lundi 26 janvier 2015

Cybermanipulation d'opérations financières : un cas relevé en décembre 2014


Que les pirates s'intéressent désormais à la finance, ce n'est pas nouveau, je me permets de vous renvoyer à mon ouvrage où j'établis une chronologie des faits les plus marquants survenus depuis les années 2000. 

Cependant si j'évoque le cas qui a été révélé fin 2014, c'est pour l'intérêt de comprendre la combinaison de moyens techniques et d'ingénierie sociale aux fins d'agir sur les circuits des marchés financiers.

Mon propos va se focaliser sur l'affaire attribuée au groupe nommé FIN4, découverte par la firme de sécurité américaine FireEye. Laquelle a expliqué comment ont procédé les délinquants.

Fondamentalement, l'on est en face d'une association de malfaiteurs n'ayant pas une maîtrise pointue de l'informatique ou n'éprouvant pas le besoin de s'en servir puisque sur le plan purement technique nous sommes en face d'une méthode relativement conventionnelle. Cela ne signifie pas qu'elle soit inoffensive, une arme (même cybernétique) est toujours nuisible lorsqu'on l'applique sur la partie la plus faible du dispositif. En l'espèce, c'est du spear phising (jeu de mots avec spear fishing, pêche sous-marine en français) qui consiste à faire mordre à l'hameçon, en l'occurrence un courriel piégé avec en son sein une macro VBA* vérolée, une personne bien précise d'une société ou d'un cabinet. De sorte à ce que le maliciel puisse faire son oeuvre et fournir identifiants comme mots de passe. Là où le procédé est plus abouti, ce n'est pas par l'emploi du programme malveillant mais par la précision extrêmement aboutie des messages envoyés, loin des simili-documents officiels qu'un coup d'oeil averti peut repérer et éviter d'ouvrir. D'autant que ceux-ci sont aussi spécifiquement pour une personne en particulier, et la société américaine le remarque avec intérêt, avec une grande connaissance ayant nécessité de l'ingénierie sociale. C'est à dire des recherches approfondies préalables sur l'individu choisi : sa personnalité, ses contacts professionnels (ses clients, ses fournisseurs, ses interlocuteurs financiers etc.) et même son agenda.

Malgré cette personnalisation, l'équipe FIN4 aurait tenté depuis mi-2013 (date supposée de leurs premières activités) à infiltrer une bonne centaine de comptes : un nombre particulièrement conséquent pour ce qui pourrait s'apparenter à de l'artisanal. Avec un intérêt particulièrement prononcé, et cela semble être peu le fruit du hasard car totalisant près de 68% des tentatives, pour les groupes pharmaceutiques et les organismes publics du même secteur. 

L'utilisation en certaines circonstances d'une liste de contacts groupés en copie carbone invisible (CCI) lors des envois a rendu la détection encore plus compliquée pour les destinataires. La qualité des courriels et l'emploi d'un jargon spécifique propre au milieu a souvent dissipé les doutes et la méfiance élémentaire. Notamment le sigle de la SEC américaine (Securities and Exchange Commission), l'organisme de contrôle des opérations financières liées à la bourse.

Le point crucial et central : dans quel but? Réponse : celui de prévoir plus que de prédire les futurs changements majeurs au sein de sociétés cotées. Un délit d'initiés en apparence sauf que les coupables sont à l'écoute à chaque extrémité du processus et connaissent comme influencent les décisions à venir. Idéal pour jouer sur les cours et/ou revendre ces informations capitales à des acteurs intéressés du monde boursier. Une fois encore, cette redoutable machinerie visait expressément un secteur d'activité précis et dynamique. Dernier élément qui ne manque pas d'accréditer une approche techniquement simple mais efficace : les fautifs avaient prévu la reconfiguration des règles du service de message Outlook pour éviter que toute erreur repérée ou alerte signalée par une cible ne soit répercutée vers les autres contacts.

FIN4 ne manque pas de nous interroger, moins sur les failles techniques que sur les failles humaines. Et de constater qu'un montage judicieux et bien structuré avec des outils datés peut très bien faire son office.


* Une macro VBA est un code inséré dans un document du pack Microsoft Office et qui se déclenche à l'ouverture de celui-ci. VBA signifie Visual Basic for Applications.

Le rapport de FireEye complet (anglais uniquement) : https://www.fireeye.com/content/dam/fireeye-www/global/en/current-threats/pdfs/rpt-fin4.pdf

mercredi 14 janvier 2015

Lutte, résilience et protection des valeurs


Je remercie deux de mes camarades, Le Chardon et Electrosphere, pour m'avoir communiqué deux articles de prime importance dans le contexte actuel qui comme vous le savez, a plongé la France dans le deuil et l'union fraternelle.

