jeudi 26 mai 2016

De l'art de débloquer un pays frappé par la radicalisation syndicale


La récente discussion parlementaire sur le projet de loi travail porté par l'actuel gouvernement français a eu pour singulière conséquence de dresser contre lui à la fois des partisans de la première version déçus des retouches opérées (comme la surtaxation des contrats à durée déterminée) et des opposants à la nouvelle version (refusant certains articles, comme celui sur les accords d'entreprises favorisés par rapport aux accords par branche professionnelle). En outre, l'usage du fameux article 49.3 eut pour effet majeur de verser du sel sur les plaies : dans la constitution française, cela revient à faire passer une loi dans sa globalité en obligeant tous les députés à se prononcer pour ou contre le gouvernement. Or des députés issus de la majorité présidentielle refuseront généralement de voter une motion pouvant provoquer la démission du gouvernement, voire obliger à de nouvelles élections aux résultats incertains. Qui plus est, le récent échec de révision constitutionnelle a réduit la capacité du gouvernement à rassembler et convaincre d'où une volonté de passer en force.

Ce qui est essentiel dans la situation présente pour le stratégiste n'est pas fondamentalement le fond de l'affaire mais comment elle s'oriente. D'aucuns évoquent la radicalisation des organisations syndicales en raison de leur poids de plus en plus minorée dans les entreprises, et la crainte de voir surgir à terme l'avènement de référendums d'entreprise pouvant leur ôter une assise et un contrôle même partiel des affaires de l'entreprise. Accentué par une direction politique discréditée, hésitant dans sa démarche et cafouillant dans ses notes. De fait, c'est l'enchaînement d'évènements qu'il est utile de suivre.

La grève générale bien entendu a été décrétée, mais elle n'apparaît plus comme un moyen suffisant pour infléchir un pouvoir politique prostré. Or la méthode classique ne fonctionnant pas, d'autres mesures ont été initiées. Toutes ont un point commun : le souci de contraindre l'opinion à basculer par des privations. Presse, transport (y compris de carburants depuis les raffineries), énergie, agroalimentaire : les cibles diverses sont nombreuses et ont pour objectif de monopoliser les caméras et plumes (même en défaveur du mouvement, peu importe, l'essentiel étant de démultiplier la force de frappe). L'on remarquera à escient que les institutions ne sont quasiment pas atteintes (mis à part le déversement de fumier près des préfectures), seuls des endroits où l'impact économique et symbolique sont visés. L'approche d'un grand évènement sportif, l'Euro de football 2016, laisse entrevoir de nouvelles opportunités d'actions syndicales.

Le gouvernement pourrait être tenté par l'usure, c'est une stratégie qui s'est révélée payante et à peu de frais en quelques occasions. Seulement, celle-ci est susceptible d'être confrontée à deux écueils : le risque de radicalisation par les grévistes enhardis par le manque de réactivité du pouvoir et l'affadissement accéléré de l'adhésion des citoyens au contrat social avec l'État incapable d'assurer l'ordre public (et paradoxalement, en pleine état d'urgence).
L'autre stratégie est plus énergique mais doit être maniée avec doigté sur plusieurs plans : mise en place de sections antiblocages mobiles 24/7, avec autorisation d'usage de la force suppléées par des équipes techniques à même de rétablir le bon fonctionnement des installations (exemple : le cas d'une centrale nucléaire paralysée) ; favoriser la mise en place de consultations dans les administrations/entreprises impactées afin de mettre hors-la-loi les individus refusant le résultat de celles-ci ; création et mobilisation de circuits/ressources stratégiques afin de se ménager de toute cessation d'approvisionnement pendant quelques jours voire semaines ; saisie sur compte des dommages opérés par les éléments les plus radicaux. En cas de persistance d'une organisation refusant de laisser choir les actions de déstabilisation administratives et économiques, celle-ci tombera automatiquement sous le régime d'activité terroriste mettant en péril la sûreté de l'État.

Il est potentiellement acquis que la radicalisation des centrales syndicales est en cours, et qu'elle va concourrir à miner le fonctionnement de l'État et l'adhésion citoyenne aux devoirs envers celui-ci (notamment celui de l'impôt). Il est urgent pour prévenir des drames que les pouvoirs publics accompagnent de nouvelles formes de relations au sein des administrations et entreprises afin que les rapports ne soient plus le fait d'organismes intermédiaires mais plutôt le fruit de négociations et décisions directes. Ce qui vaut aussi en matière de représentation politique où élection après élection, l'aspect représentatif ne porte jamais aussi mal sa qualification.

Crédit photo : Citizenside

samedi 14 mai 2016

Deutschland 83 : la série allemande qui replonge dans l'univers des années 1980


Si les séries américaines sont fortement majoritaires dans le choix offert aux téléspectateurs français, il demeure quelques séries européennes ne déméritant pas à la fois sur la qualité du scénario que sur celle de la réalisation.

J'avais précédemment déjà mentionné Occupied, d'origine norvégienne, et qui relatait l'hypothétique invasion de ce pays scandinave par les forces russes avec l'assentiment bienveillant de l'Union Européenne. Cette fois-ci, le contexte est plus ancien, nous remontons en 1983, et moins fictif puisqu'il s'agit de la période dite des euromissiles. Une crise qui, par suite d'atermoiements, de bluff, de mensonges et de surinterprétations, faillit provoquer la fameuse troisième guerre mondiale qui avait tant épouvanté les populations du globe depuis les années 1950 (l'on mentionnera à cet effet, le remarquable Docteur Folamour / Dr. Strangelove de Stanley Kubrick, bijou et témoignage cinématographique de cette hantise).

