lundi 10 septembre 2007

Rédacteur citoyen... et fier de l'être



Comme vous le savez très certainement si vous avez eu la curiosité de cliquer sur le petit logo à gauche de cet article, je suis rédacteur citoyen sur Agoravox.

Rédacteur citoyen, un titre bien ronflant renvoyant dans les méandres du ProNétariat… D’office, les habitués du monde de la presse demanderont séance tenante de dégainer la carte de presse m’autorisant à me prétendre journaliste. Au risque de leur provoquer un bien inopportun infarctus, aucun document de ce type n’est exigé pour prétendre être publié. Quid de la responsabilité des propos ? Quid de la contrefaçon d’articles ? Quid de la pertinence des billets publiés?
Répondons à ces questions point par point :
  • Les rédacteurs sont responsables des propos qu’ils tiennent, et sont parfaitement susceptibles de tomber sous le coup de la législation en vigueur relative aux infractions de presse (loi du 29 juillet 1881 s’appliquant aussi aux publications numériques). Les articles incriminés pouvant être rapidement retirés par le comité de rédaction en cas de manquement à toute forme de déontologie et de prudence.
  • Comme pour le premier point, la contrefaçon d’une œuvre de l’esprit (le meilleur exemple étant l’article d’un auteur publié/copié sans son autorisation) est sanctionnée sur la base des articles du Code de la Propriété Intellectuelle. Pour veiller au respect du droit d’auteur, 3 filtres sont actifs : l’auteur véritable peut lui-même avertir le comité de rédaction d’Agoravox pour lui signifier qu’il y a eu contrefaçon manifeste ; tout internaute inscrit peut lui aussi saisir le comité de rédaction pour attirer son intention sur ce délit ; enfin, en amont, le comité de rédaction prend soin de vérifier dans la mesure du possible la véracité des sources en opérant une rétention de l’article proposé à publication autant de temps qu’il lui sera gré. Ce qui nous amène au point suivant.
  • Une politique éditoriale est fixée et doit être acceptée par tout nouvel inscrit. Ainsi si la politique éditoriale d’AgoraVox consiste à essayer de mettre librement à disposition de ses lecteurs des informations thématiques inédites, détectées par les citoyens, ceci est automatiquement contrebalancé par le fait que le comité de rédaction se chargera de vérifier la conformité des propos tenus avec la politique éditoriale d’AgoraVox et éventuellement mènera des enquêtes complémentaires en cas de doute si cela est jugé nécessaire. Ou quand liberté rime avec responsabilité. On ne peut par conséquent accuser ce média de laxisme et le filtre a priori qu’il opère permet de préserver la crédibilité d’un tel service qui ne pourrait être que pollué par des attaques ad hominem ou des rumeurs non étayées. Certes la pertinence des articles ne pourra jamais être établie à 100%, mais la « grande presse » peut-elle aussi se targuer de ce si glorieux pourcentage ? Une dernière option permet néanmoins de renforcer cette crédibilité essentielle à la pérennité de l’entreprise : les commentaires. En effet, chaque membre inscrit se fait le critique des autres, dès lors si un sujet polémique doit faire surface, il fera systématiquement l’objet d’un tir croisé de critiques, avec notation à la clef !
N’omettons pas de préciser en outre que certains intervenants sont aussi titulaires d’une carte de presse en bonne et due forme. Car Agoravox se veut justement souple, et ne fonde pas son succès sur l’exclusion de rédacteurs mais sur l’agrégation de ceux-ci.

Les critiques comme les louanges ne manquent pas, et l’on retombe inévitablement dans le débat relatif au Web 2.0. Inutile de préciser que c’est un combat dans lequel je me suis plongé avec ardeur, n’hésitant pas à apporter ma pierre à l’édifice, Agoravox en l’espèce tout en continuant de faire quelques piges pour Wikipédia.

D’aucuns pourraient m’accuser de nourrir mon ego, de profiter d’une diffusion large pour accroître ma publicité personnelle. Il pourrait y avoir du vrai dans ces observations, mais il serait largement lacunaire pour exprimer tout mon attachement à cette initiative qu’est le journalisme citoyen. Il y a à l’origine de ma venue sur Agoravox une réelle volonté didactique d’amener sur le devant de la scène certains sujets qui n’auraient été que peu, voire pas traités par les médias sur support traditionnel et parfois même d’apporter un autre angle de vue que celui communément admis. De plus, il y a de ma part une soumission pleine et entière à la critique du moment que celle-ci m’apporte un complément d’information ou me permette de mieux ciseler mes propos (l’article sur les dirigeables fut un réel plaisir par la qualité des intervenants). Le journalisme citoyen est un exercice de style requérant probité, ouverture d’esprit et maîtrise de la langue (la novlangue façon SMS n’étant pas la bienvenue sur le site), de fait je ne vous cache pas le plaisir que j’eus à de nombreuses reprises de lire certains de mes confrères. Et j’escompte bien que cela dure encore longtemps.

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