Le premier émane du Figaro, de la plume de Jean-Pierre Le Goff, philosophe et sociologue au CNRS. Son propos est disponible en intégralité à la fin de ce billet mais je vous en livre quelques courts passages éclairants.
Un sociologisme réducteur qui a longtemps prévalu - et a encore des restes - est censé apporter une explication. Il considère que les discours de haine et les actes criminels ne sont que les symptômes des conditions économiques et sociales, des discriminations, de la domination des pays riches sur les pays pauvres… Ce discours de l'excuse a assez duré...
Il ne faut pas craindre d'affronter lucidement la question des faiblesses internes des démocraties, sur lesquelles cherche précisément à s'appuyer le terrorisme islamiste. C'est une condition de l'efficacité du combat contre lui...
En France, en guise de récit national, une mémoire pénitentielle et victimaire a pris le dessus, encouragée et entretenue par des associations et des groupes de pression communautaires qui ont développé le ressentiment et la haine de soi. Cette mentalité nous divise et nous désarme face à ceux qui ont juré de mettre à bas notre pays et les démocraties partout dans le monde... On n'en a pas moins laissé s'accumuler les tensions et les points de fractures en les recouvrant d'une langue de bois sociologisante, de rapports et d'«outils» d'évaluation en tout genre qui se sont montrés globalement impuissants à contrer ces phénomènes délétères.
Un discours vindicatif, débarrassé de tout vernis sémantique, et qui nous interpelle sur la nécessité de regarder en face le problème. En cessant l'auto-flagellation et l'auto-censure. Du reste, cette libération de l'écrit dans les études ne peut que profiter aux autorités quant à juguler les problèmes soulevés en mettant vraiment le doigt là où l'analyse doit porter, sans se perdre dans les circonvolutions d'usage.

Cependant, le Washington Post délivre lui un message plus dissonant en accusant les lois françaises de favoriser la radicalisation :
Yet one could fairly ask what they were rallying around. The greatest threat to liberty in France has come not from the terrorists who committed such horrific acts this past week but from the French themselves, who have been leading the Western world in a crackdown on free speech...
Indeed, if the French want to memorialize those killed at Charlie Hebdo, they could start by rescinding their laws criminalizing speech that insults, defames or incites hatred, discrimination or violence on the basis of religion, race, ethnicity, nationality, disability, sex or sexual orientation. These laws have been used to harass the satirical newspaper and threaten its staff for years. Speech has been conditioned on being used “responsibly” in France, suggesting that it is more of a privilege than a right for those who hold controversial views...
The future once belonged to free speech. It was the very touchstone of Western civilization and civil liberties... Charbonnier died, as he pledged, standing up rather than yielding. The question is how many of those rallying in the Place de la Republique are truly willing to stand with him.

Pas étonnant dès lors que l'abus de liberté d'expression devienne plus souvent la norme, au même titre que son effet frère, l'auto-censure. Nous pouvons à ce titre mentionner l'article 17 du projet de loi pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, ajoutant à la loi pour la confiance dans l'économie numérique (véridique!) la possibilité de poursuites pour des propos tenant « à la haine à l'égard de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation ou identité sexuelle ou de leur handicap ». Avec toute la largesse interprétative que cela suppose par les prestataires chargés de la surveillance, et comme le mentionnait ironiquement plusieurs analystes, la fin des blagues sur les blondes. La liste des thèmes qu'il est possible d'aborder dans ses publications risque bientôt d'être plus courte que celle des abus sanctionnés. 

La liberté d'expression est-elle sans limite? Non bien évidemment car elle impose qu'un droit de réponse soit autorisé. Être libre de s'exprimer c'est aussi donner obligatoirement la parole à celui qui se sent offensé. En certaines circonstances, le propos initial est si incongru, si excessif, qu'il se dévalorise et se décrédibilise de lui-même, sans nécessité d'intervention de la partie visée. En revanche, plus vous interdisez aux individus de s'exprimer, plus vous suscitez leur méfiance, leur suspicion jusqu'à provoquer pour les plus déterminés la réaction véhémente avec ou non passage à l'acte.

Enfin et puisque nous parlons en ces heures tragiques de terrorisme, rappelons que le travail des services de renseignement serait grandement facilité par cette liberté d'expression puisque plutôt que de s'enfouir, de se dissimuler par moult procédés, les orientations extrémistes d'individus seraient plus facilement décelables et la captation des informations plus aisée. Ce qui irait de pair avec le renforcement des effectifs des structures sans quoi l'on se heurtera toujours au même problème : l'exploitation des données. Liberté d'expression et service de renseignement n'étant pas à mon sens antinomiques.