Avec Deutschland 83, l'action de cette série d'origine allemande se situe par conséquent en 1983, en Allemagne de l'Ouest, et plus exactement à proximité de Bonn, sur une base militaire où sévit le général allemand Edel, un haut dignitaire ouest allemand traitant avec ses homologues d'outre-Atlantique. Au moment où la décision d'implanter des Pershing II américains sur le sol européen met en émoi le camp communiste, au point d'inciter le HVA (Hauptverwaltung Aufklärung), le service d'espionnage de la STASI est-allemande, à réagir. Lequel service décide l'envoi d'un jeune garde-frontière pour infiltrer le commandement ouest-allemand et soutirer un maximum d'informations au général américain sur place. Martin Rauch à l'Est devient Moritz Stamm à l'Ouest et entreprend, pour faire bénéficier à sa mère d'une transplantation rapide, d'obéir aux ordres malgré une hésitation quant à ses propres capacités.

La série se déguste au fil des épisodes avec des protagonistes à la psychologie complexe rendant l'univers des années 1980 si fascinant et singulier. Une plongée aidée par des morceaux musicaux d'époque et une recherche socio-historique poussée quant à l'esprit ouest-allemand durant cette période (pacifisme et émergence de la tendance New Age). Certes, l'on peut grimacer lors de certaines séquences, trop elliptiques, et quelques artifices scénaristiques un peu faciles, il n'en demeure fort heureusement pas moins que la qualité est au rendez-vous et que l'on s'immerge rapidement dans cet univers pourtant pas si éloigné de notre propre décennie. Le bon point est que la caricature n'est pas présente : chaque camp portant ses propres tares et hommes interlopes, de même que le devoir est mis à rude épreuve pour chaque individu, parfois contre sa propre morale. Qui plus est, quelques éléments historiques achèvent de renforcer la crédibilité du propos, telle l'élimination par un chasseur soviétique du Boeing 747 de la Korean Air en septembre 1983, suspecté d'espionnage. Drame aérien qui allait tendre davantage les relations est-ouest. Ou encore l'émergence du terrorisme international. Et ce alors que Youri Andropov, un dur du régime ouvert à la réforme, tente de résoudre les problèmes structurels de l'Union Soviétique qui se font de plus en plus criants au fil du temps, tandis que les membres du Pacte de Varsovie, République Démocratique Allemande en tête, n'osent contredire le grand frère oriental, au point de ne lui transmettre que des documents évidés de toute appréciation critique des éléments à disposition.

L'appréhension d'un usage de missiles à tête nucléaire en tant qu'armes tactiques, fondée sur la lecture de la doctrine Sokolovski (les travaux de Jean-Christophe Romer démontrent que celle-ci n'était pourtant pas acceptée monolithiquement et fut abandonnée progressivement au cours des années 1970 par les autorités militaires soviétiques), poussa les forces occidentales à réagir. De fait, c'est toute une époque reconstituée, et un contexte difficile où les positions étaient particulièrement tranchées comme l'illustre les propos du président français de l'époque, François Mitterrand : « Je suis moi aussi contre les euromissiles, seulement je constate que les pacifistes sont à l'Ouest et les euromissiles à l'Est ». Une tension aisément palpable dans la série où analystes et politiques se déchirent sur la conduite à tenir face à une situation où chaque engrenage mis en mouvement peut en entraîner un plus conséquent, jusqu'à l'irrémédiable.

C'est là une excellente occasion de se replonger dans l'univers de la guerre froide, de ses coups bas et de ses retournements.



jeudi 28 avril 2016

ICT Spring 2016 - Automobiles 3.0



Dears fellow readers,

I have the pleasure to inform you I will be present to the ICT Spring 2016 in Luxembourg in order to speak about the Automobiles 3.0 : their opportunities and their risks.
During the Mobility & IOT conference.

ICT Spring Europe is a European leader in information-communication-technology conferences hosting an array of international participants. It is a yearly event held in Luxembourg City which is dedicated to exhibiting and demonstrating the latest relevant trends and innovations and discuss their impact on society and the working world.

It represents an exciting array of fantastic opportunities :

– 6000 key decision makers in IT, finance, banking, web and marketing, investors, entrepreneurs, start ups etc. in one room
– Attendees from over 72 countries – the e-world gathers, come and join the conversation!
– An exclusive program of seminars and presentations delivered by some of the world’s biggest names in technology
– An exciting program of entertainment including the unmissable Gala Dinner and its after party
– The globe’s most disruptive and fastest growing start ups will attend
– The opportunity to build strong relationships and partnerships with visionary decision makers and investors
– The chance to view the latest and greatest technological advances and ICT innovations at an exclusive exhibition

ICT Spring 2016 edition is entitled “Collaborative Abundance”.

