dimanche 6 mai 2007

Du protectionnisme éducateur

Le protectionnisme a mauvaise presse en général dans les cercles économiques, la faute principalement à une mauvaise compréhension du système trop arbitrairement réduite à une simple érection de barrières douanières.
Or tel n'est pas l'objectif premier d'un tel mécanisme puisque le but recherché est la croissance de jeunes entreprises et leur protection temporaire - j'insiste sur ce point - jusqu'à ce qu'elles atteignent la masse critique suffisante leur permettant de lutter à armes plus ou moins égales avec les grands du secteur.

Pourquoi ces entreprises devraient-elles bénéficier de pareils avantages?
D'une part parce qu'elles n'ont pas la force de frappe commerciale d'entités déjà bien établies et au réseau consolidé parfois depuis plusieurs décennies.
D'autre part parce qu'elles doivent parfois faire face à une politique agressive à leur égard en matière d'achat de brevet ou d'attaques en justice pour violation de propriété industrielle pour se cantonner au niveau juridique ou au débauchage actif de techniciens/cadres dans le domaine relatif aux ressources humaines.

Les PME sont donc de jeunes pousses évoluant dans une jungle avec des moyens de défense dérisoires face à des sociétés usant et parfois abusant de leur position de force pour étouffer la concurrence.

Aide à l'innovation, exonération fiscale et protection législative contre les prédations des autres acteurs du secteur, telles peuvent être les mesures propres à aider la croissance du tissu Français de PME. Bien entendu ces mesures ne sauraient être invoquées passé un certain délai ou atteint un seuil critique en matière de chiffre d'affaires.

Article d'Emmanuel Todd dans Télérama où ce dernier défend le concept du protectionnisme à l'échelle Européenne et explicite quelque peu la notion de protectionnisme:
http://www.telerama.fr/livres/M0702261648450.html
EXTRAIT:
Le protectionnisme, ce n’est pas l’autarcie, on définit des zones de protection, tout peut se négocier. Ce n’est pas un univers idéologique, contrairement au libre-échange qui prétend avoir une recette universelle pour tous les produits.

Pour finir, je tiens à mentionner l'existence d'un ouvrage assez peu cité dans les discussions économiques. D'autant plus regrettable qu'il est l'oeuvre d'un entrepreneur Allemand du XIXème siècle, Friedrich List, ayant une approche très pragmatique du rôle de l'Etat dans le développement économique : Le système national d'économie politique.