De plus, et comme le préconise le fil twitter de Défense et Stratégie Internationale, la résilience doit devenir une priorité. Ce qui est par ailleurs le thème de leur numéro 20 d'Histoire & Stratégie consacré à la Résilience. Ou comment combattre le terrorisme. Résumé :
Résilience. Voilà un terme dont l’occurrence dans le débat public sur la lutte contre le terrorisme, voire la contre-insurrection, en France est régulière, mais dont le sens semble ne pas toujours être bien compris par ceux qui l’emploient. Or il s’agit d’un concept essentiel dans un contexte où la menace terroriste demeure importante contre les intérêts français à l’étranger, mais aussi contre le territoire national, tandis que les forces armées françaises sont engagées dans de multiples opérations de contre-terrorisme, de contre-insurrection ou de stabilisation dans la conduite desquelles la prise en compte de ce contexte est un élément nécessaire de la planification et de la conduite stratégique.
Car il devient évident qu'il est très difficile de prévoir le passage à l'acte d'un ou de plusieurs individus dont la cellule est autonome, donc peu connectée avec l'extérieur et réunissant un nombre d'activistes réduit. Cette potentialité bien que détestable à envisager ne doit pas être éludée. La résilience est la prévision du pire et la formation pour permettre un rétablissement de la situation aussi rapidement que possible, sur les plans humain comme matériel. Rappelons que cette problématique est aussi valable dans le contexte du cyberespace, tant pour la structuration, les modalités et les conséquences, ce dont je m'étais exprimé au sein de mon dernier ouvrage sur les cyberstratégies économiques et financières. En d'autres termes, il est naturel d'être sonné mais indispensable de ne pas s'effondrer.

Pour en revenir au sujet initial, la France par l'entremise de ses représentants un réel problème avec la liberté d'expression qu'elle semble craindre car pouvant remettre en cause la nature de son régime démocratique. Or, la liberté d'expression si célébrée en France ces derniers jours suite au massacre d'une partie de la rédaction de Charlie Hebdo n'a jamais été une priorité ces dernières années. Et elle ne le sera pas davantage ces prochains temps.
Or c'est ce refus de la parole libre qui favorise la montée des extrémismes : la bonne conscience armée du bâillon est le meilleur allié du radicalisme.

En outre, quelle serait la plus belle victoire de ceux qui ont perpétré leurs actes? Que nous renoncions à ce qui fait notre spécificité qu'est la libre pensée et son corollaire la libre expression. Toute mesure visant à la contraindre davantage comme le laissent présager les sombres nuages au lointain serait un geste bafouant l'un des socles élémentaires d'une démocratie. Malheureusement, le bal des hypocrites est maintenant ouvert et profitant du choc des récents évènements, et par une compassion millimétrée, va donner lieu à une série de tentatives de rétrécissement de l'horizon intellectuel. Et ce en commençant par le premier support d'entre eux : Internet.
Il est bon de se remémorer ce qu'énonçaient les pères fondateurs des États-Unis d'Amérique, Benjamin Franklin et Thomas Jefferson dont la connaissance de l'Histoire n'a pas manqué de les inspirer :
Any society that would give up a little liberty to gain a little security will deserve neither and lose both.
Experience hath shewn, that even under the best forms of government those entrusted with power have, in time, and by slow operations, perverted it into tyranny.
Et si l'on souhaite une référence plus française, permettez-moi de citer Beaumarchais qui par l'entremise de son personnage de fiction Figaro lui faisait dire : 
Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur... il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits
Mais au fond, cette peur de la pensée et du verbe est la démonstration que ceux-ci peuvent encore changer le monde, ridiculiser les tartuffes et déboulonner les tyrans.


L'article de Jean-Pierre Le Goff paru dans l'édition du Figaro du 10/01/2015

L'article de Jonathan Turley paru dans l'édition du Washington Post du 08/01/2015

Crédit photo : http://street-photo.over-blog.com/

jeudi 8 janvier 2015

#JESUISCHARLIE Disparition de l'économiste et écrivain Bernard Maris


Hier, à Paris, 11:30, deux hommes armés aidé d'un troisième complice, ont fait irruption dans les locaux d'un quotidien satirique. Ceux-ci, toujours en fuite à l'heure où ces lignes sont couchées, ont manifestement souhaité réagir à leur manière aux nombreuses caricatures portant sur la religion islamique. Douze personnes auront payé le prix de ce refus des valeurs de la République et de la civilisation européenne à un niveau plus général, à commencer par celle de la liberté d'expression trop souvent corsetée par l'auto-censure et les lois scélérates ces dernières années. Tout recul supplémentaire en ce sens dans le futur ne fera que donner raison aux meurtriers et à tous ceux favorables à l'endoctrinement, à l'intimidation et à la peur.

