vendredi 24 août 2007

L'art de la litote



Un entrefilet. Une simple dépêche de l’agence Reuters.
Et pourtant… Que d’interrogations !

Mais auparavant, voici l’intégralité de l’article :
BOSTON (Reuters) - Monster.com a perdu les noms et les informations de contacts de quelque 1,3 million de demandeurs d'emploi dans le monde inscrits sur son site, a annoncé jeudi soir le premier site mondial en ligne d'offres d'emploi.
Le groupe américain indique sur son site internet avoir fermé le "serveur escroc" qui était utilisé pour accéder aux informations et assure également avoir pris contact avec les internautes concernés par le vol des données.

Malheureusement, ces quelques lignes très elliptiques ne relatent pas le principal problème lié à cette perte (qui n’en est pas vraiment une) de données : l’utilisation d’informations capitales à des fins spécifiques.
En effet, si les membres de ce que l’on pourrait appeler un marché de l’emploi virtuel fournissent lors de leur inscription bon nombre de données confidentielles, celles-ci n’ont pas pour vocation à être lues par le tout-venant mais sont visibles uniquement par les recruteurs s’étant enregistrés au préalable*. Or en l’espèce, il y a eu captation de ces données, et près d’un million d’internautes ont vu nombre de leurs informations capitales atterrir dans les mains (ou plutôt disques durs) de personnes tierces. Quelle belle base de données pour des orientations les plus diverses ! A commencer par la publicité agressive avec utilisation des adresses électroniques contenues dans les CV.

Peut-être n’était-ce là qu’une simple démonstration technique de hackers désirant prouver la faillibilité du système de Monster. Peut-être… Mais peut-être pas, et c’est bel et bien là que le problème réside.

* comme l'indique la partie du site consacrée aux clauses générales d'utilisation, le service destiné aux professionnels du recrutement est disponible moyennant rémunération. Exemple: 50 consultations de profils en France pour une seule journée = 380€ ou 19 425€ pour une année de consultations illimitées. Les offres d'entreprises étant basées sur le même système d'abonnement.

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