The growing abundance of data, innovation and regulation is reshuffling the cards for fast growing and increasingly interrelated markets. ICT SPRING 2016 unveils new frontiers for humanity and technologies within 9 strategic areas:
Managing the Abundance
The future of BPO // From Machine Learning to AI
HR Abundance Summit
Collaborative Education Insights // Digital HR Transformation // The new ways to manage expertise
Challenging Talent Abundance
European Universities & Graduate Schools Championship
Marketers Abundance Summit
Journalism in Digital Age // Brands Strategies // Digital Signage Innovations
Healthcare Abundance Summit
The New Healthcare // Connected health Experience
ICT Abundance Summit
The future of ICT- Internet of things – Cybersecurity Strategies
FinTech Abundance Summit
Digital Distribution // Fintech Revolutions // Innotribe Session
Space Abundance Summit
The New Space Race // Mobility & IoT // Cybersecurity 2020
Code Summit
Hackhaton 2016 // Coding workshops

Official Site


dimanche 24 avril 2016

Démocratie et populisme : ou comment ne pas confondre cause et conséquence


L'ascension du magnat de l'immobilier Donald Trump lors des primaires du parti républicain américain a été rapidement qualifiée de montée du populisme aux États-Unis. De la même manière, bien que dans une moindre mesure, la surprise Bernie Sanders chez les démocrates fut traitée identiquement. De l'autre côté de l'Atlantique, avec une symétrie plus ou moins similaire, lorsqu'un parti européen en vient à bouleverser le jeu d'ordinaire si bien huilé de la répartition du pouvoir entre deux factions politiques, le populisme entre dans toutes les bouches et noircit les pages des éditoriaux.
Phénomène rapidement désigné comme principal danger menaçant les démocraties contemporaines.
À telle enseigne qu'il serait à l'heure actuelle possible de paraphraser un célèbre intellectuel du XIXème siècle : un spectre hante l'Europe, le spectre du populisme.

Pourtant, nombre de commentateurs seraient bien en peine de fournir une définition correcte du terme tant celui-ci est polysème et sert plus d'anathème que de qualification rationnelle.

Ainsi, deux points se doivent d'être clarifiés : 
1) en son étymologie, populisme est dérivé de Populus, c'est à dire Peuple
2) l'origine du terme populisme tire géographiquement ses racines de la Russie, historiquement de la moitié du XIXème siècle et politiquement du mouvement socialiste

Difficile dès lors de prétendre que le phénomène serait propre au XXIème siècle : il s'inscrit bien au contraire dans une logique historique fort ancienne, où ses résurgences sur la frise chronologique sont le fruit et non le germe de bouleversements majeurs.

La lutte entre les optimates et les populares durant la Rome républicaine (c'est à dire bien avant l'Empire fondé par Auguste) fut une période à la fois d'expansion territoriale suivie de troubles endémiques socio-économiques sérieux qui ne prirent réellement fin qu'avec l'endossement par le patricien Julius Caïus Caesar des aspirations populaires. Le sort tragique des Gracques, des réformateurs politiques du IIème siècle avant J.C., fut l'un des épisodes les plus symptomatiques de cette période troublée.

Oliver Cromwell n'était-il pas un populiste? Et George Washington? Lénine? Józef Piłsudski? Napoléon Bonaparte? Et ce roi des Arvernes devenu figure historique française, Vercingétorix?
En vérité, le destin du populisme tient surtout à l'endossement des aspirations populaires par une figure tutélaire qui emporte avec elle durant son ascension les résistances structurelles ayant donné naissance, contre son gré, au mouvement populiste qui l'emportera tôt ou tard.

La captation partisane (au travers de grandes structures) et la professionalisation de la politique sont les deux principales mamelles du populisme contemporain. Le monde occidental n'aurait-il pas commis une erreur suprême? Celle de considérer la démocratie représentative comme garante ad vitam aeternam de la tranquillité politique, au point de fossiliser tout l'échaffaudage de celle-ci. Comme si l'élection de représentants était l'élément principal et vital de la vie politique? Or, au fil du temps, le système s'est mué en une machinerie prompte à exclure les bonnes volontés, à raboter les aspirations et surtout à se transformer en une caisse de retraite pour privilégiés. Le système souffre inexorablement de plusieurs tares cumulatives : gérontocratie, partisanerie, corruption, opacité, conservatisme, propagandisme. La liste n'étant pas exhaustive, évoluant selon la longitude et la latitude des régimes.
Rappelons que les partis politiques ne représentent qu'une infime partie de la population globale, et que leur subsistance dépend majoritairement du denier public. Ce qui fait d'eux de formidables aspirateurs à ambitieux sans scrupules au regard des sommes collectées et des places potentielles offertes qu'eux seuls sont à même de garantir. Lesquelles places font l'objet de tractations à l'abri des regards de la population, ce qui explique qu'en certaines circonstances il s'agit majoritairement plus d'un jeu de chaises musicales que d'un choix réel offert aux électeurs.
S'ajoutent le rôle souvent néfaste, et même funeste, de revendications communautaristes qui strient toujours davantage le contrat social entre le pouvoir et la population. Au point même de rendre totalement opaque la visibilité du pays aux dirigeants qui obsédés par les actions à court terme n'en écoutent que davantage les revendications les plus bruyantes qui se pressent dans les antichambres du pouvoir, au mépris en revanche des détresses dignes mais sourdes du reste de la population.