Dans la cohorte des disparus figure une figure atypique mais reconnue de l'école économique française : Bernard Maris, dit Oncle Bernard au sein du quotidien récemment meurtri. Car ce n'est pas seulement le dessin qui a été assassiné en ce jour mais la pensée au sens le plus large.
Je vous renvoie à cet effet au billet-hommage de Jacques Sapir sur Bernard Maris qui porte l'empreinte d'un sincère respect pour une personnalité de la pensée économique. Et laquelle mériterait désormais qu'on le lise davantage afin qu'il ne soit pas mort pour rien : http://russeurope.hypotheses.org/3246

Bernard Maris avait 68 ans. Il était le fils de Républicains espagnols émigrés en France et un produit typique de cet "élitisme républicain" que certaines bonnes âmes tournent aujourd'hui en dérision. Après de brillantes études d’économie, et une thèse en 1975, il avait suivi le cursus honorum qui devait le mener au poste de professeur. Il avait alors enchaîné les postes, récolté le prix de « meilleur économiste » pour 1995 décerné par Le Nouvel Économiste, et publié des livres importants comme Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie ! (en 1998), ou Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles (en 1999). Il fut l’auteur du remarquable Antimanuel d’économie (publié chez Bréal en 2 volumes) et d’un ouvrage collectif important témoignant de son intérêt pour les sciences sociales, Gouverner par la peur, en 2007. On pouvait le suivre à la télévision ou sur France-Inter. Mais, Bernard Maris était aussi bien d’autres choses.

Enfin, et pour clore ce court billet, un couplet me taraude l'esprit et dont les paroles me semblent tout à fait appropriées : 
Die Gedanken sind frei, wer kann sie erraten,
Sie fliegen vorbei wie nächtliche Schatten.
Kein Mensch kann sie wissen, kein Jäger erschießen
Mit Pulver und Blei: Die Gedanken sind frei!


PS : La Federal Reserve of New York a rendu ce lundi 12 janvier un émouvant hommage à Bernard Maris qui, rappelons-le, était aussi conseiller général de la Banque de France.


jeudi 1 janvier 2015

Meilleurs voeux pour cette année 2015!

Bonne Année 2015!

Glückliches neues Jahr 2015!  

С новым годом 2015!

Feliz Año Nuevo 2015!

Happy New Year 2015!


Szczęśliwego Nowego Roku 2015!

Feliz Ano Novo 2015!



samedi 27 décembre 2014

Les Mongols (1961) d'André De Toth et Leopoldo Savona

Les Mongols, ou The Mongols et même plutôt I Mongoli car d'origine italienne, exhale le bon vieux technicolor et le cinémascope propres au cinéma des années 1950 et 60. Celui qui faisait revivre les hauts faits, plus ou moins romancés, de l'Histoire. Enfin, plus que moins en vérité. 
Cette production a le mérite de s'intéresser à la campagne mongole en Europe entre 1237 et 1241 (1242 est parfois mentionnée mais ne concerne en réalité que des raids sur les pourtours de l'Adriatique pour tester les défenses des forces européennes), menée par le redoutable et compétent Batu sous le règne de son oncle Ögödeï .
Le début est savoureux : « Après l'an mil, une bande de guerriers invincibles, venus du désert lointain de l'Asie s'avance vers les frontières de l'Europe, semant la mort sur son passage... ». Le ton est donné, l'historien s'étrangle déjà tandis que le cinéphile amateur de films d'action ayant une attache historique commence par se réjouir.
Précisons que les crédits s'étalent dès l'introduction sur deux bonnes minutes avec en toile de fond une déferlante de séquences de cavaliers steppiques répétée en boucle. Un procédé cinématographique un peu facile mais toujours aussi efficace et donnant malgré tout corps au tempêtant exorde.

Il serait trop long de relater ici toutes les imperfections et contresens historiques puisqu'ils sont pléthores. Leur présence a malgré tout le mérite de fournir une excellente idée du folklore véhiculé par l'évocation des hordes de Genghis Khan et du Moyen-Âge.

De la cour du roi de Pologne tiraillée entre la volonté des nobles de s'opposer par les armes aux forces tataro-mongoles et le souhait des autres d'éviter la dévastation des terres par la guerre, c'est la voix du plus valeureux des généraux polonais, Stefan de Cracovie, qui est suivie et qui est nommé ambassadeur auprès de la cour mongole. Envoyé à Souzdal, celui-ci se rendra compte des exactions perpétrées par les troupes occupantes, et en viendra à s'éprendre d'une habitante.
Si le scénario brille de mille incohérences, il se laisse pour autant suivre (sur près de cent-dix minutes) et même si l'on entrevoit assez rapidement les linéaments de celui-ci, le charme un brin désuet opère. Mention spéciale aux affrontements à l'arme blanche : les bruits et les parades valent le coup d'oeil et ne manqueront pas de vous arracher un petit sourire en coin sans que cela ne dérive vers la moquerie méchante tant l'on pardonne beaucoup à ce métrage. Du reste, l'on ne se trouve pas en présence d'une série B puisque des moyens conséquents ont été dégagés puisque certaines scènes font intervenir nombre de figurants, de décors et d'éléments de guerre voués à plonger le spectateur dans l'ambiance.
Précision qui ne manquera pas de rappeler de bons souvenirs aux cinéphiles : ce sont les studios de Laurentiis qui ont été chargés de la réalisation.

