samedi 27 octobre 2007

Le livre de l'intranquillité entre l’Union Européenne et la Fédération de Russie



C’est à Mafra (Portugal) que s’est déroulé le sommet UE – Russie où la question énergétique fut au cœur des débats, voire maelstrom.
Question épineuse s’il en est depuis les désagréments provoqués par la crise du gaz entre l’Ukraine et Russie qui menacèrent un temps les importations de plusieurs pays Européens fortement dépendants du gaz Russe tels que la Pologne, l’Allemagne ou encore la République Tchèque.
A un stade où le baril de brut est à 92 dollars, un record, nul doute que cette question énergétique va de devenir de plus en plus crispante (en août dernier, plusieurs spécialistes avaient fait remarquer que les importations Russes, en Allemagne principalement, étaient inférieures aux volumes prévus contractuellement). Pour information, la part du pétrole dans les exportations énergétiques Russes représente 53,7% ; avec l’envolée des prix actuelle, l’on peut facilement deviner les bénéfices substantiels réalisés chaque jour par le plus grand Etat du monde alors que les pays Européens s’alarment depuis plusieurs années de leur « facture énergétique » (France en tête avec un déficit commercial vis à vis de la Russie estimé à 5,3 milliards d’Euros en 2006 imputable aux 4/5 à son approvisionnement en gaz/pétrole).

En outre, la question des investissements Russes dans le secteur énergétique Européen semble inquiéter de plus en plus les autorités de Bruxelles alors que la Fédération de Russie s’étonne que la politique de concurrence libre et non faussée prônée par la Commission notamment ne soit pas respectée vis-à-vis d’elle. La principale peur de l'Europe est de constater que la Russie devienne à la fois fournisseur mais aussi exploitant communautaire en s'introduisant dans le capital des plus grandes compagnies nationales [1]. Rappelons tout de même que l’Union Européenne dépend pour ¼ des importations énergétiques Russes, avec une dépendance encore plus accrue pour les pays limitrophes, ce qui est un poids considérable dans la balance.
Sous-jacent, c’est la reconduction et même la réécriture de l’Accord de Partenariat et de Coopération (APC) qui est en ligne de mire et dont l'échec récent est attribuable aux représentants Polonais.

A contrario, un accord dans le secteur de la métallurgie a été entériné au sortir du sommet, rehaussant les quotas d’exportation d’acier Russe à destination de l’Union Européenne pour fin 2007 et 2008.

Au final, un sommet relativement décevant car peu porteur d’avancées concrètes. Le tout sur fond de crise stratégique avec la volonté persistante des Américains à déployer leur bouclier antimissile en Europe de l’Est sans que les Européens eux-mêmes n'arrivent à trancher sur ce sujet les concernant pourtant au premier chef.


[1] Il est utile, à ce stade, de préciser que l'Union Européenne a joué au pompier pyromane sur cette question en imposant la privatisation à outrance dans le secteur de l'énergie. Sans garde-fou, cette volonté ne pouvait qu'à terme placer les acteurs majeurs du continent sous la férule de fonds étrangers. Or, l'Union Européenne est, à juste titre, gênée aux entournures au vu de la situation qui se présente devant elle... Pour les particuliers et entreprises, signalons que les bienfaits de la libéralisation sur les prix tardent toujours à se faire sentir.

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