La démocratie, ce n'est pas l'élection, c'est la participation du peuple aux décisions politiques. Lorsque celui-ci boude pour plus de la moitié (et même davantage) lesdites élections, il est manifeste que le système ne répond plus aux attentes de la population en âge de voter. Dorénavant, le parti arrivé au pouvoir s'acharne à oublier la minorité, parfois très importante, n'ayant pas voté pour lui et foule aux pieds l'une des bases fondamentales d'un régime sain : où comment un parti pouvant obtenir 50,01% des voix (sur les suffrages exprimés et non des inscrits rappelons le) en vient à mépriser, lorsque ce n'est pas écraser, les 49,99% restants. Intenable à terme.
En outre, l'artifice de calculer les résultats d'une élection sur la base des seuls votants et non du corps électoral pris en son ensemble (ce qui signifierait que votes blancs et abstentionnistes soient comptabilisés) lézarde la foi générale en un système fiable et représentatif.
Pour exemple, une élection législative partielle eut lieu en France, en Loire-Atlantique, où le candidat d'un parti gouvernemental s'enorgueillit d'emporter au second tour le poste de député avec 55% des voix... pour près de 75% d'abstention! Quel crédit peut-on en toute honnêteté accorder à un pareil simulacre d'élections? De la part d'un pays où les autorités font bombance de leçons démocratiques au reste du monde, l'anecdote est savoureuse autant qu'inquiétante. Car l'absence de réaction à une telle désaffection des électeurs provient soit d'un autisme carabiné soit d'une approbation d'une déliquescence du processus électif.

La réaction est généralement identique des deux côtés de l'Atlantique : stigmatiser, refuser, empêcher, condamner par voie de justice, acheter opposants et membres de cette opposition. En règle générale, les politiciens entrevoient clairement que le populisme vise moins à troubler l'ordre public qu'à remettre en cause prébendes, pensions, titres et propriétés indûment soutirés à l'État.

De quel côté pencherait le pouvoir économique vis à vis du populisme? Par essence celui-ci a besoin de stabilité, de vision à terme pour les affaires. L'aléa est l'ennemi du commerçant, de l'entrepreneur et de l'investisseur. Cependant, si une infime partie du tissu économique tire profit de son accointance avec le pouvoir politique, si ce n'est en le subventionnant pour mieux le manipuler en certaines circonstances, le hiatus apparaît avec les ruptures de modèles économiques antérieurs. L'attention des élus accordée aux monopoles en place en défaveur des secteurs porteurs, généralement taxés conséquemment, peuvent peser lourdement.
Paradoxalement, les perdants et les gagnants d'une mutation économique peuvent se retrouver alternativement dans un courant populiste en fonction des décisions du pouvoir politique.
En règle générale, il y a plus adaptation que crainte ou adhésion au populisme. C'est déjà le cas lorsque les acteurs dynamiques sont obligés de délocaliser ou de s'étendre principalement à l'international pour compenser les pesanteurs d'une administration aux décisions plus politiques qu'économiques. Le populisme fondamentalement ne change les effets qu'à la marge, et si quelques personnalités du monde économique soutiennent tel ou tel candidat, la majorité préfère éviter de s'aliéner le nouveau pouvoir en place ou en devenir.

Autre point sensible : la xénophobie auquel le populisme est souvent affilié. Or, il n'existe pas formellement de consubstantialité entre les deux phénomènes : le populisme peut exister sans base xénophobe, et la xénophobie peut exister sans émergence populiste. L'étranger comme bouc-émissaire des heurts et malheurs d'une période difficile est une solution de facilité pour des individus souhaitant trouver des coupables faciles et peu/mal défendus. Mais l'étranger peut aussi être la cause d'un prurit populiste lorsque celui-ci bénéficie, a contrario, de facilités d'accès et de protections supérieures à celui d'un autochtone. Populisme et xénophobie peuvent être liés, mais cette union ne demeure qu'une potentialité et non un élément constituant du phénomène.

L'utilisation polémique du terme, comme autrefois celle de tyrannie comme s'en gaussait Aristophane dans ses écrits, tend à discréditer tout mouvement ou individu en se focalisant sur les stigmates et non sur les origines de son ascension. L'Histoire est en cela édifiante qu'un combat fondé sur l'éradication des conséquences sont du domaine du labeur de Sisyphe : une tâche sans fin. En outre, l'effet pervers est de raffermir les éléments les moins radicaux en les assimilant, si ce n'est en les condamnant.

Car la démocratie de type occidental est en péril sur plusieurs fronts. Et nombre d'initiatives naissent et tentent de prospérer pour apporter une solution adéquate aux défis actuels. Or, ces propositions, plus ou moins avancées, suscitent généralement dédain ou méfiance dans les circuits traditionnels politiques. Et l'anathème de populisme n'est jamais très loin en cas de succès, même modeste.

Une réflexion provenant du Chardon apparait utile pour observer ce qui se déroule en Amérique du Sud : 
Ce qui est en train de se passer au Brésil devrait nous alerter. Dilma Roussef est donc dans une grave crise politique, confrontée notamment à une procédure de destitution. Des manifestations monstre ont lieu dans le pays, qui dépassent celles d'il y a quelques années : mais alors, c'était avant la Coupe du Monde, l'économie marchait à peu près bien, le peuple, ne manifestait que contre le manque d'efficacité. Dans le cas présent, cela semble aller au-delà : non seulement il y a le manque d'efficacité (aggravé par la crise économique) mais aussi la corruption. Au fond, les peuples acceptent soit l'un, soit l'autre. Soyez inefficaces mais honnêtes, ou corrompus mais efficaces. Ce cocktail détonnant se retrouve ailleurs, y compris chez nous. Et la démocratie tant vantée ne paraît pas répondre à ces défis car elle ne paraît plus aujourd'hui efficace.