La plantureuse Anika Ekberg (La Dolce Vita, 4 for Texas) et Jack Palance (Halls of Montezuma, Bagdad Café et même Batman de Tim Burton) donnent la teneur qu'il faut à ce long métrage, et occupent tout l'écran quasiment à eux-seuls. Il est vrai qu'avoir réussi à transformer ce playboy des plateaux de cinéma en chef mongol démontre tout le talent des maquilleurs. Par ailleurs, Jack Palance n'est pas forcément si éloigné de cette histoire malmenée puisque l'acteur américain... est d'origine ukrainienne, de son vrai nom Volodymyr Palahniuk. Et qu'il avait déjà joué un chef barbare venu des steppes en la personne d'Attila le Hun en 1954 (Sign of the Pagan des studios Universal). Franco Silva endosse pour sa part en Stefan de Cracovie un chevalier-émissaire des plus convaincants, et propose une alternative séduisante à la morgue virile d'Ögödeï.

Sans que Les Mongols ne soit qualifié de chef d'oeuvre, il faut admettre qu'il produit du plaisir à son visionnage, idéal pour un film de fin d'année afin de se laisser emporter en d'autres temps et d'autres lieux. Et puis, alors que l'on aurait pu s'y attendre au vu de certaines facilités scénaristiques, le métrage ne sombre pas dans le manichéisme et se permet de dépeindre des mongols avec un visage (légèrement) plus humain que le folklore qui nous est parvenu.
Quant à tous ceux qui seraient intéressés par une lecture consistante sur les interactions entre le monde européen et les mongols, je vous recommande chaleureusement deux ouvrages de Jean-Paul Roux : L'Histoire de l'Empire mongol, Fayard, 1993 et Les explorateurs au Moyen-Âge, Hachette Littérature, 2006.

Bonus : la séquence d'ouverture du film.




Enfin, n'oubliez pas de vous rendre sur Echo RadaЯ pour suivre le dossier de fin d'année : Armes miraculeuses, armes de rupture?
J'y interviendrai pour vous conter l'incroyable tentative par les soviétiques durant les années 1930 de concevoir un monstre d'acier sur chenilles... Mais d'ici là, prenez plaisir à lire les analyses déjà produites par mes camarades qui ne manqueront pas de vous étonner et de vous informer sur des aspects méconnus de cette thématique.

mardi 16 décembre 2014

La cybérie russe au sein de l'ouvrage La cyberdéfense : quel territoire, quel droit?


Chers visiteurs,

Pour celles et ceux qui souhaiteraient prendre connaissance de mes derniers travaux sur le cyberespace russe, je les enjoins à se procurer l'ouvrage co-dirigé par Didier Danet et Amaël Cattaruzza aux éditions Economica. Ce dernier fait suite au colloque organisé par les Écoles Saint-Cyr et la chaire de cyberdéfense présidée par Daniel Ventre en 2013.

Si je reviens, pour mieux l'expliciter, sur le concept de cyberstratégie à la russe (qui a évolué ces dernières années, puisque le principe de souveraineté informationnelle bataille désormais avec celui de cybersécurité alors qu'autrefois il formait un tout), je me penche sur les approches civiles et militaires. Mais j'insiste aussi sur le fait que la Russie n'est pas isolé dans sa propre vision du cyberespace, et qu'elle donne de la voix dans le concert des puissances émergentes. À ce titre est attendu pour 2015 un pacte de cybersécurité sino-russe se voulant plus ambitieux que celui signé entre la Russie et les États-Unis en 2013. Nul doute que je reviendrai sur le texte une fois celui-ci publié.
Enfin, j'exprime ce que désigne le triptyque de la cyberstratégie russe : souveraineté - légalité (interne/externe) - neutralité (technologique).

Outre ma personne et ma plume, près de vingt-un auteurs se sont joints à cette publication pour offrir aux lecteurs le panorama le plus complet possible sur la thématique avancée. Du juridique, du technique, du géopolitique, de l'économique et du prospectif sont au programme pour près de trois cents pages d'analyses.

À signaler la présence de deux autres membres d'Écho RadaЯ dans les contributeurs.

  • Broché: 286 pages
  • Editeur : Economica (18 novembre 2014)
  • Collection : CYBERSTRATEGIE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 271786752X
  • ISBN-13: 978-2717867527

mercredi 10 décembre 2014

Les surprenants éditoriaux de Guerres & Histoire




Lecteur occasionnel du magazine Guerres & Histoire depuis le début, je me suis procuré récemment deux récents numéros qui n’ont pas manqué de me provoquer une surprise assez vive par la teneur et la virulence des propos contenus dans les éditos.  Il est vrai qu’initialement les éditoriaux n’ont guère ma faveur pour leur manque de consistance et leur côté déclaratoire peu convaincants. À telle enseigne que je m’interroge sur l’intérêt de leur survivance en cette seconde décennie du XXIème siècle ? Je ne m’attendais pas à ce que Guerres & Histoire fasse un tel faux pas consommé en une seconde itération.

