodoxe de Moscou.
La visite d'Alexis II, à l'invitation des catholiques français, représente surtout un pas important vers un rapprochement entre l'Eglise orthodoxe russe et l'Eglise catholique.
Le patriarche orthodoxe n'a d'ailleurs pas exclu "la possibilité d'une rencontre" avec le pape Benoît XVI, "peut-être pas dans un mois mais dans un an ou deux".

MOSCOU (RIA NOVOSTI) - Le patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis II est arrivé lundi à Strasbourg pour effectuer sa première visite officielle en France, rapporte le site du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou.

A l'aéroport international de Strasbourg, Alexis II a été accueilli par Mgr Innocent, archevêque de Chersonèse qui dirige un diocèse de l'Eglise orthodoxe russe en France, ainsi que par le représentant permanent de la Russie au Conseil de l'Europe Alexandre Alexeïev, le consul général russe à Strasbourg Konstantin Klimovski et par le diacre Philarète (Boulgakov), représentant de l'Eglise orthodoxe russe à Strasbourg.
"Le premier jour de sa visite, Sa Sainteté rencontrera l'archevêque de Strasbourg, Mgr Jean-Pierre Grallet. Le soir, il assistera au concert de choeurs d'église "Les voix de la Russie orthodoxe en France" qui aura lieu à la cathédrale de Strasbourg", indique le site du Département des relations ecclésiastiques extérieures.



Je puis confirmer que le concert oecuménique fut une réelle réussite permettant de se plonger avec délectation dans la beauté des chants orthodoxes, et la venue du patriarche de Moscou Alexis II fut une véritable surprise. Gageons que la portée de son message délivré au sein de la cathédrale de Strasbourg saura rencontrer un écho des plus favorables permettant le rapprochement des communautés orthodoxe et catholique.

Je vous prie en revanche de m'excuser pour la qualité très moyenne de la prise de vue effectuée. L'assombrissement du lieu ainsi qu'un (relatif) éloignement de la scène principale ne me permit guère d'obtenir un rendu optimal.

En outre, je suis quelque peu déçu du fait que l'agence AFP ne se soit pas sentie obligée de mentionner l'étape de Strasbourg dans son communiqué. Certes, le point d'orgue de sa venue reste Paris mais il n'en demeure pas moins que la présence du patriarche à Strasbourg est essentielle de par sa volonté d'entrer en contact avec les représentants du diocèse Alsacien et son discours ce matin même au Conseil de l'Europe.