Un facteur aggravant de la situation est la réponse anti-terroriste aux divers attentats ayant endeuillé les capitales européennes : plus de restrictions, plus de contrôles, plus de surveillance comme réponse invariable à la menace. Or, que haïssent précisément les terroristes? Ces libertés, prioritairement celle de penser, de s'exprimer et de se comporter. Les autorités à la tête de diverses démocraties occidentales n'ont eu pour unique réponse, non de confirmer ces libertés pour faire pièce aux démonstrations des terroristes, mais de les restreindre voire de les suspendre. Ce climat génère à son tour de la méfiance envers les politiques qui les mènent car subsiste la diffuse impression d'une utilisation politique d'évènements tragiques pour asseoir un contrôle toujours plus ténu sur la population.

De cette société civile, l'inquiétude se transforme parfois en initiative. Par exemple, l'un des principaux projets de faire émerger une figure politique de la société civile au travers d'un processus de présentation puis de désignation, tel que le préconise LaPrimaire.org, n'est-il pas un populisme visant à se soustraire à un système rigide et estimé non représentatif de la société?

Le populisme porte cependant en lui les germes latents de la dissension et du désordre. Non point qu'il en soit le responsable premier, mais plus la résistance aux revendications populaires s'intensifient et perdurent, plus le risque de troubles s'accentue. Lorsque les demandes ont été trop longtemps refoulées (voire foulées aux pieds), il y a une explosion dont la déflagration peut aboutir à des dommages conséquents. À l'instar d'une éruption volcanique de type plinienne.

Le populisme est à la fois un baromètre des dysfonctionnements majeurs et répétés d'une démocratie comme un accélérateur de l'Histoire en cas d'échec de prise en compte des revendications. Le populisme finit toujours par disparaître une fois les éléments déclencheurs soit éteints soit résolus.

samedi 2 avril 2016

Alpine et DS : sur la route de l'excellence automobile à la française


Lorsque l'on évoque l'excellence automobile, il vient de suite à l'esprit Porsche, BMW, Mercedes, voire désormais Tesla qui a fait une entrée fracassante dans le giron des véhicules premium.
Mais l'individu moyen ne citerait certainement pas une marque française. Pourtant les marques françaises ne sont aucunement absentes des victoires sportives qui seraient à même de lui donner une présence statutaire dans les esprits des consommateurs. Peine perdue, les quelques tentatives de ces dernières décennies n'ont pas été couronnées de succès pour plusieurs raisons :

* une protection de l'industrie nationale française visant à sanctionner les grosses cylindrées (comprendre étrangères), confinant les véhicules des constructeurs nationaux à des modèles sous-motorisés par rapport à la concurrence
* une culture de l'automobile très déficitaire dans les cercles dirigeants, aboutissant à des mesures contre-productives caractérisées par une politique très peu judicieuse en matière  d'économie et d'emploi
* les différentes taxes qui cumulées rapportent 63 milliards d'euros à l'État français (selon l'Automobile Club Association), incluant le coût du permis de conduire, les contraventions, l'assurance obligatoire, le contrôle technique, la maintenance du véhicule et bien entendu le carburant (pour près de 34 milliards d'euros de recettes), contribuant à ce que la voiture devienne une charge financière qui à terme ne sera plus accessible qu'aux ménages les plus aisés
* une répression routière qui a désormais atteint son plafond en matière d'efficacité mais qui se poursuit en se fondant sur la présomption de culpabilité de tout automobiliste, avec le déploiement de matériel dont la sophistication et l'investissement laissent pantois
* un auto-dénigrement entretenu au fil des échecs

La France se distingue par une très forte prégnance du pouvoir étatique, ce qui n'est pas fondamentalement problématique si la raison et la constance gouvernaient au faîte du pouvoir. Malheureusement les mesures erratiques, lorsqu'elles ne sont pas contradictoires, entravent toute émergence de l'excellence française en matière automobile, d'où la disparition de grands noms comme Delahaye, Facel Vega, Delage, Salmson. Seule Bugatti a ressuscité de façon miraculeuse. Sous la férule du groupe allemand Volkswagen il est vrai.
Tout ne peut être imputé au pouvoir politique, cependant ses décisions ont souvent pesé lourd dans le devenir ou la survie de marques emblématiques. 

N'oublions pas que l'État français est un actionnaire au sein de Renault (dont la participation a grimpé à presque 20% en 2015) et de Peugeot (14%, identique à Dongfeng Motor), et entend peser sur les décisions. Le conflit qui pendant une grande partie de l'année 2015 a opposé sur le droit de vote double Carlos Ghosn, responsable du groupe au losange, à Emmanuel Macron, Ministre de l'Économie, est symptomatique de la difficulté pour une firme privée d'avoir à ses côtés un actionnaire puissant dont les préoccupations peuvent compliquer très sérieusement le plan de route d'un groupe. La problématique du salaire du PDG de Peugeot, Carlos Tavares, jugé trop indécent par la voix des autorités publiques lors du conseil d'administration, fut de la même manière un sujet de discorde fin mars 2016.
Néanmoins, l'État français s'est judicieusement gardé de se subroger à la gouvernance de l'entreprise, et n'entend pas jouer le rôle de stratège mais celui d'actionnaire soucieux de certaines valeurs. Il est vrai que la bonne santé financière retrouvée des firmes visées autorise des recettes substantielles sous forme de dividendes que cet actionnaire si particulier ne peut décemment refuser en vertu de l'engagement du denier public.