Ce sont en les exemplaires numérotés 19 et 20, signés MM. Lopez et Yacha MacLasha que nous avons droit à une précision qui se transforme assez rapidement en réquisitoire unilatéral. Si l’idée initiale était de déplorer le manque d’enthousiasme par les autorités françaises et allemandes quant aux cérémonies de la victoire, cela en arrive vite à fustiger les russes en tant que « célébrants professionnels », et d’enchaîner sur des poncifs réducteurs et éculés.

Pour mieux en juger, deux passages. 

Le premier de l’éditorial numéro 19 juin 2014 : « Mais en Russie, recherche de la sécurité et développement ne vont pas de pair, sans parler du troisième ingrédient, la liberté, toujours passée pertes et profit. On reste effaré de voir que Poutine persévère dans la voie des tsars et de Staline (sic !). Il montre ses gros bras en Crimée – en attendant l’Ukraine – et croit oblitérer la triste réalité : la Russie ne sait vendre que des armes et des hydrocarbures. Sous Staline, elle était un tiers-monde avec des T-34, la voici Arabie Saoudite avec des fusées. »
Le second de l’éditorial numéro 20 août 2014 : « Comme Staline avait déclaré que Tito, le chef de la résistance antinazie yougoslave [et accessoirement liquidateur de Draža Mihajlovic, grande figure de la résistance lâchée par les alliés : note personnelle], était un fasciste, Poutine, encore par la bouche de Glazev, déclare de la même façon que Porochenko, le président ukrainien, est un nazi et que les accords entre l’Ukraine et l’Europe sont des accords de Munich. » …

De la part d’un magazine qui entend faire preuve de sérieux et d’ouverture, je dois très sincèrement admettre que ces assertions sont surprenantes tant par leur mauvaise foi, leur raccourci analytique, que par leur condescendance à peine voilée laissant en filigrane entendre que les russes et leurs autorités sont des arriérés qui ne comprennent rien aux enjeux du XXIème siècle et sont incapables d’évoluer techniquement et socialement.

Ironiquement est précisé en fin d’éditorial : « Guerres & Histoire se devait de faire cette mise au point afin d’éviter toute fausse interprétation de sa démarche qui est purement historienne. ».

Pensent-ils une seule seconde, et j’en serai éminemment courroucé si tel fut le cas, que leurs lecteurs parce qu’ils liraient des témoignages et dossiers sur les victoires soviétiques durant la seconde guerre mondiale seraient devenus par un tour de passe-passe à tout le moins alambiqué des zélateurs de la politique du Kremlin et d’horribles séides de l’extrême-droite comme les éditorialistes tiennent à le souligner ? De même, oser déclarer, de manière très condescendante, que la Russie est un pays tout juste capable d’exporter des matières premières est d’une confondante bêtise lorsque l’on sait, enfin que l’on lit, les textes officiels très clairs et très lucides sur la trop grande dépendance de la Russie à cette manne non renouvelable (Dmitri Medvedev, alors président de la Fédération, s’était ouvert publiquement de cette situation peu après son arrivée au pouvoir). D’où des efforts d’investissements industriels et technologiques soutenus dans le temps à grand renfort de sommes conséquentes, renforcés par des partenariats noués avec l’étranger pour diversifier les appuis et connaissances. Sans compter que la qualité des ingénieurs et scientifiques russes n’est plus à démontrer, mais qu’elle subit encore la plaie des années 1990, celles d’Eltsine. Un trou qualitatif d’une décennie dont les effets se font encore ressentir mais que les nouvelles générations et les investissements entendent bien résorber. 
Ce n'est pas une réalité que je fustige, mais la tonalité d'une diatribe qui omet sciemment de prendre en considération les efforts soutenus depuis quelques années et qui ne pourront donner leur pleine mesure que sous dix, quinze voire vingt ans : une vérité qui ne lénifie pas pour autant les complications structurelles et législatives présentes. Et puisque nous parlons Histoire, souvenons-nous qu'au milieu du XIXème siècle, accentué par le succès de l'expédition turco-anglo-française en Crimée, le pays était considéré comme singulièrement dépassé avant que réformes et investissements ne lui permettent de revenir dans le giron des nations qui comptent en raison d'une amélioration substantielle sur les plans économiques et sociaux propulsée par une croissance industrielle supérieure à toutes les autres nations à l'entrée de la guerre (au point de désespérer Lénine qui craint très sérieusement que le terreau de la révolution ne puisse jamais prendre si la croissance perdurait à ce rythme).

Alors messieurs, si j’apprécie énormément le fait que vous ne soyez pas franco-centrés, et ce sans tomber pour autant dans le dénigrement systématique (aka french bashing), je goûte fort peu ce type d’éditorial qui tombe sous le coup de raccourcis douteux, de rancune masquée et d’esprit partisan sous couvert d’honorabilité scientifique. Quel sera le prochain palier : de faire accroire que les russes ne sont pas raccordés au réseau Internet pour mieux acter leur inoxydable retard technologique ? En attendant, de grâce, documentez-vous hors des sentiers de la seconde guerre mondiale : la Russie par son peuple vit, peine, rechute et se relève tout en traçant une voie propre qu’elle souhaiterait être la plus proche possible de l’Europe. Et sa retenue dans les complications géopolitiques actuelles est assez remarquable là où ailleurs et/ou en d’autres temps des États auraient réagi violemment et férocement. Et si des individus peu suspects de poutinolâtrie tels que l’écrivain et ancien diplomate Vladimir Fédorovski ou encore le dernier président de l’Union Soviétique Mikhaïl Gorbatchev en viennent à s’offusquer ouvertement et vertement par voie de presse de la russophobie ambiante qui plombe les esprits occidentaux, c’est qu’il s’agit d’une vague délétère dont la première victime est la pensée critique elle-même.
Juste pour ouvrir un peu plus les perspectives : cette faiblesse russe est paradoxalement aussi la notre puisque nous sommes liés énergétiquement à la Russie. L'ouverture et le surdimensionnement de réseaux énergétiques vers les pays d'Asie pourraient à terme poser un réel souci pour l'Europe alors que l'Europe peine économiquement et voit les réserves de la Mer du Nord se tarir inexorablement.

Ce qui se déroule en Ukraine fait bien évidemment ressortir tous les artifices de la guerre informationnelle, qui peuvent être confrontés aux précédents historiques le cas échéant, mais au travers d’une approche objective. C’est ce que j’attends d’une revue telle que Guerres & Histoire, et j’entendais par l’entremise de ce billet le signifier très clairement même si, une fois encore, il ne s'agit que l'éditorial qui est un aspect fort heureusement mineur dans toute publication mais susceptible de formuler une politique rédactionnelle spécifique.


mardi 25 novembre 2014

Des courses, des russes, du cyber


Trois thématiques qui se retrouvent en certaines circonstances en une seule de par l'évolution de la technologie présente sur les véhicules, et qui ressort de cette évolution nommée Internet des objets (concept un peu fourre-tout que j'explicite au sein d'un chapitre de mon ouvrage Cyberstratégies économiques et financières), dépassant déjà le concept d'électronique embarquée. Mais aussi par le truchement d'une implication plus poussée des investisseurs russes dans le sport automobile, débarrassé il est vrai de la gangue idéologique qui voulait sous l'Union Soviétique que l'on ne s'adonne pas à des sport bourgeois [1]. Rapide tout d'horizon.

L'analogie entre le monde automobile et celui de l'informatique est souvent de mise. Il est ainsi souvent évoqué la vitesse du processeur et de la mémoire vive, la puissance de la carte graphique (GPU) et de la nécessité de procéder à un entretien régulier du matériel (même s'il n'y a pas encore de contrôle technique pour l'informatique, quoique les audits...). Des chevaux aux mégas octets, des km/h (miles per hour pour nos amis anglo-saxons) aux mégas hertz : l'on peut relever ici et là quelques similitudes. Bien sûr, les simulations automobiles, de plus en plus époustouflantes pour le réalisme et la modélisation des circuits comme des véhicules est le pont le plus évident entre les deux univers. Mais ce n'est pas le seul...
Ainsi, premier exemple, il existe la Hacker de chez 999 Motorsports, petit monstre de la piste doté d'un moteur turbo de 176 chevaux pour moins de 800 kilos tout tassé et qui donne lieu à des compétitions informelles et plus formelles, telle la Hacker Cup. Mais le raccourci est par trop facile, alors évoquons David Heinemeier Hansson. Ce programmeur danois a été élu en 2005 par Google et la O'Reilly Open Source Convention hacker de l'année! Mais il fut déjà connu auparavant pour être le développeur de la structure logicielle Ruby on Rails. Quel est le rapport avec la course automobile? Très simple : il est depuis 2012 engagé dans la compétition d'endurance WEC, championnat dont le point d'orgue sont les réputées 24 Heures du Mans. Épaulé il est vrai par Kristian Poulsen, un vieux briscard compatriote. Et tout récemment, il y a une semaine, les deux scandinaves ont été sacrés champions du monde 2014 de leur catégorie (GTE AM) sur leur ronflante Aston Martin Vantage emportée par un V8 à la sonorité si caractéristiquement ronflante. 