C'est dans ce contexte que la création de DS par le groupe Peugeot et celui d'Alpine par son concurrent Renault sont à saluer car ces marques, voulues comme distinctes des autres modèles, sont positionnées comme indépendantes et volontairement haut de gamme. Rien à voir avec l'apposition d'un logo, de stickers, de fioritures esthétiques ou d'artifices destinés à ressortir un véhicule déjà existant et « rebadgé ». Il s'agit bien d'une production indépendante bien que susceptible de puiser dans la banque d'organes du groupe dans lequel ces réalisations trouvent place. Au passage, et ironie de l'histoire, la marque Alpine fut relancée par Carlos Tavares qui était directeur général chez Renault avant d'en partir pour l'autre constructeur national. L'on peut aussi subodorer que le risque de déchéance de marque a joué pour le réemploi de celles-ci (une marque qui n'est pas exploitée peut être récupérée juridiquement si la preuve est apportée que sa commercialisation n'est plus effective). Encore que pour DS, il s'agirait plus d'une extirpation que d'un réemploi à proprement parler des modèles sortis entre 1955 et 1975.

Le cas d'Exagon Motors est différent : la Furtive eGT a été une tentative infructueuse d'entrer sur le segment des grandes sportives électriques dont le créneau est désormais laissé vacant depuis le retrait de la firme franco-monégasque Venturi (rachetée en 2000 puis délaissée en 2015). Projet ambitieux, et louable, dont la mise en chantier et les exigences techniques comme normatives mirent cependant à mal les finances de la société. Jusqu'à une récente lueur d'espoir : un partenariat fut noué en janvier 2016 avec DS pour faciliter l'émergence d'une conception électrique susceptible de trouver place au sein de la nouvelle gamme du groupe Peugeot, avec un apport de fonds du gouvernement du Canada et d'Hydro-Québec). L'histoire d'une GT de luxe à la française, électrique, reste encore probable, et la sensation qu'a créé la présentation au salon de Genève la DS e-Tense est de très bon augure d'autant que la motorisation était le fruit des travaux... d'Exagon Motors. Reste cependant à passer de l'étape concept-car à celui de production en série, mais souvenons que la Peugeot RCZ n'était qu'un vague exercice de style avant de rencontrer un accueil enthousiaste similaire à l'e-Tense pour finalement donner naissance à l'un des modèles français les plus racés des années 2010.

Concernant Renault, le lancement d'un modèle profilé aux couleurs d'abeille (jaune et noir), la Renault R.S. 01, a été une vraie belle surprise : une vraie GT à même de concurrencer les Ferrari, Porsche et autres Aston Martin habituées à se partager les places d'excellence lors des diverses épreuves. Il tarde de voir cette sculpturale fusée se produire dans les championnats les plus réputés de l'Endurance et de Grand Tourisme. Preuve de sa capacité à effrayer ses adversaires, elle a déjà remporté en 2015 l'Open Challenge du GT Tour et en 2016 l'épreuve des 12 Heures de Mugello, piste d'essai du constructeur italien au cheval cabré, en se situant devant des monstres tels que des Lamborghini Huracan, Mercredes SLS, Aston Martin Vantage, Ginetta G55 et Audi R8 LMS. Bref, un joli potentiel qui appelle bien d'autres victoires à suivre... En outre, un championnat monomarque est déjà mis en place : le Renault Sport Trophy, lequel servira à affûter les pilotes et la mécanique.


Pour que le succès soit au rendez-vous quant à l'émergence d'une vraie culture du luxe automobile, plusieurs éléments doivent être présents : 

* un appui par les autorités publiques ou à tout le moins, une absence d'entraves législatives et fiscales
* un changement de mentalité, celui de croire que la voiture de luxe à la française ce n'est pas possible et encore moins souhaitable
* une promotion sur les pistes et au sein des nouveaux moyens d'information (y compris les simulations automobiles qui sont une formidable caisse de résonance pour un nouveau public)
* allier le luxe traditionnel à la française à l'esthétique, à la mécanique et aux innovations technologiques du monde automobile (dans le même sillage que la FrenchTech)
* une coordination facilitée et sincère entre artisans, équipementiers et grands constructeurs comme cela s'effectue en Allemagne

Car le luxe ne connait jamais la crise, et pour un groupe d'importance, généraliste, il est toujours nécessaire d'avoir un navire amiral rutilant où puissance et élégance font bon ménage. Tel Fiat avec Ferrari, Volkswagen avec Bugatti/Lamborghini, Tata avec Jaguar, Toyota avec Lexus ou encore General Motors avec Cadillac. Alors pourquoi pas Renault et Peugeot?

Alpine Cars : https://alpinecars.com
DS Automobiles : http://www.dsautomobiles.fr
Exagon Motors : http://www.exagon-motors.com

Crédit photo : largus.fr

samedi 19 mars 2016

Armies of the Russo-Polish War 1919-1921 (Osprey Publishing)


Le conflit qui opposa la République de Pologne à la jeune Union Soviétique (en réalité plutôt la République socialiste fédérative soviétique de Russie puisque l'URSS ne sera officiellement proclamée qu'en décembre 1922) présente l'analogie avec la guerre de Trente Ans d'être la continuation sur le théâtre oriental européen d'affrontements majeurs débutés à l'opposé du continent (l'an 1648 est autant la date du Traité de Westphalie que celui du soulèvement de Khmelnytsky).

Comme je l'avais déjà relaté dans un article relatif à un long métrage d'origine polonaise, La bataille de Varsovie 1920 : la route de l'incendie mondial passe sur le cadavre de la Pologne, ce qui se déroula en 1919 n'était que la suite logique des conséquences de la paix entre la Triple Entente et la Triple Alliance. Logique en effet car d'une part l'arrêt des combats par le gouvernement allemand laisse sur le front Est tout un pan territorial où l'autorité n'est plus clairement distincte (hormis la fusion de la république de Bessarabie avec la Roumanie ainsi que la création de la Tchécoslovaquie), et d'autre part l'article 28 du Traité de Versailles consacre la résurrection de l'État polonais disparu depuis 1795 (le Duché de Varsovie créé par Napoléon Ier en 1807 ne disposa pas durant sa courte existence d'une réelle souveraineté).

L'ouvrage d'Osprey Publishing n'entend aucunement détailler les manoeuvres et le déroulement de cette guerre singulière, en revanche ses quarante-huit pages sont fort utiles pour avoir une idée précise de la composition des différentes armées et des équipements utilisés par celles-ci.

Bien fourni en illustrations explicatives, le lecteur comprend rapidement que cette guerre de titans (au regard des forces en présence, entre 700 000 et 800 000 hommes de chaque côté au plus fort de la mobilisation) a été l'affrontement de deux forces politiques puissantes et en plein essor : le nationalisme polonais faisant face au communisme russe. Les polonais luttant pour assurer leur survie en engrangeant le plus vaste territoire possible aux fins de se garantir une profondeur stratégique (cf la lutte pour la Silésie et la zone balto-biélorusse) tandis que les autorités bolcheviques brûlent de mettre enfin la main sur l'Allemagne, patrie idéologique du communisme mondial. Cet affrontement sera sans pitié, d'une violence consommée, et pèsera très longtemps sur les relations russo-polonaises (jusqu'à l'apaisement de 2010 suite à la disparition d'une partie des élites politiques polonaises dans un accident aérien près de Smolensk où les responsables des deux pays firent preuve d'une exceptionnelle cordialité). L'évènement marqua un très net frein aux ambitions de la jeune république socialiste de Russie d'étendre le communisme à toute l'Europe alors qu'elle venait de mettre un terme à sa propre guerre civile (1917-1919) et que ses troupes disposaient d'un moral très élevé ainsi que de jeunes commandants innovants (émergence de l'opératique appliquée sur le terrain). Anecdote : Józef Piłsudski, chef d'État et militaire de haut rang polonais fut aussi le responsable du parti socialiste polonais et écopa de plusieurs années d'exil en Sibérie pour activités liées à un mouvement révolutionnaire... russe!

Il est instructif de constater que les deux armées sont des miracles d'organisation en un temps record : la partie polonaise dut composer avec des recrues provenant de plusieurs pays (Autriche-Hongrie, Allemagne, Russie, France, États-Unis), parées d'uniformes et d'armements pour le moins disparates sans omettre des cultures militaires différentes, tandis que son homologue russe fut contrainte de s'inventer à partir de rien en raison de la chute du pouvoir impérial et fonda l'Armée Rouge à force d'abnégation, de discipline... et de pragmatisme (Lev Trotski accepta le renfort et l'expérience d'anciens cadres de l'armée tsariste au grand courroux de Staline).

Contrastant avec la guerre de position d'une majeure partie du conflit de 1914-1918, l'affrontement polono-russe fut au contraire l'objet de grandes manoeuvres sur près de 700 kilomètres où les offensives et contre-offensives furent légion. Le traité de Riga du 18 mars 1921 mit fin à une terrible épreuve où la face de l'Europe aurait été toute autre en cas de chute de Varsovie.

Très complet sur le plan du référencement de l'ordre de bataille et des insignes, l'ouvrage ne manque pas non plus d'insérer les quelques unités ukrainiennes ayant participé aux combats du côté polonais. Les illustrations d'Adam Hook sont tout autant appréciables. Pour qui s'intéresse à la guerre russo-polonaise, l'ouvrage est indispensable même si une carte globale des opérations aurait été la bienvenue.


mardi 15 mars 2016

Automobiles 3.0 (English version)

Dear fellow readers,It is with a great joy that I am proud to present my latest book to be published soon in the Nuvis library and I deliver you above the finalized coverage. 

 As the most perceptive will be able to observe, it is indeed the great Rinspeed Etos which benefited from my hand a detailed item at its public presentation, and whose copyright permission was granted by me director and founder of Rinspeed, M. Rinderknecht. Either again most warmly thanked.The foreword is provided by Philippe Davadie, the author noticed Company: New cyber challenges published by Economica. 