Toutefois, pour en revenir aux appétits russes pour tout ce qui concerne un volant et des pneus, j'avais voici peu évoqué le cas récent de Nikolaï Smolenski et sa vraie-fausse reprise du constructeur TVR. Un gâchis fruit d'un caprice d'enfant gâté... L'on pourrait aussi citer le cas de Marussia, manufacturier de supercars (la B1 et la B2) mais dont la campagne en Formule 1 vient de se terminer abruptement par liquidation judiciaire. Il est vrai que Marussia Motorsports, la maison-mère, avait été elle-même victime de son ardoise conséquente en avril 2014 après sept années seulement d'existence.
Toutefois, des exemples plus heureux peuvent être cités : celui de l'engagement multi-victorieux des écuries SMP-Racing et G-Drive en Endurance (WEC une fois encore) en P2 et dont la victoire finale sera russe quoiqu'il advienne lors de la dernière manche au Brésil. Toujours Endurance, mentionnons l'arrivée prochaine par l'entremise du magnat Boris Rotenberg (déjà détenteur de SMP-Racing) du prototype BR de chez BR Engineering qui concourra en 2015 avec un bolide catégorie P2, le tout avec le concours de l'ingénieur Paolo Catone qui fut responsable du projet Peugeot 908 HDi FAP, excusez du peu! Autre discipline, le WTCC avec les Lada Granta et la dextérité de Rob Huff qui l'emporta par deux fois cette saison dans un contexte très concurrentiel avec les Jose Maria Lopez, Ivan Muller et Sébastien Loeb sur le bitume. Lada Granta qui tirent leur révérence au sortir de la saison pour laisser place à la nouvelle Lada Vesta dévoilée en août dernier (cf image illustrative).

Enfin, et pour revenir de l'autre côté du Channel, l'écurie de Formule 1 Caterham a réussi in-extremis à sauver sa place pour le Grand Prix d'Abou Dhabi en faisant appel... au financement participatif. Et de dépasser l'objectif initial de 2,350 millions de livres sterling (soit la bagatelle de 2,96 millions d'euros) sur le site spécialisé Crowdcube. Ce qui ne chasse pas les sombres nuages pour la saison 2015 mais permettra au moins à l'équipe de terminer 2014.
Au passage, l'un de ses sponsors venant d'injecter quelques fonds bienvenus est Kantox, une plate-forme d'opérations de changes (devises) en ligne : comme quoi le numérique n'est plus jamais très loin et que celui-ci ramène de plus en plus vers le monde de la vitesse (qui a dit publicité Numéricable?)...



Dernier exemple : le cas Brabham sur IndieGogo. Afin de ressusciter l'écurie de l'australien Jack Brabham qui connut de grandes heures de gloire dans les années 1960, son fils a décidé de recourir au financement participatif. Toutefois le but est différent de celui de Caterham puisqu'il ne s'agit non plus de voir à court terme mais à plus long terme : l'objectif est clairement de refonder une nouvelle entité avec toute une chaîne d'étapes : plan d'études, ingénierie, montage, compétition sous l'égide d'une plate-forme collaborative. La première étape de 250 000 livres sterling a été franchie pour la mise en place du portail (ce qui est tout de même à mon sens relativement onéreux même en misant sur des serveurs solides), les autres étapes se situant à 500 000 £, 2,5 millions £ puis 8 millions £. L'aboutissement d'un prototype pouvant être lancée en P2 est encore loin mais le projet se doit d'être mentionné, ne serait-ce que pour la confiance qui se dégage dans les outils numériques. 
Tout reste à faire mais tout devient possible...
 


[1] Ce qui n'empêcha pas quelques courageux dont le pilote lituanien Stasys Brundza de produire au début des années 1980 un monstre mécanique, la Lada VFTS, gonflée à quelques 300 chevaux!) et très populaire dans les pays de l'Est. Principalement en Hongrie où quelques exemplaires sont encore capables de donner le frisson aux spectateurs.

PS : En me replongeant dans les notes de mon dernier ouvrage, je me suis rendu compte que je n'avais pas traité de la Nissan GT Academy. Loin de n'être qu'une banale école de pilotage et de formation de futurs pilotes, celle-ci se caractère par le fait que les heureux élus sont issus de qualifications multiples sur la simulation console Gran Turismo (dont on peut apercevoir la publicité sur des épreuves comme le VLN).
Ceux sélectionnés sont ensuite soumis à un entraînement rigoureux jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un ou quelques pilotes estimés à même de maîtriser et porter vers la victoire un bolide nommé Nissan GT-R.
Lu sur le site officiel
La GT Academy est un programme de découverte et de d'entraînement de pilote qui a démarré en 2008 grâce à une collaboration entre Gran Turismo et Nissan. Des qualifications en ligne se déroulent dans le jeu Gran Turismo, et les meilleurs joueurs sont invités à des finales nationales dans chaque pays participant. Ceux qui remportent ces finales participent ensuite à un ""Race Camp"" à Silverstone, au Royaume-Uni, pour une dernière sélection. Le vainqueur entamera alors un programme intensif d'entraînement au pilotage conçu par Nissan, et participera à des courses partout dans le monde en tant que pilote professionnel.
La GT Academy revient en 2014 pour sa 6e édition. Les qualifications en ligne commenceront le 21 avril dans Gran Turismo 6, exclusivement sur PlayStation 3. Nous espérons vous voir participer !

PS bis : J'ai appris récemment que le circuit japonais Tokachi Speedway, hôte de courses d'endurance sur l'archipel,  avait été mis en liquidation judiciaire en 2009 pour être finalement sauvé en 2010 par MSF Corporation : une société spécialisé dans les applications ludiques pour mobiles.