As for the content itself, I leave you to read: 
Automotive: adulated or disparaged, it has become a central topic of our societies since its advent and its latent broadcast to the general public. Fads and problems it generates have been constantly reacting the authorities in each country, according to the passions and disapproval. From the artisan workshop of the late nineteenth century to the global group of early twenty-first, the industry has become more professional over the decades and is considered today as a major economic player. 

Concomitantly, and despite their youth, information systems, communication and control have expanded exponentially in their various forms to the most critical elements of vehicles. 

It is now common for car manufacturers exhibit at electronic high masses, as it is customary to observe the giants of the computer world testing their prototypes on wheels in various areas of Europe, Asia and America. The convergence of both worlds is a reality, and if everyone rushes to his side to take a position on the carrier vehicle market tomorrow, few present players cross the finish line lonely. It is now accepted that the complexity of the phenomenon will require the skills of each trade.But behind a car, they are men: contractors, engineers, designers, researchers, drivers, pilots, artists ... It is they who write this history from its origins and create his future. It is also the obligation for national authorities to understand the essence, and corollary issues, like the cyber world with which the analogies are very numerous. 

The automobile of today and tomorrow is a work which wants public, open to contemporary trends. Because the car is a century-old history, having married since birth the turmoil, anxieties and expectations of human timeline. Focused innovations, she accompanied the advent of electronics and already offers to host one of artificial intelligence: what makes it a key player in cyberspace.


Part I) 
  • Going fast is good, to know where to go fast is better 
  • Volta to rescue the automotive world but not the reverse 
  • Increased dependence of future vehicles to White Gold 
  • The art of camouflage electronic 
  • Electronics in vehicles: opening port (e) s in both directions 
  • Cyberspace and automotive: nested worlds and cross partnerships 
  • Bugs, hackers, electromagnetic pulse: how electronics becomes our worst friend 
  • Formula E electrifies crowds 
  • Intelligence artificial soon without artifice 
  • The circular economy : automotive exemplified the right way
  • Cars without drivers: the emergence of a society without freedom?

Part II) 
  • Rinspeed Etos: Yes a vehicle drone
  • The French drive like idiots 
  • Brazil on the starting grid of the sports car
  • Faster 
  • Races, Russians, Cyber
  • TVR Sagaris, the last roar?  
  • We want to sing the man at the wheel, whose ideal rod passes through the Earth, launched itself on its orbit circuit 
  • Road safety: an example of informational strategy turning empty 
  • German industrial policy: a model 'solidarity efficiency 
  • Lada Revolution or Evolution?  
  • Did you know? (Compilation of amazing facts or anecdotes about the automotive world, civil and sport)Appendix 
  • Glossary 
  • Bibliography 
  • Indicative list EVs 
  • Indicative list driving simulations

The book's release date is scheduled for March 21 on the website of the Nuvis publisher or main ecommerce sites.  

The foreword is provided by Philippe Davadie, member of Radar Echo via the IT blog and author of Orphans noticed Company: New cyber challenges published by Economica.

jeudi 3 mars 2016

Elsace Musk pour Telsace Motors

Le landerneau de l'entrepreunariat alsacien se mit en émoi le 3 février lorsque lors d'une conférence à Paris, le patron charismatique de Tesla Motors, Elon Musk, évoqua subrepticement l'Alsace comme localisation potentielle d'une future usine.

Depuis, toute une stratégie communicationnelle s'est mise en branle pour attirer l'intéressé. Comme le relate fort-à-propos le quotidien régional Dernières Nouvelles d'Alsace [1] : Elon, Alsace is ready for you !
Selon le quotidien, l'adresse tesla.alsace serait en passe d'être réservée par le Conseil Régional de la région ALCA (et après vérification, celle-ci a été effectivement opérée). Un procédé de l'ordre du symbolique à moindre coût mais après la longue bataille pour Tesla Motors dans sa conquête de nom de domaine (passant de teslamotors à tesla, une stratégie visant à rendre le groupe moins centré autour de l'automobile), l'initiative est judicieuse. Dans le registre du plus clinquant : un bouchon de Bugatti pourrait lui être offert lors de sa visite au salon de Genève (d'autant plus à propos que la sculpturale Bugatti Chiron vient d'y être dévoilée).

S'il est plaisant d'observer un tel engouement pour un ponte de l'automobile en particulier et des technologies innovantes en général, il est loisible de se demander si celui-ci n'est pas une contrepartie à l'impossibilité de voir émerger un Elon Musk national? 
Fiscalité répulsive, tracasseries administratives pléthoriques, droit du travail inadapté au monde moderne, privilège de la rente et de l'héritage au détriment de l'investissement productif et de l'innovation, incompréhension et conservatisme ambiants : les obstacles sont légion. Ce qui n'empêche pas les ambitions et les projet de naître... mais pas de prospérer sur le long terme. Une start-up c'est bien, une entreprise pérenne c'est mieux.

Elon Musk viendra-t-il en Alsace? Peut-être, peut-être pas... Mais le patron de Tesla a déjà réussi son pari : faire de Tesla l'égal médiatique des constructeurs mondiaux. Lesquels s'enhardissent pour le lancement de leur propre modèle électrique ou hybride en concept ou voiture de série.

Mise à jour : le clip évoqué ci-dessus



[1] http://www.dna.fr/actualite/2016/03/02/qui-veut-seduire-le-patron-de-la-tesla-et-l-attirer-en-alsace